‹ Résumé de la philosophie de Herbert SpencerChapitre 253 sur 409 · VIII. — LE SYSTÈME DISTRIBUTEUR · texte numérisé non relu

VIII. — LE SYSTÈME DISTRIBUTEUR

245. — Nous avons maintenant à examiner les analogies entre les appareils distributeurs, individuel et social, dans leurs phases successives. Dans les deux cas, tant qu'il n'y a que peu ou même pas de différenciation des parties, il n'y a que peu ou pas de besoin de canaux pour faire communiquer ces parties entre elles ; il n'y a, non plus, aucun besoin d'appareils de transport lorsque les parties différenciées sont en contact étroit. Mais quand la division du travail, soit physiologique, soit sociologique, est assez avancée pour que des parties à quelque distance les unes des autres entrent en coopération, l'accroissement des canaux de distribution, — le système vasculaire chez les animaux de type supérieur, et les routes et les chemins de fer chez les sociétés extrêmement développées, — et à l'existence d'agents distributeurs, deviennent nécessaires; et le développement de l'appareil distributeur doit marcher du même pas que les autres développements.

246. — Une nécessité semblable implique une correspondance pareille entre le progrès de la circulation dans les deux cas. Des activités faibles, un petit nombre d'échanges, et des obstacles au transport, s'unissent pour empêcher d'abord autre chose que de très lentes et irrégulières réplétions et déplétions, tantôt sur un point tantôt sur un autre, Mais avec un degré supérieur de vie générale se produitun besoin croissant de vastes distributions dans des directions constantes. D'où il suit que ces mouvements irréguliers, faibles et lents, à de longs intervalles, sontremplacés par un mouvement rapide et régulier de demandes locales sans cesse renouvelées.

247. — Avec le progrès de l'agrégat, qu'il soit individuel ou social, vers une plus grande hétérogénéité, se produit un progrès d'hétérogénéité dans les courants de circulation, qui, d'abord ne contenant que des matières brutes, finissent par contenir un

grand nombre de matières préparées. Dans les <1«mi\ cas aussi, les organes qui élaborent les matériaux nécessaires à l'entretien

de la vie ont avec ces courants les mêmes relations : ils y puisent 'es matières premières sur lesquelles ils opèrent, et, directement ou indirectement, ils y versent leurs produits ; et dans les deux cas, ces organes, en concurrence entre eux pour leur pari <lu total circulant de matières de consommation, sont en état de se les approprier, de se réparer, et de croître dans la mesure où ils s'acquittent de leurs fonctions.

248. — Naturellement, à côté de ces ressemblances se produisent des différences, dues à ce que l'organisme individuel est concret, tandis que l'organisme social est discret. Différences qui ne l'ont que qualifier les ressemblances essentielles. La vérité qu'il nous faut retenir est que l'appareil distributeur, dans les deux organismes, a son développement déterminé par les nécessités de transmission entre des parties dépendant mutuellement les unes des autres. Placé entre les deux appareils primitifs, l'organe de distribution s'adapte aux exigences de la fonction de transport entre les deux, considérés dans leur ensemble, et entre chacune de leurs subdivisions.

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