‹ Résumé des opérations exécutées jusqu'à la fin de 1911 pour la description géométrique détaillée des Alpes françaisesChapitre 58 sur 111 · FE ) A · texte numérisé non relu

FE ) A

Projet de Campagne. — Ayant dès lors à ma disposition un enchaïîne-

ment précis et méthodique, je n'avais plus qu’à souhaiter pour chacune Aer. ? LEE

de mes campagnes ultérieures la plus large extension de mes réseaux

partant des altitudes trouvées pour le Grand Pic de la Meije et quelques autres sommets de ses environs au moyen du premier groupe des stations de nivellement ci- -dessus indiqué (voir ma Communication à l’Académie du 8 avril 1907), j'ai marché vers l'Ouest, à la rencontre des dénivelées basées sur l'altitude de mon signal du sommet de Pied-Montet. Celle-ci a été obtenue par les résultats des observations de neuf stations aux Repères du Service du-Nivellement général de la France dans la plaine du Bourg-d’Oisans.

La moyenne a été prise sur les valeurs suivantes :

PÉTAAStAtICHAMPeperC hr OT EP re 2330,9 » TRE RO MORE DCE D 2340 ,0

» TOP ODERE TELE 2340 ,5

» PHJROOIL) er Er 2340,4

» DR OR CRE DE cie 2339 ,6

» so eoen dan 2339,6

» OO ocosce nc DST

» T0 ner rec 2340,7

» Homo oo done one 2340,3

e SOMMEUAUMOISNAlEE PEER TEE 2340 ,2 RÉSUMER ARR Re ee 2338,3

La rencontre s’est faite sur mon signal de la Grande Roche de la Muzelle; sa cote, donnée par dix valeurs, venant de l'Est (en filiation de l’altitude du Grand Pic de la Meije), est 3463®,3. Cette même cote, donnée par les valeurs venant de l'Ouest (en filiation de l’altitude de Pied-Montet}), est 3463,6.

J'obtiens ainsi le long de la crête Est-Ouest séparative des vallées de la Romanche et du Vénéon une ligne de base d'altitude qui m’a servi à calculer les cotes données ici.

Sans insister sur quelques détails particuliers, notamment sur la suprématie établie du Pic de lAilefroide sur le Pelvoux, qui ne vient ainsi que cinquième cime importante du massif auquel il a longtemps donné son nom, je ferai trois catégories dans les erreurs d'altitudes de la Carte de l'État- -Major.

1° La catégorie comprenant l'erreur systématique affectant les points trigonométriques calculés avec précision par les officiers géodésiens lors des triangulations de la Carte de France; elle est ici mise en lumière par les cotes du Pelvoux (Pointe Durand), du Grand Pic de la Meije, des Écrins, de Pied-Montet, de la Cucumelle, en plus-value générale des 4 6e.

2° La catégorie comprenant les petites divergences ou coïncidences accidentelles affectant les points de la Carte, soit trigonométriques, soit qui furent fixés par les officiers topographes et dont un grand nombre d’ailleurs ont été déjà corrigées. Telles sont, par exemple, les cotes du Pic des Agneaux, du Pic de Neige Cordier, de la Muzelle, tantôt trop faibles, tantôt trop fortes.

3° La catégorie comprenant les grandes erreurs, portant surtout sur des points topographiques. Telles sont les altitudes insuffisantes des sommets de l’Ailefroide, du Rateau,

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de détail, en même temps que la plus grande densité de mes positions trigonométriques, principalement dans les hautes régions. De plus,

ma marche était naturellement tracée et consistait À accoler aux

de la Grande-Ruine, de Roche-Faurio, des Bans, ou les altitudes trop fortes de la Brèche de la Meïje, des Rouïes (cependant point trigonométrique de 3° ordre), etc.

Elles proviennent probablement de visées d’intersection ne s'appliquant pas en ré stations au même point d’une crête et ayant ainsi créé des points fictifs. Elles justifient la méthode que j'emploie dans mes triangulations : en stationnant toujours sur les points les plus élevés, je ne suis pas exposé à prendre, dans mes visées d’ intersections, des épaulements pour des sommets culminants.

Altitudes provisoires Cotes portées de la triangulation sur P. Helbronner. la Carte ———— —— de Noms des sommets. Signal H ou cairn. Sol. l’État-Major. » > m m m Sommet de la Barre des Écrins....... ve 4100,7 Â100,0 4103 GrandiPiededtamMetje tre nr 3982,5 3982,3 3987 Picicentralide laMene re. 3974 ,0 3973 ,6 »

DOMMELIUEREANTETONE EE STEP ETES 3953 ,0 3951 ,6 3929 Pelvoux-Pointe Puiseux ..... Po en » 3945 ,2 » FeMOoUSPOIMEIe DURANT EEE EE ECE 3932,7 3930,0 3938 Bic aNadonGuillemineEEcEe rente cer » 3913,6 » FICAGAS DATA RE AR ARR TR 3882,7 3882, 4 3880 Eine nmtten van oo aue : » 3809,0 3754 GrandesRuime 2 teen ec Co ce 3767,0 550920 3754 ROCHER AUMIO RE mr uere secrets 3731.6 3730, 1 3716 SOMME LATE SEB ANS PE Te 3669 ,6 3668 ,5 3651 Pic des Agneaux ..... ORAN te ah 3664,6 3663, 3660 Pied NO BSCON NES 0m over Er one 3614 ,2 3613,2 3615 AMounletlusPladentasSelle rer ree 3596 ,6 3295 ,8 3602 SOMIMEUIUAESNROUIES EEE LEE TS et me 3590, 4 3588,7 3634 GrandeiRochetde la Muzellern "re rec. 3463 ,4 3461,1 3459 AMeunleRdesSATIASE RE EE Re ce 3401 ,0 3399,9 3401 BrécherdedaMENe REC Er ee L 3358 ,8 3358,0 3369 Asie duiCanardee RM NE 3267 ,7 3266,3 3270 Roche du Grand Galibier ....…......." 92307 3229 ,2 3201 (4) PerdelCombernohcentrale ere 3157,0 3154,9 »

CRANAPATÉA SEE A Re eme ae eee etes se 2871, 4 2868 ,2 2868 Ateullettenduliaure Eee ner 2718,3 2TORO »

SommettdelasGucumelen CET rr en -Ree 2698 ,6 2696 ,6 2703 MéterdelamMaVe ere PE EC Te rer Le 2518,3 2516,3 » PTCTEMONTEL ER RE co ueervee 2340,2 2338,3 234 4

(4) Une avant-dernière édition de la Carte de l’État-Major portait 3242". La dernière porte 3201":

réseaux de détail, exécutés dans les Massifs des Grandes Rousses et des Écrins, le tissu prévu pour couvrir peu à peu toute la Savoie. C'était donc à la vallée de l’Are que j'allais m'attaquer; le grand développement du territoire que cette rivière intéresse était solidement encadré, dans sa partie moyenne, par le premier polygone de ma Méridienne de Savoie et dans sa partie haute par mon Réseau Primaire de Maurienne tout entier. J'avais d’ailleurs déjà empiété en 1906 sur ce territoire, notamment par mes stations à l’Aïguille de l’Épaisseur, à la Grande Chible et au Thabor; j'y avais surtout exécuté déjà en 1908 un réseau de visées très détaillé dans les intervalles des huit stations du réseau fondamental que j'avais jeté entre les crêtes de la Vanoise à l'Ouest, celles de la frontière italienne au Sud et à l'Est, et celles du massif dela

Grande Motte au Nord.

Description du Terrain des Opérations. — [es deux côtés de l’Are, les lignes de faîte sont nettement déterminées : Sur la rive droite, c’est la longue arête qui, du mont Bellachat, se dirige vers les Encombres et qui, modifiant sa direction générale, se poursuit par le Brequin et par les crêtes de Péclet-Polset jusqu’à la Dent Parrachée ; puis, qui, changeant de direction une seconde fois, emprunte la ligne faîtière du massif de la Vanoise et de celui de la Grande Casse; par une nouvelle orientation, cette arête va rejoindre la frontière italienne non loin de la Grande Aiguille Rousse, après avoir passé sur les sommets de la Grande Motte, de la Sana, de Méan-Martin et de l’Iseran. Sur la rive gauche, ce sont les plis des Arves, puis la chaîne frontière jalonnée par le Thabor, la Pointe de Fréjus, l’Aiguille de Scolette, le Mont d’Ambin, les massifs de Cléry et du Mont Cenis, la Pointe de Ronce, l’Arbéron, la Bessanèse, les crêtes des glaciers du Grand Méan et de la Source de l’Arc, etenfin par la Levanna. Les territoires enserrés dans la ceinture ainsi définie sont toutefois, dans la région orientale, divisés par le puissant promontoire du Grand Roc Noir qui se détache du

nœud de Méan-Martin. De toutes parts, en tout cas, s'élèvent de splen-

dides postes d'observations, plongeant même directement dans les vallées, que, dans certains cas (comme à la Levanna ou au Grand Roc Noir), ils dominent sur plus de 30" de longueur.

Projet de Triangulation. — Les sommets favorables à l'établissement des stations primaires sont ici en nombre presque illimité. Il suffit de choisir les pointes culminantes qui donneront toujours des visées excellentes les unes sur les autres et qui, quand elles n’en donneront que d’incomplètes sur les terrains inférieurs, seront alors facilement doublées par des occupations de sommets secondaires ou d’éperons détachés en flanc-garde des grands plissements orographiques. Il est à remarquer que ces facilités ne sont pas toujours données dans les massifs exclusivement granitiques, comme celui des Écrins par exemple où des terrains en angles morts sont quelquefois presque inviolables ; il ne serait même peut-être pas impossible d'établir des principes généraux touchant les effets de la texture géologique des pays de montagne sur l’organisation et le choix des stations d’études topographiques.

Je me proposai, en conséquence, d'occuper à nouveau tous les sommets de ma Méridienne de Savoie correspondant à ce territoire et d’où je n’avais pas encore dirigé les visées de détail, puis deux des sommets du Réseau Primaire de Haute Maurienne, celui du Grand Roc Noir et de Charbonel, où, par suite des intempéries, je n'avais pas pu, l’année dernière, finir mon programme d’observations. En dehors de ces stationnements absolument indispensables, je savais devoir être entraîné à monter mes instruments à peu près sur toutes les cimes quelque peu apparentes. et grâce à l’élasticité des méthodes de compensation graphique ou algébrique, je savais aussi à l’avance devoir tirer très bon parti de toute occupation de belvédère.

Construction des Signaux. — Les signaux de mes campagnes précédentes d’une part, quelques pyramides établies par les opérateurs de la Carte sarde et de la triangulation française de 1862 qui suivit l’an-

nexion d’autre part, enfin, un grand nombre de signaux récents des

géomètres du cadastre me dispensaient de donner de vastes programmes de constructions dans les régions de la Savoie où j'allais désormais porter mes opérations de détail. Cependant je dus, cette année encore, faire partir mon guide Baroz quelques semaines avant moi pour inspecter l’état général de mes signaux construits antérieurement et notamment pour remettre en état celui du Grand Perron des

Encombres qui avait été démoli par malveillance.

Historique des Opérations. — [a campagne s’est étendue du 8 juillet au 3 octobre; je fus immobilisé pendant plus d’une semaine, à son début, en raison des intempéries. Mes centres de rayonnement furent successivement Salins, le poste militaire du Fréjus, Modane, Lanslebourg, Bonneval et Saint-Jean-de-Maurienne. Le nombre des stations séodésiques s’est élevé à plus de 120, dont 15 au-dessus de 3000". Parmi les signaux que j'ai déterminés par visées d’intersection, j'ai compris notamment une partie de ceux que la Section des Levés de précision du Service Géographique de l'Armée avait fait construire il y a quelques années pour la topographie du versant oriental des massifs du Puy Gris et du Frène, ainsi que les quelques signaux en bois de la Section de Géodésie qui remplacent presque tous d'anciens signaux en maçonnerie des grandes triangulations primordiales de la Carte de France, du Parallèle Moyen Prolongé ou même de ma récente Chaîne de précision de Savoie. Jai, en outre, développé tout spécialement la suite de mon enchaînement altimétrique par le stationnement d’un grand nombre de repères du Service du Nivellement général de la France, principalement le long la route nationale depuis Saint-Jean-de- Maurienne jusqu’au col du Mont Genis. Cette ligne de base de nivellement, en quelque sorte parallèle à celle établie par mes stations le long de la vallée de la Romanche en 1905-1906 permettra une compensation rationnelle des cheminements altimétriques et du calcul des altitudes pourles massifs s'étendant entre l’Are, la Romanche et la frontière

italienne.

Il fut pris soixante-quatre douzaines de photographies, destinées

pour la plupart à donner, comme précédemment, les tours d'horizon

complets aux sommets culminants de mon réseau (‘).

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