DES
Cor pes MAsses.
GRANDE CHIBLE.
ALTITUDES
OBSERVATIONS
directions à quatre réitérations sur les points primaires.
J'étais parti du Camp des Rochilles où j'étais l'hôte des officiers du 12° Bataillon de chasseurs alpins, dont plusieurs m’accompagnèrent au sommet.
Relèvement en descendant de la Pointe des Cerces.
Relèvement à l'Est du Camp des Rochilles.
Station secondaire destinée à donner des directions complémentaires dans le massif des Cerces.
Relèvement.
Id.
Relèvement sur les pentes méridionales de Roche-Chateau.
Station secondaire sur la dépression que présente l’arête séparatrice des eaux de la Clarée et du Valmeinier.
Station primaire du Réseau sur la même arête. Environ quatre-vingts directions observées. Le retour se fait sur le Camp des Rochilles par les pentes Nord-Ouest et le Col de la Plagnette.
Station au point où je place mon campement en prévision de ma station du lendemain au sommet de la Grande Chible.
Relèvement sur larête joignant les Aiguilles d'Arves à la Grande Chible.
Station primaire du Réseau sur la pointe culminante à l'extrémité septentrionale de la grande arête détachée au Nord du massif des Arves.
Un des points d'attache de mes réseaux ultérieurs de détail de Maurienne.
SO
DATES. STATIONS. ALTITUDES. OBSERVATIONS
m . . . B 12 septembre. AIGUILLE DE 3230 ,9. Station primaire du Réseau. Ce sommet L'ÉPAISSEUR. détaché au Nord-Est des Aiguilles d’Arves en constitue un des meilleurs belvédères.
C’est notamment de ce point qu'il m’a été donné de pouvoir examiner utilement les lieux de la catastrophe arrivée trois jours auparavant à l’Aiguille Centrale d’Arves.
13 septembre. Roc DE Poixctr 1696,7 Station secondaire à l'Ouest de Val- Ravier. loire.
13 septembre. Roc Sup ne VAL- 1580,8. Station secondaire complémentaire de LOIRE. la précédente.
Élaboration des Documents. — Dès mon retour. Je m'imposai comme premier travail — en conséquence de l’urgence qui m'était signalée, — de répondre aux lettres qui, au cours de l'été, m'avaient été envoyées par le Service Géographique de l'Armée; car sa Section des Levés de Précision m'avait demandé de lui donner communication d’un certain nombre de mes points trigonométriques. Puis, je m'occupai d'utiliser immédiatement les observations recueillies dans les derniers mois. Conformément au programme que je m'étais tracé, ces observations formaient, avec celles de la campagne précédente, un ensemble dont la mise en œuvre définitive devait se poursuivre d’une facon étroitement enchaînée. L'élaboration des opérations de 1905 n'avait pu encore consister qu’en l'établissement d’un grand schéma au == sur lequel avaient été reportés tous les points stationnés et intersectés. Il s'agissait d'ajouter à ceux-e1 les 132 stations de 1906 et tous les points intersectés qui se trouvaient déterminés à nouveau ou complétés par les visées issues de ces stations.
Mon premier soin fut donc d'établir les calculs provisoires donnant
les distances des stations primaires, afin d’achever le plan au + de mes réseaux. Puis, graphiquement, toutes les stations secondaires et de relèvement, ainsi que les points intersectés furent déterminés.
Comme précédemment, le catalogue ou répertoire des visées s’établissait parallèlement.
Plusieurs journées furent aussi, dans le début, consacrées à l’achèvement de la préparation des cahiers de réduction au centre du signal des visées de 1905, cahiers que j'avais emportés sur le terrain en 1906 et que le beau temps ne m'avait pas permis d'ouvrir. De même, dès que les stations primaires de 1906 eurent été placées, le réseau de leurs visées fut spécialement réduit aux centres des signaux. Ces travaux préparatoires une fois terminés, je pus attaquer le calcul définitif des positions planimétriques du réseau primaire. J’ai opéré par compensations graphiques successives ; le premier point déterminé fut le Grand Pic de la Meije, dont je donne ci-dessous un extrait des calculs
de compensation
Lieux géométriques. Point moyen choisi.
= D SE ue Ra Distance Distance Corrections au point à déterminer aux lieux géométriques en Désignation. (en kilomètres). (en mètres sur le terrain). secondes centésimales. ÏI. — Visées d’intersection.
km me \\ LEA DADOBe ee 23,49 0,99 16 DAME OlEON ERA AREE 11,04 0,02 I SMPClVOUX EE ere 13,80 0,07 4 HTalle ler Re eee 30,53 0,17 3 Il. — Visées de relèvement (distances fictives).
km m \ 5. Thabor-Goléon ... 13,88 0,04 I 6. Thabor-Pelvoux .. 12,00 0,28 16 7. Goléon-Taillefer... 10,42 0,43 26
La moyenne des corrections est ainsi de 4 secondes centésimales et
demie pour l’ensemble des lieux géométriques déterminant le point : Grand Pic de lu Merje (Signal H).
ie
En général, cependant, les moyennes des corrections n’ont pas été aussi faibles que celle-ci; mais grâce au grand nombre de directions déterminantes, les polygones d’erreur des lieux géométriques établis- : sant les stations primaires ont permis de fixer les axes probables des signaux avec une approximation dépassant rarement 2% ou 3%. Ce calcul des compensations graphiques des stations primaires de 1905-1906 fut alors poursuivi jusqu’à son complet achèvement qui eut lieu vers le milieu de février 1907. Pendant ce temps, j'étais arrivé à exécuter le projet qui s'était imposé d’une manière absolue depuis mes dernières campagnes : j'avais trouvé un secrétaire pouvant m'aider d’une façon sérieuse, en me débarrassant d’une partie en quelque sorte automatique de mes calculs d'élaboration ; à celui-ci je remis donc des éléments d'opérations de détail que je me suis astreint à lui préparer assez régulièrement pour qu'il n’ait presque jamais manqué de travail jusqu’à ce jour. Cette préparation a gèné souvent la marche de mes opérations personnelles, mais l’avantage d'augmenter la vitesse de mise en œuvre de mes documents me fit passer sur l’inconvénient des interruptions, presque hebdomadaires, nécessitées par l'établissement des données que je lui confiais. Il débuta par l’établissement d’environ 300 coordonnées géographiques, résultant de triangles compensés et restant à calculer des campagnes 1903 et 190/ ou provenant des compensations que j’obtenais journellement des calculs de mon réseau des Écrins, dont il acheva également les réductions des directions moyennes au centre du signal.
En janvier, j'avais, d'autre part, commencé les premières leçons du Cours que M. Adam, Recteur de l’Université de Nancy, m'avait fait l'honneur de me demander et que j'ai professé à la Faculté des Sciences de cette ville pendant cinq années consécutives.
Dès que le réseau primaire des stations fut entièrement calculé planimétriquement, je m’attachai aux stations secondaires et à certaines stations de départ altimétrique. De son côté, mon secrétaire préparait
les cahiers de nivellement trigonométrique de mes quatre campagnes,
c’est-à-dire les calculs d'environ 13 000 dénivelées, dont je lui inserivais les données (désignation des points visés, angles zénithaux, distances provenant des compensations, etc.). J’interrompis à ce sujet, pendant quelque temps, la marche des compensations de station pour examiner plusieurs calculs d'altitude. C’est ainsi que J'obtenais tout d’abord celle du Grand Pic de la Meije :
« Les stations faites aux repères de nivellement dans cette partie de » la vallée de la Romanche, en vue, notamment, de la détermination » de l’altitude du Grand Pic de la Meïje, sont données ci-dessous avec
» leur cote et le résultat que j'ai trouvé en chacune d'elles.
Altitude Cote du repère du Grand Pic du Service de la Meije Nom de la station. du Nivellement général. (sommet du Signal). m m Repère de nivellement : Hospice du Lautaret............ 2057 , 808 3992,7 » Hôtel de la Meije à la Grave. ..... 1481,784 3982, » Tunnel des Ardoïsières.......... 1942,011 3982 ,3 » Grande croix à l’ouest de La Grave 1470 ,2017 3982, 4 dont la moyenne (les coefficients de poids étant égaux) est 3982,5
» J'ai ajouté à ces mesures directes une série de mesures indi- >) 'ATECTeSE
» Avant relié trois de mes stations primaires directement à des » stations de repère de nivellement général, j'ai obtenu les cotes provi- » soires des signaux que j'ai fait construire sur la Roche du Grand » Galibier, le Pie de Combeynot et le Pic des Trois-Évêchés.
» Les visées depuis ces stations sur le Grand Pic de la Meije, ou de
» Meïje sur ces sommets, m'ont donné les résultats suivants :
Surbic dé COMPEVROLE RENE LR ETES re 3082 ,6 DePicide COoMRENMOURRE TPE AMOR RP REP Are 3981 ,5 Sur Roche du Grand 'Gahbier PR 3983 ,9 De Roche du Grand CADRE EE er 3983 ,0 SUTIPIC dés APOIS I VOCHÉS SA ee 3982,9
» dont la moyenne (sans coefficient de poids) est 3982",7, concordant
ie », avec le résultat direct précédent. » (Comptes rendus de l’ Acad. des Sciences, 8 avril 1907.)
Je n'ai pas poussé plus avant, à ce moment, l'établissement des cotes d'altitude que je voulais réserver pour une marche méthodique d’enchainement, basée sur différents groupements de départs altimétriques dont toutes les positions planimétriques ne pouvaient pas encore être établies. Je continuai donc le calcul régulier et rationnel des compensations de mes stations secondaires du massif des Écrins, jusqu'au moment où vinrent prédominer et m’arrêter dans la voie d’élaboration des documents antérieurs, les occupations préparatoires de la campagne 1907 dont le principe était fixé depuis longtemps et dont le but nécessitait des études et des précautions spéciales.
Projet de campagne. — J’emprunterai au Tome Premier de ma Description géométrique détaillée des Alpes Françaises (1) les lignes relatives à ce projet :
« Au cours de ma quatrième campagne géodésique, qui, en 1906, » m'avait permis de terminer les triangulations de détail du massif » Pelvoux-Écrins et de les étendre vers la frontière italienne depuis le » Thabor jusqu’au col du Mont Genèvre, j'avais remarqué la dispari- » tion de quelques-uns des grands signaux des triangulations prinei- » pales de la première moitié du xix° siècle, qui devaient exister au » Nord de la vallée de l'Arc. J'étais également préoccupé de l'absence » de grande triangulation continue dont je savais dépourvue toute la » région septentrionale dela Savoie. Au moment de jeter sur celle-ci le » réseau détaillé de mes triangulations complémentaires, j'allais donc » me trouver privé des bases de départ dont la belle triangulation du » capitaine ingénieur-géographe Durand, en 1828-1830, m'avait fourni » les éléments en Dauphiné. J'avais appuyé, en effet, toutes mes opé- » rations en 1903, 1904, 1905 et 1906 sur les six grands signaux en-
(*) Desc. géom. dét. des Alpes Françaises, t. 1, p. 22 à 42. H. 10
Sr me core existants des chaînes primordiales de la Géodésie du Dépôt de la Guerre, qui s’élevaient sur les sommets du Rocher Blanc des Sept Laux, du Taillefer, du Goléon, du Pelvoux, du Thabor et du Pie du Frêne... »
« Cette région de l'Europe centrale, qui s’était trouvée si en retard dans la distribution des levés géodésiques, était l’objet, au contraire, pendant toute la durée de ce xix° siècle, d’un nombre peut-être plus
LA
grand d’enchainements divers que tout autre territoire des Etats limitrophes.
» Peu à peu, de l'étude détaillée que je faisais de tous ces travaux et des ressources que je pouvais y trouver pour les triangulations de détail, que je voulais continuer en passant du Dauphiné en Savoie, se dégageait à mes veux l’absence d’une œuvre générale, manquant non seulement au projet spécial que j'envisageais, mais encore à la connaissance parfaite de la fraction septentrionale de Ia plus belle région de la France.
» Le bilan des grandes triangulations déjà effectuées en Savoie, au moment où s’ouvrait le xx° siècle, s’établissait, en effet, ainsi :
» Unetriangulation générale (celle du Premier Empire), qui, malgré les douze années de travail qu’elle avait nécessité, et malgré les hommes éminents qui y avaient été employés, devait être considérée comme tout à fait négligeable ; c'était cependant celle qui avait servi de base aux triangulations secondaires et à la topographie de la plus grande partie des territoires de la Savoie de la Carte des Ingénieurs sardes et aussi, par suite, de la Carte de l’'État-Major.
» Puis quatre très belles fractions de triangulations : 1° celle du prolongement du Parallèle Moyen des ingénieurs austro-sardes et piémontais, mais qui n'intéressait qu'un quart du territoire à étudier dans sa partie Sud-Ouest et dont plusieurs signaux avaient disparu ; ° celle du Bureau topographique fédéral suisse, mais quin'intéressait qu'un quart à peine de ce même territoire dans sa partie Nord ;
3° celle de l’Institut géographique militaire italien, mais qui n’inté-
ressait qu'un espace minime dans la partie très voisine de la frontière et seulement par deux côtés ; 4° enfin, celle due à l'initiative personnelle de Henri et de Joseph Vallot, mais qui n'intéressait que la région très spéciale du versant occidental du Mont Blanc et qui se trouvait séparée des lignes d’enchaïnements primordiaux français, dignes de confiance, par un fossé sur lequel ne pouvait encore exister, à la fin de l’année 1906, que des passerelles provisoires.
» À vrai dire, la première idée qui se présentait était de compenser, par des calculs, tous les résultats dignes de confiance que m'’offraient ces quatre séries de points géodésiques. Mais je dus abandonner bien vite, par l’inspection approfondie des difficultés qui allaient surgir, l'espoir d’une coordination complète et rigoureuse de ces anciennes triangulations du premier ordre... »
» Par un effet naturel de l’œuvre ainsi envisagée, le but général de la liaison de toutes ces triangulations soutenait mon projet autant que le but primitif particulier de donner des côtés de départ très précis à mes propres réseaux détaillés. Le problème, posé au début, d'utiliser les points précis, déjà obtenus par les chaînes géodésiques du xix° siècle, pour mes triangulations complémentaires, était en quelque sorte retourné : J'avais maintenant le sentiment de traiter d’égal à égal avec ces enchaîinements et de les aborder non plus en obligé, demandant des bases et des appuis pour mes constructions, mais bien en indépendant, édifiant, à côté d’eux, un alignement moderne qui traverserait leurs différentes perspectives et qui provoquerait au besoin des coïncidences en quelques points com-