ANSE
Description du Terrain des opérations. — Les grandes lignes de la région intéressée par les dernières stations de la Méridienne de Savoie sont constituées, en premier lieu, par l’arète qui, détachée à l'Ouest du Massif de Péclet, forme la grande dorsale limitant la Maurienne et la Tarentaise ; en second lieu, par le cours de Arc en aval de l’Esseillon, et enfin par les massifs qui séparent la Savoie du Dauphiné et d’où émergent principalement le Thabor et le Goléon. Sur la première de ces lignes venaient se placer les quatre stations de Bellachat, du Cheval Noir, du Grand Perron des Encombres et du Brequin ; sur la troisième, je devais réaliser les observations terminales de ma Méridienne aux sommets du Thabor et du Goléon.
La seconde région sillonnée par mes triangulations de 1908 est uniquement déterminée par la haute vallée de l’Are. C’est, en effet, sur la frontière italienne elle-même que viendront se placer, au Sud, mes stations de la Pointe de Ronce et de la Levanna, tandis que dans la fraction septentrionale du Réseau, ce sera sur la crête formant encore ceinture du bassin de l’Are que j’occuperai les sommets de l’Iseran et de la Sana. Entre ces points, les belvédères de Charbonel, de Méan Martin, de l’Albaron et du Grand Roc Noir se trouvent sur de grandes arêtes qui séparent la vallée principale de vallées affluentes ou qui séparent
deux vallées affluentes entre elles.
Projet de Triangulation. — Pour les six dernières stations de la Méridienne de Savoie, rien n'était à changer dans le programme établi l’année passée ; il n’y avait qu’à opérer d’une façon absolument semblable à celle de la dernière campagne, afin de conserver une homogénéité parfaite dans toute la Chaïne. Cependant je me proposais, en plus, d'aller occuper le sommet du Trélod où j'avais fait reconstruire le grand signal démoli des triangulations précédentes, non point pour y faire des observations azimutales de précision, mais pour opérer le rattachement exact de l’axe de mon nouveau signal avec l’ancien. J'y étais
poussé par le fait que le Trélod était lié à ma Méridienne de Savoie par
ne des visées déjà exécutées au Charvin et au Grand Mont et prévues à Bellachat. Quant au Réseau de Maurienne, il était défini par les huit stations du Grand Roc Noir, dela Sana, de Méan Martin, de la Pointe de Ronce, de Charbonel, de l’Albaron, dela Levanna et de l’Iseran. J’ajoufais au tableau primitif des directions issues du Thabor une direction supplémentaire sur la Pointe de Ronce. La détermination de ces huit points devant s'effectuer par figures polygonales traitées suivant la méthode des moindres carrés, je tenais à donner le même poids à
toutes mes observations pour ne pas compliquer les calculs consécutifs.
Construction des Signaux.
Je ne fis pas construire de nouveaux signaux, puisque mes ordres avaient déjà été exécutés en ce qui concernait la Méridienne de Savoie ; mais je pris soin d’envoyer Baroz quelques semaines avant mon départ sur le terrain pour qu’il püt s’assurer de l’existence en bon état des signaux que j'avais à viser. Cette mission fut remplie dans le courant de juin. Je m'étais, d'autre part, fait complètement rendre compte de la présence de signaux importants aux huit sommets du Réseau primaire de Maurienne et je n’eus, par la suite, qu'à réédifier ceux d’entre eux qui menaçaient de se démolir ou qu'à surélever ceux qui me paraissaient insuffisants. Enfin, au cours de mes stationnements secondaires et tertiaires, je fis élever un certain nombre
de signaux au centre de ma station.
Historique des Opérations. — Parti à la fin de juin, j'ai occupé tout d’abord les six stations de la Méridienne de Savoie qui restaient à exécuter. Les bonnes conditions atmosphériques furent des plus difficiles à obtenir et J'ai subi pendant cette première période plus de quinze orages ; l’un d’entre eux notamment, dans la nuit du 12 au 13 juillet, me mit, à 8° sous Le sommet de l’Aiguille du Goléon, dans une situation critique ; plusieurs décharges électriques secondaires frappèrent la tente qui ne résista au vent tourbillonnaire que grâce aux 50°" de neige fraîche qui la recouvraient.
Pres
Dans la seconde période, les stations primaires du Réseau de Haute-Maurienne furent successivement occupées suivant le programme tracé. Néanmoins, je dus, dans les premiers jours d’août, interrompre mes opérations à deux reprises pendant quarante-huit heures, afin de me rendre une première fois à Paris pour un deuil et une seconde fois à Nancy, appelé près d’un de mes enfants malade.
Le temps se montra d’ailleurs beaucoup plus favorable dans la dernière partie de ma campagne. D'un de mes centres principaux établi à Bonneval, je pus rayonner presque sans interruption vers les
points d'observations qui en dépendaient.
Les opérations se terminèrent par l'occupation du Trélod que P
J'atteignis de Saint-Pierre d’Albigny.
J'ai rapporté de cette campagne 46 douzaines de clichés parmi les-
quels un nombre important de téléphotographies.