II. — PRINCIPE A PRIORI
319. — La qucslion revient à ceci pour les espèces qui durent: quelles lois de variation numérique résultent de ces forces opposées variables?
'-'.lu. — Comme l'équilibre entre ces deux groupes de forces ne peu! être maintenu, dans chaque espèce qui continue d'exister, par une intervention providentielle, il faut qu'il se maintienne lui-même. 11 doit être du genre appelé équilibre stable.
321. — Gomment peut se constituer uu tel équilibre? Lorsque, par suite de circonstances favorables, une espèce devient plus nombreuse que d'ordinaire, les êtres qui subsistent aux dépens de l'espèce augmentent aussi avec elle, jusqu'à ce qu'ils soient en excès, et alors l'espèce diminue, jusqu'à ce que, parla disette, ses ennemis soient réduits au minimum. Alors l'espèce s'accroîtra de nouveau, et ainsi de suite, par un mouvement rythmique, comme cela se passe toujours lorsque des forces antagonistes sont en présence. (Premiers Principes, 85, 173.)
322. — Les adaptations secondaires de la multiplication variable à la mortalité variable, dans chaque espèce, impliquent quelques adaptations majeures de la multiplication moyenne à mortalité moyenne. Nous avons déjà vu que les forces préservatrices sont au nombre de deux : — l'aptitude de chaque membre de l'espèce à se conserver, et l'aptitude à produire d'autres membres. Ces facultés doivent varier en façon inverse : l'une doit diminuer quand l'autre augmente.
323. — Abandonnant l'hypothèse insoutenable d'une préadaptation surnaturelle, nous avons à nous demander comment cette adaptation est un résultat de l'Évolution.