IV. — COMPOSITION MORPHOLOGIQUE DES ANIMAUX
199. — Notre étude doit commencer ici par les agrégats non différenciés d'unités physiologiques dont sont formés les éléments que nous appelons, par une grande liberté de langage, unités morphologiques.
200. — Dans le règne animal, aussi bien que dans le règne végétal, il existe des êtres de petit volume, tels que les Rhizopodes, qui possèdent cette particuliarité qu'aucun ne saurait être divisé en un certain nombre d'éléments visibles homologues entre eux; qu'aucun ne saurait se résoudre en des individualités moindres. Les unités qui le composent sont ces unités physiologiques que nous concluons devoir exister dans tout organisme. L'agrégat est un agrégat du premier ordre.
201. — Nous trouvons parmi les plantes des types indiquant la transition d'agrégats du premier ordre à des agrégats du second ; et chez les animaux se trouvent des types analogues. Mais il s'en faut que les phases des progrès de l'intégration soient aussi distinctes. C'est probablement parce que les animaux les plus simples, ayant une individualité moins marquée que celle des plantes les plus simples, ne nous offrent pas les mômes facilités d'observation. Plus les limites des individualités mineures sont indéfinies, et moins la formation des individualités majeures aux dépens des premières laissera de traces visibles. La classe des Cœlentérés est la première qui présente un agrégat du second ordre, assez individualisé pour être capable de servir d'unité dans des combinaisons supérieures. L'hydre commune présente une vie totale distincte de la vie des unités.