‹ Résumé de la philosophie de Herbert SpencerChapitre 255 sur 409 · X. — TYPES SOCIAUX ET CONSTITUTIONS · texte numérisé non relu

X. — TYPES SOCIAUX ET CONSTITUTIONS

256. — Primairement, les Sociétés peuvent être classées selon leur degré de composition, comme simples, composées, doublement composées, triplement composées; et d'une façon secondaire, quoique moins spécifique, en Sociétés principalement militantes, et en Sociétés principalement industrielles.

257. — Certaines généralisations ressortent de la classification primaire. Il y a des sociétés de ces différents degrés de compotion ; celles du môme degré présentent des ressemblances générales clans leurs structures, et naissent dans le même ordre. Les pliases de composition et de recomposition doivent être traversées successivement. Au-dessus du groupe simple le premier degré est un groupe composé de grandeur insignifiante. La dépendance mutuelle des parties qui en font un tout fonctionnant, ne peut exister sans le développement de lignes de communications, et d'institutions destinées à une action combinée ; et ce progrès doit être réalisé sur une petite surface avant de l'être sur une surface plus étendue. Quand une société composée s'est consolidée par la coopération des groupes qui la forment pendant la guerre sous le commandement d'un seul, elle devient en réalité une. Par la conquête ou par la fédération en temps de guerre, avec d'autres sociétés du même ordre, peuvent se former des sociétés du type doublement composé. Et dans des pbases ultérieures, par des pas analogues, de plus grands agrégats se produiront avec des structures encore plus complexes. C'est dans cet ordre que l'évolution sociale a marché, et dans cet ordre seulement qu'elle paraît possible.

258. — En passant à la classification secondaire, bien que les sociétés que nous avons étudiées soient presque toutes en état de transition, nous y pouvons nettement distinguer les traits constitutionnels de ces types opposés, caractérisés respectivement

par la prépondérance des appareils externes, ou parcelle des s\ sternes internes.

259. — Le type militant est celui où l'armée es1 la nation mobilisée, tandis que la nation est l'armée au repos, et qui, par conséquent, prend une structure commune à la nation et à l'armée. Le caractère qu'on retrouve partout dans la structure militante est que leurs unités sont contraintes dans l'accomplissement à leurs diverses actions combinées. Comme la volonté du soldat est suspendue au point qu'il devient en tout l'exécuteur de la volonté de son oflicier, ainsi la volonté du citoyen dans toutes les transactions, privées ou publiques, se trouve dominée par celle du gouvernement. La coopération qui conserve la vie de la société militante est une coopération obligatoire. La structure sociale qui convient pour faire face aux sociétés hostiles est dominée par un appareil régulateur centralisé, auquel toutes les parties sont complètement assujetties-; tout comme chez l'organisme individuel les organes externes sont complètement assujettis au centre nerveux principal.

260. — Les traits par lesquels le type industriel diffère d'une façon si tranchée du type militant, ont leur origine dans les relations d'individus impliquées par les activités industrielles. Toutes les transactions commerciales, entre les patrons et les ouvriers, entre les acheteurs et les vendeurs d'articles de consommation, ou entre les gens de professions libérales et ceux qu'ils aident, s'effectuent par voie de libre échange. Ce rapport de coopération volontaire , dans lequel les services mutuels ne sont point imposés, et où l'indmdu n'est pas subordonné, devient la relation dominante dans toute la société en proportion de la prédominance des activités industrielles. En déterminant journellement les idées et les sentiments, elle produit des unités sociales donl la structure el les habitudes mentales donnent aux arrangements sociaux des formes correspondantes. Et tandis que l'appareil de soutien déi eloppé, qui donne le type industriel à l'organisme social, acquierl pour lui-même, comme le système alimentaire développé d'un animal, un appareil régulateur du genre diffus OU non centralisé, il tend aussi a décentraliser l'appareil régulateur primaire, en l'obligeanl à tirer de classes plus nombreuses les pouvoirs délégués qu'il possède.

261. — Les traits essentiels de ces deux types sociaux sont masqués par diverses causes. D'abord, il y a le caractère fortement organisé de la race particulière ; l'effet dû au mode de vie, et au type social immédiatement précédent; la nature de l'habitat ; les organisations et les pratiques particulières des sociétés circonvoisines ; et le mélange des races amené par la conquête, ou par d'autres causes.

262. — Aux complications causées par les croisements des deux classifications exposées, il faut ajouter les complications causées par des unions de races qui diffèrent beaucoup, ou peu ; qui ne se mêlent pas du tout, dans certains cas, qui se mêlent partiellement ici, et entièrement dans d'autres cas. Il y a des raisons de croire, pour ces sortes de constitution, que l'espèce hybride, essentiellement instable, ne peut être organisée que d'après le principe de la coopération obligatoire, puisque des unités de natures très opposées ne peuvent coopérer spontanément. Tandis qu'au contraire , l'espèce caractérisée par la ressemblance de ses unités est relativement stable, et sous des conditions favorables se développera en type industriel ; surtout si la ressemblance est tempérée par de légères différences.

263. — Si nous avions plus d'espace, on pourrait ajouter quelques pages concernant un type social futur et possible, un type social qui, ayant un système de soutien plus complètement développé qu'aucun de ceux qui existent, ne se servira des produits de l'industrie ni pour soutenir une organisation militante, ni exclusivement pour s'agrandir matériellement, mais qui les consacrera à des activités plus élevées.

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