XVII. — la loi de l'évolution (fin
139. — Jusqu'ici, nous ne nous sommes occupés que de la redistribution de Matière, négligeant la redistribution concomitante de mouvement. Nous avons parlé quelquefois de la dissipation du mouvement, nous n'avons rien dit de celui qui ne s'échappe pas. Les actions rythmiques qui s'opèrent dans chaque agrégat doivent se différencier et s'intégrer en même temps que la structure se différencie et s'intègre. Nous avons donc pour compléter notre conception de l'Évolution, à considérer dans toute l'étendue du Cosmos les métamorphoses du mouvement retenu qui accompagnent les métamorphoses de la matière qui le compose. Pour abréger, nous traiterons en même temps des divers aspects des métamorphoses.
140. — La matière nébuleuse, qui, dans son état primitif avait des mouvements confus, indéterminés, sans distinctions marquées, a acquis pendant l'évolution du Système Solaire, des mouvements nettement hétérogènes.
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1 il. — Los mouvements de la croûte du Globe oui dû présenter un progrès analogue. Les élévations et les dépressions, qui ne pouvaient être que faibles, nombreuses, locales, et très semblables les unes aux autres, tant que La croûte restail mince, durent ^'étendre sur de plus grandes surfaces, continuer longtemps dans les mêmes directions, et devenir de plus en plus dissemblables en différentes régions par des différences locales, lorsque La croule se fut épaissie.
142. — Dans les organismes, le progrès vers une distribution plus intégrée, plus hétérogène, plus définie du mouvement retenu, est principalement ce que nous entendons par développement des fonctions. Durant l'évolution, les fonctions, comme les organes, se consolident individuellement et se combinent davantage les unes avec les autres, en même temps qu'elles deviennent plus multiformes et plus distinctes. On le comprend en se rappelant qu'à côté des différenciations de structure et des intégrations du canal alimentaire, se produisent des différenciations et des intégrations de ses mouvements.
143. — Les phénomènes qui nous sont subjectivement connus comme des changements dans la conscience sont connus objectivement comme des excitations et des décharges nerveuses que la science interprète maintenant comme des modes de mouvement. D'où l'on peut conclure, en suivant l'évolution organique, que le progrès de l'intégration, de l'hétérogénéité et de l'état défini du mouvement retenu, doit se manifester pareillement, et se manifeste dans les actions neuro-musculaires visibles, et dans Les changements mentaux corrélatifs.
144. — il est presque superflu, après ce que nous avons indiqué précédemment, de faire allusion à la manière dont les mouvements ou fonctions produits par le concours des actions individuelles, dans les sociétés, augmentent en quantité, en multiformité, en précision et en complexité.
145. — Il nous faut donc ajouter à notre formule une clause aussi importante que les précédentes. Finalement, elle se formulera de la façon que voici : — L' Evolution est une intégration de matière accompagnée d'une dissipation de mouvement penduiii laquelle la matière jtasse d'une homogénéité indéfinie, incohérente, à une hétérogénéité définie, cohérente, ci pen~
dant laquelle le mouvement retenu subit une transformation parallèle.