‹ Résumé de la question socialeChapitre 12 sur 12 · SS6 - H · texte numérisé non relu

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Dieu; sa devise, \' Egalité de /ous ke hotïtmei devant DieuT^ L'esclavage antique reposait sur ranlagonisme el l'inégalité des dieux, ce qui voulait dire sur l'infériorité relalive des races, surl'élat de guerre. Le christianisme créa le droit des gens, la fraternité des Dations; ci; fut en raison de son dogme et de sa devise que furent abolis simultanénient l'idolfllric el l'esclavage.

Certes, on ne niera pas aujourd'hui que les chrétiens, ces révolutionnaires qui combaltaieni par la parole et par le martyre, ne fussent des hommes de progrès : j'ajoute qu'ils étaient des hommes de conservation.

L'initiation polythéiste, après avoir civilisé les premiers humains ; après avoir converti ces hommes des bois, tylveitre» komiitex, comme dit le poète, en hommes des villes, en citoyens, était devenue elle-même, par le sensualisme et le privilège, un prinupe de corruption et d'asservissenaeol. L'humanité était perdue, quand elle fut sauvée par le Christ, qui reçut pour celte mission glorieuse le double litre de Sauveur et Rédempteur, comme qui dirait, dans notre langue politique, conservateur et révolutionnaire.

Tel fut le caractère de la première et de la plus grande des révolutions. Elle renouvela le monde, et eu le renouvelant elle le conserva.

Mais, toute surnaturelle et spirilualiste qu'elle fûl, cette révolution, n'exprimait pourtant que le côté le plus matériel de la justice, l'affranchissement des corps, l'abolition de l'esclavage. Établie sur la foi, elle laissait la pensée esclave; elle ne sufiiait pas à l'émancipation de l'homme, qui est esprit et corps, matière et intelligence ; elle appelait une autre révolution. Mille ans après la venue du Christ, commençait, au sein de la religion qu'il avait fondée, une agitation inconnue, prélude d'un nouveau progrès. Lascolaslique portait dans ses Qancs, à côté .de l'autorité de l'Église et des Écritures, l'aulorilé de la raison!.... Vers le xyr siècle h révolution éclata.

La révolution, à cette époque, sans abandonner sa première donnée, sans se renier elle-même, prit un autre nom, nom déjà célèbre ; elle s'appela la PniLosorHiB. Elle eul pour dogme, la liberté de la raison ; et, je puis bien le dire, puisque l'une est la conséquence immédiate de l'autre, pour devise, légalité de toux devant la raison.

Voici donc l'homme déclaré inviolable el libre dans sa double essence, l'âme et le corps! Était-ce progrès? Quel autre qu'un tyran pourrait le nierî Était-ce conservation? cela n'a pas même besoin de réponse.

La destinée de l'homme, a dit un sage, est de contempler les œuvres de Dieu. Après avoir connu Dieu par le cœur, par la foi, le temps élaii venu pour l'homme de le connaître par la raison. L'Évangile avail été pour l'humanité comme une instruction primaire, maintenant adulte, elle avait besoin d'un enseignement supérieur, à peine de croupir dans l'idiotisme et la servitude qui le suit.

Ainsi les Galilée, les Arnaud de Bresce, les Gioi-dano Bruno, les Descaries, les Luther, toute celte élite de savants, de penseurs et d'artistes, qui brillèrent dans les xv, XVI' el xvii' siècles, grands révolutionnaires, furent en même temps les conservateurs de la société, les hérauts de la civilisation. Ils [H) ursui virent, contre les représentants du Christ, le mouvement commencé par le Christ : à eux aussi la persécution et le martyre ne manquèrent pas !

Voilà quelle fut la seconde révolution, la deuxième grande manifestation de la Justice. Elle aussi rajeunit le monde ; elle le sauva.

Mais la philosophie, ajoutant ses conquêtes à celles de i'Évangile ne remplissait pas, il s'en faut, le programme de cette justice éternelle. La liberté, évoquée du sein de Dieu par le Christ, n'était encore qu'individuelle : H fallait l'établir sur le forum ; il fallait de la conscience, la faire passer dans la loi.

Vers le milieu du siècle dernier commença donc une non-

vetle élaboration; cl comme k première révolution a été religieuse, et la seconde philosophique, la troisième volulion fut politique. Elle s'appela le Contrat social.

Elle prit pour dogme la souveraineté du peitple : c'éttît' la contre-partie du dogme chrétien, Vimité de Dieu.

Sa devise fut Végaliti devant la loi ; c'était le corollaire de celles qu'elle avait précédemment inscrites sur son drapeau, l'égalité devant Dieu et l'égalité devant la raison.

Ainsi, à chaque tévolnlion, la liberté nons apparaît loii^ jours comme l'instrument de la jnstice, et l'égalité comme soll critérium. Le troisième terme est le but de la Justice; ce but, toujours poursuivi, toujours approché, est la fraternitc-

Ne perdons jamais de vue cet ordre du développement révolutionnaire. Au témoignage de l'histoire, la fraternité, but suprême des révolutions, ne s'impose pas, : elle a poiit' condition la liberté d'abord, l'égalité après. Comme si la justice nous disait à lous : Hommes, soyez libres ; cilo^fens, devenez égaux; et puis, frères, embrassez-vous.

Qui oserait nier que la révolution entreprise, il y a soixante ans, par nos pères, et dont l'héroïque souveitîi^ fait vibrer nos cœurs avec tant de force qu'il nous ôte prés^ que le sentiment de nos propres devoirs ; qui niera, dis-jejque cette révolution fût un progrès? Personne. Eh bien tj^ le demande : n'est-il pas vrai qn' autant elle était progn autant elle fut conservatrice? La société pouvait-elle avec son despotisme usé, avec sa noblesse avilie, aVec son riergé corrompu, avec des parlements égoïstes, indisciplinés, livrés à l'intrigue, avec un peuple en guenilles, avec une gent taillable et covéable à merci et miséricorde?

Mais qu'est-il besoin d'éclairer le soleil, de démontrer l'évidenceY La révolution de 89 fut le salut de l'humanité ; c'est pour cela qu'elle mérite le titre de révolution.

Mais, citoyens, si nos pères ont fait beaucoup pour la liberté et l'égalité, ils ont ouvert plus prorondémenl la route tie h ïmlernUé, ils nous ont laissé encore plus à faire.

La justice n'a paadil, en 89, son dernier mol; et qui sait quand elle le dira?

Ne sommea-Dous pas témoins, nous génération de 1818, d'une corruption pire que celle des plus mauvais jours de l'hisloire ; d'une misère pareille à celle des temps féodaus ; d'une oppression de l'esprit et de la conscience, d'un abrutissement de toutes les facultés de l'homme, qui dépassent tout ce que l'on a vu aux époques de la plus affreuse barbarie? A quoi nous servent les conquêtes du passé, el ta religion, et la philosophie, et les constitutions et les codes, quand, en vertu des droits mêmes que nous garantissent ces conslituiions et ces codes, nous nous trouvons dépossédés de lan^ture, excommuniésdu genre humain? Qu'est-ce que la politique, alors que nous manquons de pain, alors qu'on nous ôte jusqu'au travail qui donne le pain? Que nous importent la liberté d'aller et devenir, la liberté de penser ou de ne p^ penser, la garantie de la loi, el le spectacle des njerveilles de la civilisation, el le maigre enseignement qu'on nous délivre, quand, par le reirait de tous les objets sur lesquels peuvent s'exercer l'activité humaine , nous nous sommes plongés dans le vide absolu ; quand k l'appel de nos sens, de nos cœurs, de noire raison, l'univers et la société répondent : NÉAnil..,

Citoyens, j'en jure par le Christ et par nos pères ? La justice a sonné sa quatrième heare, et malheur à ceux qui ne l'ont point entendue 1

— Révolution de 1848, comment te nommes-tu?

— Je me nomme le Droit au Iravait!

— Quel est ton drapeau?

— L' Auociation !

— Ta devise?

— VÈgalité devant la fortune !

— Oii nous mènes-tu?

— A la Fraternité!

— Salut à toi, Révolution! je te servîr,ii comnjcj'ai sei^'i

Dieu, comme j'ai servi la Philosophie et la Liberté, de mon cœur, de loulo mon âme, de toute mon intelligence de tout mon coursée, et n'aurai point d'autre souveraine el d'autre règle que loi !

Ainsi ia Révolution, après avoir été tour à tour religieuse, philosophique , politique , est devenue économique. El comme toutes ses devancières, ce n'est rien de moins qu'une contradiction au passé, une sorte d e renversement de l'ordre établi qu'elle nous apporte ! Sans ce revirement complet de principes el de croyances, il n'y a pas de révolution, il n'y a que mystilîcation. Continuons à interroger l'hisloire, citoyens .

Sous l'empire du polythéisme, l'esclavage s'était établi et se perpétuait, au nom de quel principe^ Au nom de la religion. — Le Christ parut, qui abolit l'esclavage précisément au nom de la religion.

Le chrislianisme, à son tour, soumit la raison à la foi ; la philosophie renversa cet ordre : elle subordonna la foi à la raison.

La féodalité, au nom 'de la politique, asservissait tout le monde, soumettant l'ouvrier au bourgeois, le bourgeois au noble, le noble au roi, te roi au prêtre, le prêtre à une lettre morte. — Au nom de la politique aussi, 89 soumit tout le monde à la loi, el ne reconnut plus parmi les hommes que des citoyens.

Aujourd'hui le travail est îi la discrétion du capital. Eh bien ! la révolution vous dit de changer cet ordre. C'est au capital à reconnaître la prépondérance du travail, à l'instrument de se mettre i la disposition de l'ouvrier,

Telle est cette rcvolulion, à qui le sarcasme et la calomnie, à qui la persécution n'aura pas manqué, non plus qu'aux autres. Mais, comme les autres aussi, le révolution de 1848 devient plus féconde [m le sang de ses martyrs. Sangvis martyrtim, Sfinm chrùlianorttm ! s'écriait l'un des plus grands révolutionnaires des temps passés, l'indomp-

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table Tertulliea. Sang de républicains, semeoce de républicains.

Qui n'ose pas avouer cette foi, scellée du sang de nos frères, n'est pas révolutionnaire : c'est un infidèle. Qui la dissimule est un renégat. Séparer la République du socialisme, c'est ■vouloir accorder la liberté de l'esprit avec l'esclavage des sens, l'exercice des droits politiques avec la privation des droits civils : c'est contradictoire, c'est absurde.

Voilà, citoyens, la généalogie des idées sociales : sommesnous, oui ou non, dans la tradition révolutionnaire t lls'agit de savoir à présent si nous sommes aussi dans la pratique ; si, comme nos pères, nous serons tout à la fois hommes de conservation et hommes de progrès : car ce n'est qu'à ce double titre que nous serons des hommes de révolution.

Nous avons le principe révolutionnaire, le dogme révolutionnaire, la devise révolutionnaire, Que nous manque-til pour accomplir l'œuvre confiée à nos mains par la Providence 1 Une seule chose : La Pratique révolutionnaire !

Or, quelle est cette pratique qui dislingue, des temps ordinaires, les époques de révolution?

Ce qui constitue la pratique révolutionnaire, c'est qu'elle ne procède plus par détail et diversité, on par transitions imprescriptibles, mais par simplifications et enjambements. Elle franchit, dans de larges équations, ces termes mitoyens que proposent l'esprit de routine, dont l'application aurait dû normalement se faire dans la période antérieure, mais que l'égoïsme des heureus ou l'inertie des gouvernements a repoussée.

Ces grandes équitations de principes, ces transitions gigantesques dans les moeurs, ont aussi leurs lois, rien de moins arbitraire, de moins abandonné au hasard que la pratique des révolutions.

Mais quelle est-elle enfin celte pratique?

Je suppose que les hommes d'État que nous avons vus au pouvoir depuis le 24 février ; que ces politiques ù courte-

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vue, à petila moyens, à rouline élroite et méticuleuse, i sent été à la place des apôtres : je vous le demande, ciloyf qu'auraient-its fait?

Ils seraient tombés d'accord avec les novateurs dans i conférences particulières, en conciliabule secret, que la pluralité des dieuï élait chose alisurde ; ils auraient dit, comme Cicéron, qu'ils ne concevaient pas que deus augures pussent se regarder sans rire ; ils auraient condamné très philo3(K^ phjquemeni, et à voii basRe, l'esclavage. ^^|

Mais ils se seraient récriés contre celle propagande térae-r ïaire qui, niant les dieux et tout ce que la société avait de plus sacré, soulevai! contre elle la superstition et tous les intérêts ; ils auraient cru de bonne politique, au lieu d'attaquer les vieilles croyances, de les interpréter; ils auraient voulu qu'au lieu d'abolir le culte, on le purifiât. Ils se seraient inclinés devant Mercure le larron, Vénus l'impudique, Jupiter l'inceslueuï. Ils auraient parlé avec eslime, avec respect, des jeux Floraus et des Bacchanales. Ils auraient fait la philosophie du polythéisme, raconté l'histoire des dieux, renouvelé le personnel des temples, publié des règlements pour les sacrifices et les fêtes publiques, accordé, autant qu'il eftt été en eux, la raison et la morale avec les impures traditions de leurs pères, à force de ménagements, de complaisance, de respect humain ; au lieu de sauver le monde, ils l'auraient fait périr.

Il y eut, dans les premiers siècles de l'ère chrétienne, une secte, un parti puissant par le génie et l'éloquence, qui, en face de le révolution chrétienne, enireprit de continuer l'idoiatric à ce point de vue d'une république modérée et progressive ; ce furent les ncoplalonicieus, auxquels se rattachent Appolonius de Thyane et l'empereur Julien. C'est ainsi que nous avons vu, de nos yeux, certains prédicateurs essayer la rénovation du catholicisme, en interprétant ses symboles au point de vue des idées modernes.

Vainc tentative ! La prédication chrélicimc, je veux dire

^T^^îBqflê révolutionDaire emporfa lout, les dieux et leurs hypocrites adorateurs ; et Julien, le plus grand politique et le plus bel esprit de son temps, pour s'iitre follement opposé à la justice évangélique, est resté flélrî dans l'histoire du nom A'apottal.

Cilons encore un exemple.

Supposons qu'en 89, les conseillers prudents du despotisme, les esprits avisés de la noblesse, les loléranls du clergé, les sages de la bourgeoisie, les patients du peuple ; supposons, dis-je, que cette élite de citoyens, aux vues les plus droites, aux idées les plus saines, aux intentions les plus philanthropiques, mais pénétrée du dangerdes brusques innovations, se îixi entendue pour ménager, suivant les règles de la haute poUlique, la transition entre le despotisme et la liberté? Qu'auraient-ils lait?

Ils auraient volé, après longue discussion, mdre délibération, en mettant entre chaque article dix ans au moins d'intervalle, une charte octroyée ; ils auraient négocié avec le pape, et avec toute sorte de soumission, la constitution civile du clergé ; ils auraient traité avec les couvenla, à l'amiable, le rachat de leurs biens ; ils auraient ouvert une enquête sur la valeur des droits féodaux, sur l'indemnilé à accorder aux seigneurs ; ils auraient cherché des compensations aux privilèges pour les droits accordés au peuple. Ils auraient iait durer mille ans une révolution que la pratique révolutionnaire accomplit enu ne nuit,

El tout ceci n'est point une vaine hypothèse : il ne manqua pas d'hommes en 89 pour enchaîner avec cette fausse sagesse de révolution. Le premier de tous fut Louis XVI, Louis XVI, révolutionnaire de cœur et de théorie autant que porsonne, mais qui ne comprit pas qu'il devait l'être également en pratique. Louis XVI se mît à marchander et chicaner sur tout, tant et si bien, que la révolution, impatientée, l'emportai.

Voici donc ce que j'enteods, aujourd'hui, par pratiq révolutionnaire .

La révolulion de février a posé le droit au travail, c'o à-dire la prëpondûrance du travail sur le capital.

Parlant de ce principe, je dis qu'avant de passer outre à toute réforme, nous avons à nous occuper d'une institution général isalricc, qui exprime, sur tous les points de l'économie sociale, la subordinalioii du capital au travail ; qui, au lieu de Faire commanditer comme auparavant le travailleur parie capitaliste, rende le premier arbitre et commandeur du second, une institution qui change le rapport entre les deux grandes puissances économiques, le travail et la propriété, et de laquelle découlent ensuite, par voie de consêrquence, toutes les autres réformes. i^h

Sera-ce donc procéder révolutionnaire ment que de prop^^| ser ici une banque agricole servie, comme toujours, par les monopoleurs d'ai^ent; là, de créer un comptoir de garantie, monument de stagnation et de chômage ; ailleurs, de fonder une salle d'asile, un mont- de-piété, un hôpital, une crèche, une pénitencerie, une prison cellulaire, d'augmeo-'^ ter le paupéfisme en en multipliant les foyers? "^^1

Sera-ce faire œuvre de Révolulion que de commandïtet de quelques millions, tantôt une compagnie de tailleurs, tanlAt une société de maçons; de réduire l'impfll sur les boissons et de le relever sur les propriétés ; de convertir des obligations à terme en fonds perdus ; de voter des graines et des pioches à douze mille colons partant pour l'Algérie ou de subventionner un phalanstère d'essai ?

Sera-ce parler ou agir eu révolutionnaire que de disputer quatre mois durant si le peuple travaillera ou ne travaillera pas, si le capital se cache ou s'il s'efipatrie, s'il attend la confiance ou si c'est la confiance qui l'attend , si les pouvoirs seront divisés ou seulement les fonctions , si le président sera te supérieur, ou le subordonné, ou l'égal de l'Assemblée nationale, si le premier qui remplira ce rôle sera neveu

d'empereur ou âls de roi , ou s'il ne vaudrail pas mieux , pour ce bel emploi, d'un solat ou d'un poète ; si le nouveau souverain sera nommé par le peuple ou par les représentauls, si le ministère de réaction qui s'en va mérite mieux la coiiSance que le ministère de condlialion qui vient , si la République sera bleue, blanche, rouge ou tricolore ?

Sera-ce âlre révolutionnaire , quand il s'agit de reporter au travail la production fictive du capital, de déclarer le revenu net inviolable, puis de le saisir par l'impôt progressif ; quand il faudrait organiser l'égalité dans l'acquisition des biens , de s'en prendre au mode de transmission ; quand 26,000 commerçants implorent un concordat , de leur répondre par la banqueroute; quand la propriété ne reçoit plus ni fermage ni lojer, de lui refuser encore crédit ; quand le pays demande la centralisation des banques, de livrer ce crédit à une oligarchie financière qui ne sait que faire le vide dans la circulation et entretenir la crise en attendant que le découragement du peuple ramène la confiance?

Citoyens, je n'accuse personne.

Je sais qu'à l'exception de nous autres, démocrales- Eocialisles, qui l'avons prévue et préparée, la Révolution de février a été une surprise pour tout le monde; et s'il est difficile à de vieux constitutionnels de passer en si peu de temps de la foi monarchique à la conviction républicaine, il l'est encore plus à des politiques de l'autre siècle de comprendre rien à la pratique de la nouvelle Révolution. Autres temps, autres idées. Les grandes manœuvres de 93, bonnes pour l'époque, ne nous vont pas plus que la tactique parlementaire des trente dernières années ; et si vous voulez faire avorter la Révolution , vous n'avez pas de plus sûr moyen que de reprendre ces errements.

Cifoynns, vous n'êtes encoredanslepaysqu'une minorité. Mais déjà le flot révolutionnaire grossit avec la rapidité de ridée , avec la majesté de l'Océan. Encore quelque temps de celte patience qui a fait votre succès , et le triomphe de

]a Bcvolulion est assuré. "Vous avez prouvé, depuis jHÎff,

Jwr voira discipline, que vous aussi vous éûcz des hommes politiques : vous prouverez désormais, par vos acles, par voire association, que vous êtes des organisateurs.

Le gouvernement suffira, je l'espère, avec l'Assemblée ualionale , ik maintenir )a forme républicaine : telle est du moins ma conviction. De ce côté, vous n'avez rien à redouter, rien à craindre. Mais le pouvoir révolutionnaire, le pouvoir de conservation et de progrès, n'est plus aujourd'hui dans le gouvernement; il n'est pas dans l'Assemblée nationale : il est en vous. Le peuple seul, opérant sur lui-même sans inlermédiaîre, peut achever la Révolution économique fondée en février. Le peuple seul peut sauver la civil isatipji et faire avancer l'hutnanité !

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