II. — LES SORCIERS ET I RES
589. — Il est difficile de trouver une distinction qui satisfasse l'esprit, entre les sorciers h les prêtres. Tous deux sonl en relation avec des agents surnaturels qui, dans leurs formes primi-
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tives, étaient des revenants : et les moyens qu'ils emploient à l'égard de ses agents surnaturels sont mêlés d'une façon si variée, qu'au début il est impossible de les classer d'une façon claire.
590. — Si nous nous rappelons que, dans la conception primitive, le double du mort, comme leur original en toutes choses, devait être traité comme le vivant, pouvait être persuadé d'accorder des avantages ou de renoncer à infliger des maux, par des éloges, des supplications de pardon, des fraudes, des cajoleries, des menaces, l'intimidation ou la force, nous voyons que les procédés employés avec les esprits, divisés d'une façon générale en hostiles et sympathiques, sont le point de départ de la distinction entre le sorcier et le prêtre.
591. — Sans toucher aux développements sociaux, relativement peu importants, qui dérivent du sorcier, nous pouvons notei qu'accidentellement celui-ci devient puissant dans l'ordre politique, qu'il est parfois l'objet d'un culte après sa mort, et quai cours de la civilisation il a diverses sortes de descendants d( moins en moins en évidence, qui, sous un nom ou un autre, avec une méthode ou une autre, passent pour posséder une puissance ou un savoir surnaturel.
592. — Plus tard, après l'évolution d'une mythologie hiérarchisée d'êtres surnaturels, le prêtre, usurpant les fonctions di sorcier, en vient à jouer le rôle d'exorciste, invoquant un êtri surnaturel ami pour lui faire chasser un être surnaturel inférieui qui fait du mal.
593. — Cette classe sacerdotale, devenant, comme elle le fait, remarquable et puissante, et gagnant, au cours du développement de la société, une organisation souvent très parfaite et un( domination quelquefois souveraine, demande à être étudiéi avec quelque étendue.