XVI. — DIFFÉRENCIATION PARTIELLE DU SUJET ET DE L'OBJET
450. — Des états de conscience que je nomme toucher et pression se présentent à moi quand je suis assis sur ce banc, avec la brise de mer soufflant sur ma figure. Après cette odeur d'algue que m'a apportée la brise, me viennent des pensées de ce qui m'arriva la première fois que je vis la nier. Laissant de côté toute théorie quant à leur origine, ces deux classes d'états de conscience sont respectivement vives et faibles.
iol. — La comparaison montre que les états vifs sont primitifs, et les faibles, dérivés. Il est vrai que ces états dérivés peuvent être combinés de manières qui ne sont pas absolument semblables h celle dont sont combinés les états primitifs. Mais sans les présentations vives, aucune recombinaison faible n'est possible.
452. — Les originaux vifs et les copies faibles diffèrent en ceci, que les uns sont absolument inaltérables pendant que je reste physiquement passif, et que les autres sont facilement modifiables pendant que je reste physiquement passif.
453. — Chaque groupe d'états est en lui-même un tout persistant. Le groupe vif se présente à moi comme formé d'états étroitement unis dans un ordre simultané, lié également en dehors de mon contrôle dans un ordre successif. Et le groupe faible est formé d'états réunis dans un ordre flexible plutôt que rigide, la flexibilité étant telle, cependant, que si un petit dérangement est facile, aucun dérangement total amenant une rupture n'est possible.