XV. — DYNAMIQUE DE LA CONSCIENCE
145. — Quand la pensée est conduite avec précision, penser une proposition c'est réunir dans la conscience le sujet et le L'attribut. Dans beaucoup de cas, ces états de conscience ne sont absolument pas séparables. On ne peut penser au mouvement sans penser en môme temps à un objet qui se meut. Ces propositions, dans lesquelles les connexions dans la conscience restent absolues dans toutes les circonstances, sont distinguées comme nécessaires.
1 16. — Une discussion dans la conscience est une lutte systématique servant a déterminer quels son! les étals de conscience les moins cohérents. Et Le résultat de la lutte est que les états de conscience les moins cohérents se séparent, tandis que les plus cohérents restent unis, formant une proposition dont l'attribut persiste dans L'esprit en même temps que le sujet.
U7. — Quel corollaire doit-on tirer en poussant L'analyse jusqu'à sa limite ? S'il \ a des connexions indissolubles, on est forcé de les accepter. Si certains étals de conscience sont absolument cohérents d'une certaine manière, on est obligé de les penser de celle manière.
448. — Voilà donc une garantie tout à fait suffisante de l'affirmation de l'existence objective. Si mystérieuse que semble la conscience de quelque chose qui pourtant est en dehors de La
conscience, celui qui pense s'apercevra qu'il affirme la réalité de ce quelque chose en vertu d'une loi dernière ; il est obligé de le penser.
ïïï). — Mais, tandis qu'il est impossible d'arriver par le raisonnement à vérifier ce verdict de la conscience, ou à en prouver la fausseté, il est possible de l'expliquer. Examinons donc les cohésions qui existent parmi les éléments de la conscience considérée comme un tout, et voyons s'il y a des cohésions absolues qui groupent ces éléments en deux moitiés antithétiques, répondant respectivement au Sujet et à l'Objet.