‹ Résumé de la philosophie de Herbert SpencerChapitre 79 sur 409 · X. — LES FORMES DES FLEURS · texte numérisé non relu

X. — LES FORMES DES FLEURS

232. — Les unités des groupes de fleurs sont distribuées soit omnilatéralement, soit bilatéralement, selon que les circonstances sont pareilles de tous les côtés, ou seulement pareilles de deux côtés.

233. — La forme symétrique radiaire est commune à toutes les fleurs individuelles qui ont des axes verticaux. Il semble d'abord que les fleurs ainsi placées devraient seules être rayonnées; mais en nous rappelant que la forme rayonnée est la forme primitive, nous nous attendrons à la voir ne se modifier d'une façon permanenteque dans les cas où, par l'hérédité, l'effet des causes modificatrices s'est accumulé. Quand les fleurs sont placées dans d'innombrables attitudes différentes — comme chez le Pommier et chez l'Aubépine — il n'y a pas d'uniformité dans les relations de leurs parties avec les influences ambiantes, et la forme rayonnée se maintient.

234. — Des transitions, à des degrés divers, de la symétrie radiaire à la symétrie bilatérale, sont communes chez les fleurs portées à l'extrémité des branches ou des axes inclinés d'une façon assez constante. Nous passons, de ces dernières, insensiblement^ des formes dont la symétrie bilatérale est plus tranchée. Nous sommes ainsi amenés à des cas où la symétrie rayonnée continue de coexister avec l'attitude latérale constante, qui d'ordinaire est accompagnée de la forme bilatérale, comme dans la rose trémière. Pourquoi la forme rayonnée ne subit-elle point, ici, de changement? Et comment faire accorder sa persistance avec la prétendue loi générale? La réponse se trouve dans le fait que les formes des fleurs sont influencées par des actions qui n'ont pas d'influence sur les formes des feuilles. Les fleurs sont les parties où s'opère la fécondation et les agents de cette fécondation sont les insectes — abeilles, phalènes, etc. Les fleurs distribuées sur une plante de manière que leurs disques s'ouvrent dans toutes les directions et selon toutes les inclinaisons n'auront aucune tendance à perdre leur symétrie rayonnée, puisqu'aucune partie delà phériphérie ne différera d'une autre à l'égard de l'intervention des insectes.

DEVELOPPEMENT MORPHOLOGIQUE lit

235. — Les modifications subies par Jes unités qui composent ces groupes de fleurs sont visibles dans l'ombelle de VHeracleum Les ombellules externes sont plus grandes que les internes ; dans chaque ombellule les fleurs du centre sont inoins développées que celles de la pbériphérie, et, dans les ombellules externes, le plus grand développement des fleurs de la périphérie est encore plus marqué; et sur les côtés externes des ombellules externes, de même; tandis que les fleurs intérieures de chaque ombellule sont rayonnées, les fleurs extérieures sont bilatérales, et cette bilatéralité est plus marquée chez les fleurs de la périphérie des ombellules périphériques ; et là où des ombellules externes se touchent, les fleurs sont dissymétriquement bilatérales. La conclusion est donc que les différences dans les conditions ont pour résultat les différences dans les formes.

236. — Les fleurs offrent donc de nouveaux exemples des lois généralesde la forme que les feuilles, les brancheset les plantes, dans leur entier, nous révèlent.

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