‹ Résumé de la philosophie de Herbert SpencerChapitre 85 sur 409 · XV. — LES FORMES DU SQUELETTE DES VERTÉBRÉS · texte numérisé non relu

XV. — LES FORMES DU SQUELETTE DES VERTÉBRÉS

"loi. — Si une barre de bois, soutenue à ses deux; extrémités, doit porter un poids à son centre, sa partie inférieure est dans un état de tension, tandis que la supérieure est dans un état de compression. Entre ces deux: extrêmes il y a un point, qui varie selon la substance, où les fibres ne sont ni tendues ni comprimées, c'est T « axe neutre ». Il suit de là que toute substance chez qui le pouvoir de résistance à la compression n'est pas égal au pouvoir de résistance à la tension ne peut être soumise à des efforts transversaux alternants, sans que sa partie centrale soit différenciée dans ses conditions d'avec les parties externes, et par conséquent différenciée dans sa structure. Si une épaisse feuille de plomb est courbée d'un côté à l'autre jusqu'à ce qu'elle casse, la surface de la cassure nous montrera une différence de texture entre les parties intérieures et extérieures.

25o. — Cette vérité, si insignifiante en apparence, nous intéresse pourtant d'une façon essentielle. Supposons un animal, encore plus simple que l'Amphioxus, ayant la force de se mouvoir, faiblement, dans l'eau par les ondulations de son corps : les flexions alternantes habituelles auront la tendance à marquer d'un caractère distinct les parties extérieures, et la sélection naturelle agira sur la partie interne différente, pour la maintenir, ■et la modifier ultérieurement. Car une masse résistante interne sera avantageuse pour empêcher l'affaissement du corps sous l'action des fibres musculaires externes. Bien qu'il soit un peu difficile de suivre d'une manière spécifique ce processus, on peut écarter ces difficultés plus facilement que cela ne semble possibleâ première vue. La segmentation des masses musculaires latérales des vertébrés peut s'expliquer par cette hypothèse mécanique ; car les divisions définies, qu'établisseni les flexions, s'avanceront à l'intérieur à mesure une les couches se développeront, et produiront ;iinsi une suite de faisceaux musculaires.

256. — Si nous faisons entrer en ligne de compte la formation habituelle de tissus plus denses dans les parties d'un organisme h. Collin8. 10

qui sont exposées aux plus grands efforts, nous devons nous attendre, en suivant révolution de l'axe des vertébrés, à voir que. à mesure que la puissance musculaire augmente, il se produit des masses plus étendues et plus dures d'un tissu qui sert de point d appui aux muscles, et que ces masses se produisent d'abord aux endroits où les efforts sont les plus grands. C'est précisément ce que nous voyons. De même que la segmentation musculaire, la segmentation vertébrale doit commencer par l'extérieur, et progresser du dehors au dedans.

257. — Le processus de la segmentation finale dans l'axe spinal est maintenant facile à comprendre. Si, ainsi que les faits nous autorisent à le supposer, il se forme une substance plus dense à ces parties de la notocorde où l'effort est le plus grand, il est clair que les flexions perpétuelles empêcheront la formation d'une masse continue. Si une substance qui ne cède pas à chaque pression se dépose pendant que les flexions sont continuelles, les flexions conserveront certains points de solutions de continuité dans le dépôt; points sur lesquels se concentrera tout l'effort. Ainsi, il y aura tendance à la formation de segments de tissu dur capables de résister à la compression, avec des intervalles remplis par un tissu élastique capable de grande résistance à l'extension : une colonne vertébrale. La marche de l'ossification est d'accord avec cette hypothèse.

258. — Au cours de l'évolution, comme elle se produit à la ois chez les Vertébrés en général, et dans chaque embryon de vertébré, trois squelettes se succèdent : le membraneux, le cartilagineux, l'osseux. L'hypothèse mécanique nous montre comment, au cours de l'évolution, une structure membraneuse faiblement résistante a été remplacée par une structure cartilagineuse plus résistante, et celle-ci, à son tour, par une structure osseuse plus résistante encore, et comment, par conséquent, ces phases succèdent l'une à l'autre dans l'embryon du vertébré, d'une façon qui nous paraît bien superflue.

259. — La synthèse qui précède ne doit, naturellement, être prise que comme une esquisse de la marche suivant laquelle la structure vertébrée s'est produite sous l'action continuée de auses connues. L'explication donnée assigne des causes d'une ature connue produisant des effets qu'on sait qu'elles pro-

duisent, et assimile les phénomènes du développement vertébral à des classes beaucoup plus étendues de phénomènes morphologiques.

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