III. — PRINCIPE A PRIORI RÉCIPROQUE
324. — On a vu que la Genèse est « un processus de désintégration, et par conséquent essentiellement opposé à ce processus d'intégration qui est unélément d'évolution individuelle ».
{Biologie, 76.) Chaque nouvel individu est une soustraction opéiv»' ;i |,i masse d'un ou doux individus préexistants.
325. — La désintégration qui constitue la genèse peut être telle
que le parent disparaisse en entier dans sa progéniture, ou, conservant son identité, il peut continuer indéfiniment à produire des rejetons; où, la croissance et le développement continuant longtemps , le parent peut mourir d'une perte excessive de substances nutritives ; ou bien, il peut conserver un capital suffisant de vitalité pour continuer à exister.
326. — L'autre face de cet antagonisme a aussi plusieurs aspects. La marche de révolution organique peut se révéler dans l'augmentation du volume, l'accroissement de la structure, l'accroissement et la variété de l'action, ou dans une combinaison de tout cela. Et, quelle que soit la forme, cette élévation du degré de chaque individualité implique un relard corrélatif dans l'établissement de nouvelles individualités. A mesure qu'un animal acquiertle pouvoir de se conserver et de lutter victorieusement contre les dangers qui l'entourent, il doit perdre la faculté de se propager.
327. — Si nous ramenons sous le titre d'Individuation tous les processus qui complètent et soutiennent la vie de l'individu, et sous le titre de Genèse ceux qui aident à la formation et au développement de nouveaux individus, nous nous apercevons que l'Individuation et la Genèse sont nécessairement en antagonisme. Tout progrès qui élève d'un degré l'évolution individuelle a pour conséquence d'abaisser d'un degré la multiplication de l'espèce, et vice versa. Le progrès dans le volume, la complexité ou l'activité, suppose une rétrogradation dans la fécondité, et tout progrès dans la fécondité suppose une rétrogradation dans le volume, la complexité ou l'activité. Pour le moment, il nous suffit de reconnaître que cette variation inverse de l'Individuation et de la Genèse est exacte.
328. — Si ces conclusions a priori sont vraies, il doit y avoir accord entre elles et les faits. Voyons jusqu'où l'on peut suivre cet accord.