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CHAPITRE XIII

Des vicissitudes auxquelles les ciments et les mortiers peuvent être exposés, et de ce qui s'ensuit.

Quelques mortiers et ciments, dont la solidification s'opère passablement dans l'eau, perdent une partie ou la totalité de leur cohésion lorsqu'on les expose à un air sec et chaud. Cela arrive généralement à ceux dont les éléments constitutifs ne se conviennent pas parfaitement, exemple : les ciments à chaux grasses et substances peu énergiques, telles que les arènes, les psammites, les argiles, etc; les mélanges de chaux moyennement hydrauliques avec les matières inertes , etc. Iva détérioration se prononce surtout à l'égard des parties

extérieures auxquelles l'action dissolvante de l'eau a déjà fait subir un commencement d'altération; ces parties perdent toute consistance.

Les mortiers à chaux hydrauliques ou éminemment hydrauliques, dont la solidification s'est faite sous une terre humide, se comportent également bien à l'air et dans l'eau.

Les ciments généralement quelconques, qui ont bien durci sous une terre humide, se maintiennent aussi très -bien dans l'eau, mais se comportent diversement à l'air; les uns résistent et d'autres s'altèrent : on ne saurait dire à la présence de quels principes tiennent ces différences (Gi).

Les mortiers à chaux hydrauliques ou éminemment hydrauliques et les ciments généralement quelconques, qui ont acquis une grande dureté à l'air , la conservent indéfiniment dans l'eau ou sous une terre humide.

Les simples mélanges de chaux grasse et de sables inertes, dont la dureté n'est que le résultat d'une dessiccation atmosphérique, se décomposent complètement dans l'eau.

Les ciments généralement quelconques, à chaux grasse, ne résistent qu'imparfaitement à la gelée; ils cèdent à la manière des pierres dures, par éclats irréguliers. Cet effet de la gelée est considérablement atténué, et peut même être entièrement éludé par le mélange d'une certaine quantité de sable pur avec les ingrédients pulvérulents qui concourent à la composition de ces ciments (62).

Tous les mortiers à chaux grasses et gros sables bien purs, résistent aux hivers de nos climats, quand ils ont atteint un certain degré de solidification; dans le cas contraire, ils sont diversement attaqués, et cela en raison des proportions de chaux qu'ils contiennent. L'expérience fournit à ce sujet les indications suivantes :

i° Tout mortier fabriqué au mois d'avril avec de la chaux grasse éteinte par le procédé ordinaire, est attaqué l'hiver suivant quand il contient moins de 220 parties de sable pour 100 de chaux en pâte;

2 0 Est attaqué de même, quand il contient moins de 160 parties de

sable pour 100 de la même chaux en pâte obtenue par immersion;

3° Est attaqué de même, quand il contient moins de 2/jo parties de sable pour 100 de la même chaux en pâte éteinte spontanément.

Après deux ans le danger est passé, et après six ans les plus rudes gelées sont impuissantes, à moins que les éléments du sable employé ne soient eux-mêmes gélisses, et susceptibles par conséquent d'être indéfiniment subdivisés jusqu'à pulvérulence.

Quant aux mortiers à chaux hydrauliques ou éminemment hydrauliques , six à sept mois d'âge suffisent pour les mettre hors d'atteinte, en quelque proportion qu'ils soient composés; mais, néanmoins, ils résistent eu raison de la quantité de sable qu'ils contiennent, c'est-àdire que les plus maigres seraient détruits les derniers , si les uns et les autres pouvaient l'être (63).

Dans les parties couvertes des édifices, les mortiers à chaux grasses n'ont point à subir toutes ces vicissitudes; mais ils n'en deviennent pas meilleurs pour cela. Les limites maxima de la proportion de sable qui leur convient alors sont de 55, ia5 ou 175 parties pour ioo de chaux en pâte, selon qu'elle provient de l'extinction ordinaire, ou par immersion , ou spontanée. En se rappelant les limites maxima assignées pour le cas des intempéries dans le Chapitre XI , on en conclura aisément que ces mêmes intempéries favorisent les mortiers chargés en sable, et nuisent au contraire à ceux où la chaux domine.

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