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OBSERVATIONS
Station primaire du Réseau, déjà occupée pour ma Méridienne de Savoie, le 18 septembre 1907,c'est-à-dire précisément à trois ans de distance.
Arrivé au sommet à 530" du matin, Je peux y travailler jusqu’à 6"15" du soir.
J'y enregistre quatre cent soixante directions dont quarante à quatre réitérations.
Je redescends coucher au Chalet-Hôtel situé à 200" en contre-bas.
Station secondaire du Réseau sur la grande crête joignant Belle Côte au Mont Jovet. Environ cent directions enregistrées.
Station secondaire du Réseau située sur la même crête, à l'Est de la précédente, Environ quatre-vingt-dix directions enregistrées.
Relèvement sur l’arête entre les deux stations précédentes au passage du sentier permettant de passer de la vallée du Doron à celle de l'Isère.
Relèvement sur la crête principale, à l'Ouest du Mont Jovet. Cette station sera reprise l’année suivante et transformée en station primaire du Réseau.
Relèvement de la grande chapelle située à l'Est de Montagny sur l'éperon dominant la vallée entre Brides et Bozel. Cette station sera réoccupée l’année suivante et donnera des visées de complément sur les points principaux de la vallée.
Elaboration des Documents. — La correction des épreuves de mon
premier Volume de la Description géométrique des A lpes Françaises à
encore absorbé une part notable de mon temps, au cours de la
D période qui s’est écoulée entre octobre 1910 et mars 1911. Néanmoins J'ai pu procéder aux travaux d'élaboration suivants :
1° Le Réseau primaire de la Haute Maurienne, dont les observations remontaient à 1908, a été calculé par la méthode des moindres carrés appliquée aux compensations des figures polygonales. Par un premier polygone, les deux sommets de la Sana et du Grand Roc Noir ont été fixés. La Pointe de Ronce a été ensuite déterminée isolément, mais cependant par le calcul analytique. Par une troisième figure polygonale les deux sommets de Méan-Martin et de Charbonel ont été établis ; par une quatrième figure, j'ai compris dans une compensation simultanée 1seran et Ælbaron. Enfin Levanna Occidentale a été calculé isolément, mais toujours analytiquement.
Les coordonnées géographiques de ces huit positions fondamentales ont été établies en partant de celles que j'avais obtenues pour Grande Casse et Dent Parrachée dans les opérations de la Méridienne de Savoie.
2° Les quarante points déterminés dans la première partie de la campagne 1910, c’est-à-dire dans la région Tabor-Larmet, ont été reportés
sur un schéma au 4; le réseau primaire de cette triangulation par-
tielle a été calculé en une fois par l’étude d’un polygone d'ensemble auquel j'ai encore appliqué la méthode des moindres carrés. Les compensations de tous les autres points de ce réseau, stationnés et intersectés, ontété alors exécutées par la méthode graphique. Les coordonnées géographiques furent calculées à la suite.
3° Les deux cents stations des réseaux de détail, occupées en 1908, 1909 et 1910 ont été placées sur les épures au -+ après calculs préparatoires pour les principales d’entre elles.
4° Enfin, un millier environ de points intersectés, déterminés au cours de ces trois dernières campagnes, ont été également reportés sur ces épures au =. La préparation de la campagne 1911 en est venue interrompre la détermination dont la suite a été remise à l’époque où
se fera le dépouillement des visées de cette campagne nouvelle.
Au cours de cette période, j'ai pu donner une troisième conférence au Cercle militaire de Nancy et, après avoir professé une cinquième série de cours à la Faculté des Sciences de cette ville, j'ai accepté de me rendre aux invitations qui m'avaient été faites de présenter mes derniers travaux dans des conférences à Lyon, Grenoble, Marseille,
Nice, Perpignan et Nîmes.
Projet de Campagne. — Découlant de la marche normale des trianoulations, le programme de 1911 devait tendre naturellement à la terminaison des réseaux du bassin du Doron de Bozel et de la haute vallée de l'Isère de facon à conduire, déjà cette année, la surface couverte jusqu'aux pentes méridionales des crêtes de la rive droite de l'Isère entre Bourg-Saint-Maurice et Moutiers.
Mais au cours de l’hiver, lors notamment de la conférence que je donnai à Lyon, je fus conduit à promettre une triangulation détaillée du Massif de la Grande Chartreuse destinée à appuyer des levés topographiques auxquels deux alpinistes lyonnais, M. l'abbé Fouilliand et M. Buisson, désiraient consacrer plusieurs étés consécutifs. A dire vrai, Je n'avais envisagé l’adjonction de cette région à mon réseau général (comme celle d’autres massifs subalpins d'altitude relativement basse) que comme ne devant être exécutée par moi qu'à la fin de toutes mes opérations dans les massifs élevés, c’est-à-dire d'ici sept à huit années. Mais devant une nouvelle utilisation immédiate de mes résultats, je fis place à la demande qui m'était présentée et je pris mes dispositions pour devancer l’époque de mon départ dans les Alpes, afin d'accomplir, néanmoins, si le temps voulait s’y prêter, tout le
programme normal énoncé ci-dessus.
Description du Terrain des Opérations. — Mes triangulations allaient donc s'établir sur deux régions nouvelles : en premier lieu sur le Massif de la Grande Chartreuse et en second lieu sur le haut bassin de l'Isère.
Le territoire du Massif de la Grande Chartreuse est essentiellement
ER
composé de plis parallèles à l'alignement général de la vallée de l'Isère et de la chaîne Belledonne-Sept Laux-Frêne qui lui fait face de l’autre côté de cette large vallée. Limité à l'Est par des murailles abruptes sur le Grésivaudan, il présente au Nord et au Sud, à l'extrémité de ses vallées intérieures, des débouchés accessibles, tandis qu’à l'Ouest, les pentes, quoique encore inclinées, se laissent toutefois gravir assez facilement au milieu des forêts qui les recouvrent. Les lignes des crêtes fondamentales présentent une grande uniformité d’élévation qui oscille entre 1700" et 2100". Quelques sommets principaux pointent cependant, plus ou moins isolés, et appellent l’installation des stations principales d'observation; mais, si les parties basses des vallées offrent des paysages intéressants, on ne retrouve pas, dans cette nature plus calme, ni la variété pittoresque des élancements des hautes Alpes, ni le charme puissant qu'apportent les grandes nappes neigeuses se déta- -chant sur l’azur du ciel et striées par le coloris céruléen des crevasses.
Tout autres se présentent les sites de la haute vallée de l'Isère ou la grande nature alpestre a prodigué les merveilles de ses lignes audacieuses, de ses escarpements hérissés d’aiguilles, de sa palette aux couleurs infiniment variées, de ses étendues glaciaires tantôt largement ondulées en plateaux peu inclinés, tantôt violemment entraînées sur la raideur des pentes, en cascades de blocs énormes dont les brisures
reflètent l’émeraude et le saphir.
Projet de Triangulation. — Si les terrains de la seconde région me paraissaient ainsi beaucoup plus attrayants que ceux de la première, je devais toutefois reconnaître que le problème de soudure de la triangulation prévue pour la Grande Chartreuse avec mon réseau général antérieur se présentait d’une facon particulièrement intéressante. J'avais, en effet, d’une part, à faire franchir à mes visées le large fossé du Grésivaudan et, d'autre part, je ne voulais occuper à nouveau que le moins grand nombre possible de belvédères sur les territoires déjà décrits, c’est-à-dire sur les crêtes situées à l’Est de la vallée. Grâce à la
grande élasticité des méthodes de compensation, grâce aussi à un programme adoptant vingt réitérations dans les observations azimutales, je pus me contenter d’établir trois stations principales de départ, sur le sommet du Grand Rocher où j'avais déjà travaillé en 1903 eten 1905, sur le Crêt du Poulet et sur la crête de Brame-Farine. Par des visées rattachant le Pic du Frêne et le Rocher Blane aux autres directions prises de ces stations, j'allais me donner un nombre très important d’angles qui, par leur entrée simultanée dans des compensations de figures polygonales, pouvaient me dispenser de toute autre réoecupation de sommet, notamment au grand Pic de Belledonne, à la Grande Lance de Domène ou à la Belle-Étoile.
La traversée de la vallée de l'Isère, une fois effectuée, le problème de l’enchaînement était simplifié par la position presque forcée des belvédères principaux. Au Nord du massif, le Granier et lOutheran ; au milieu, la Sûre, le Grand Som et la Dent de Crolles; au Sud, la Pinéa, allaient constituer les six stations fondamentales du réseau, à l’intérieur duquel le Biolet, Chamechaude etle Charmant Som apporteraient encore l’appoint de visées d’un poids équivalent à celui de mes réseaux primaires habituels. Au Sud du massif de la Chartreuse, de l’autre côté de la plaine Grenobloise, je prévoyais, de plus, mon installation sur le sommet du Moucherotte, d’où j'achèverai mes liaisons avec la partie méridionale du massif de Belledonne et avec celui du Taillefer et d’ou, également, j’obtiendrai un grand nombre de directions sur la vallée du Grésivaudan qui s'étale tout entière en enfilade au pied de ce magnifique poste d'observation.
Enfin mes enchaïnements altimétriques devaient s'établir par deux lignes de base de nivellement, l’une dans la vallée même du Grésivaudan, grace aux repères du Service général du Nivellement situés le long de la route de Grenoble à Chambéry sur la rive droite de l'Isère, l'autre dans l’intérieur même du massif par un alignement pourvu également de ces repères et jalonné par le Sappey, Saint-Pierre-de-Char-
treuse et le Col du Cucheron.