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ARCHÉOLOGIE

Pat sir Ch. Lyell, Irad. M. Chaper. S* édilion, revue el annotée par E.-T. Hamy.

Paris, J.-B. Baiiiière et llls, 1870. l vol. in-8« de 592 pnees et 68 «s.

Le célèbre livre de sir Ch. Lyell sur l'ancienneté de Vhomme, traduit en français en 1863, s’était rapidement épuisé, et M. Lartet, professeur au Muséum, consulté par les éditeurs sur l’opportunité d’une nouvelle édition de cet important ouvrage, voulut bien désigner M. Hamy pour une révision du texte qui devait comprendre des annotations résumant les principaux faits acquis à la science de 1863 à 1870. Ces annotations ne pouvaient s’intercaler dans l’ouvrage anglais que lorsque l’auteur avait abordé, si brièvement que ce fût, une question à l’étude de laquelle elles venaient se rattacher. Or sir Ch. Lyell, développant souvent outre mesure ce qui se rapportait dans son sujet aux Iles-Britanniques, n’avait parlé que fort sommairement d’un grand nombre de choses trouvées sur le Continent et en France en particulier. Il devenait par conséquent difficile de placer au bas des pages quantité de notes intéressantes relatives à l’archéologie des temps primitifs et empruntées aux ouvrages postérieurs à 1863. Il n’y avait, du reste, dans le livre de Lyell, aucune espèce de considération sur l’histoire des découvertes relatives à l’ancienneté de l’homme, aucun essai de classification des stations primitives dont on retrouve les traces. Il était donc nécessaire d’ajouter aux nombreuses annotations dont le livre anglais s’enrichissait un supplément; c’est le volume

Précis de paléontologie bumaine.

Pari», J.-B. Baillière, 1870. 1 vol. in-S» de 37Ï paces et lU ilg.

Cet ouvrage est divisé en onze chapitres. Une introduction expose le point de départ de la nouvelle'science, en fixe les limites et discute les bases des classifications générales qu’on a proposé de lui appliquer.

Le chapitre 1" est une histoire fort complète et jusque-là bien ignorée des idées qui se sont succédé depuis l’antiquité jusqu’à nos jours sur l’ancienneté du groupe humain; l’auteur rappelle notamment les théories des anciens et celles des auteurs de la renaissance sur les céraunies, et rend plus particulièrement justice aux efforts de Jussieu, le créateur de tethnographie comparée. Les chapitres suivants développent ce que l’on savait ou croyait savoir, en '1870, de l’homme qui vivait aux époques géologiques antérieures à l’époque actuelle. L’auteur a cherché notamment à établir qu’il n’y a de classification possible pour les premiers âges que celle qui repose sur l’élude des modifications de la faune qui vit autour de l’homme. Il essaye de démontrer en outre que certaines catégories de faits réputés successifs pour d’autres archéologues ont été parallèles, tels ceux qu’on a recueillis dans certaines alluvions quaternaires des grands fleuves ei dans les cavernes les plus anciennes du Périgord.

Enfin il s’appuie constamment sur l’examen des choses actuelles pour en tirer des lumières qui viennent éclairer l’ethnographie des peuples primitifs. C’est ainsi qu’il accentue les analogies, d’une part entre les instruments en pierre des premières époques et ceux des tribus australes d’aujourd’hui; d’autre part, entre l’industrie des Troglodytes de la Vézère et celle des sauvages actuels des régions les plus septentrionales du globe.

ClassiBcation des temps primitifs.

La classification de Lartet, basée sur l’étude de la faune, est la seule qui réponde aux besoins de la science, la faune quaternaire se composant à la fois d’animaux aujourd’hui éteints et d’animaux émigrés en altitude ou en latitude, vers le nord ou vers le sud; il y a eu successivement, pendant les siècles

qui forment la période correspondante ; prédominance des premiers (mammouth, etc.), prédominance des seconds (renne, etc.), et enfin extinction des premiers; d’où trois âges dans lesquels il est toujours facile de trouver une place aux stations dont on cherche à établir l’ancienneté relative.

Examen et discussion de quelques faits particuliers qui montrent l’étude des silex taillés des temps primitifs, subordonnée à celle de la faune qui les accompagne.

BuU. Sûc. à'anlkrop, de Paris, 2« sér., t. VI, p. iOZ-iOi. 1871.

De Textension géographique des populations primitives en Belgique

Étude détaillée d’un certain nombre de faits relatifs à l’archéologie primitive du nord de la France, à l’aide desquels l’auteur arrive notamment à délimiter d’une manière précise sur la carte l’extension septentrionale des tribus contemporaines des grands animaux éteints qui vivaient sur cette partie de notre sol et dont le centre principal était la vallée de la Somme, où Boucher de Perthes a le premier découvert leurs grossiers instruments. Les quinze années qui se sont écoulées depuis la publication de cette carte n’en ont presque en aucune façon modifié les contours.

Notes d'anthropologie paléontologlque prises 4 l’exposition du Havre.

Mêmes études relatives au département ,de la Seine-Inférieure, provoquées par la Société de géologie normande, à l’occasion de l’exposition organisée par cette société pendant le congrès scientifique du Havre de 1879.

Gaule. Temps primitifs. Distribution géographique des silex taillés

Cette carte, exécutée pour la Commission de la topographie des Gaules, résume les recherches mentionnées ci-dessus et un grand nombre d’autres. Elle montre notamment que les premiers habitants de notre sol étaient principalement groupés dans les bassins des coui-s d’eau tributaires de la Manche. Les vallées des rivières qui se déversent dans le golfe de Gascogne étaient moins fréquentées et la vallée du Rhône n’offrait, semble-t-il, qu’un assez petit nombre de stations.

Carte de TEurope pendant la période glaciaire.

Un fait très remarquable ressort de l’examen de cette carte. Les localités qui y sont indiquées et où l’homme se montre pour la première fois, que ce soient des stations enfouies aujourd’hui dans les graviers ou les limons anciens de nos rivières, ou des habitats archaïques dans les antres ou les cavernes, ces localités sont en grande majorité distribuées le long de la ligne qui limite vers le sud l’extension des grands phénomènes glaciaires et affectent avec cette ligne les relations les plus étroites.

Sur les silex taillés de Chatillon, près Boulogue.

Ces diverses notes ont pour but de montrer le parallélisme entre les pièces de diverses natures (pierres taillées, os travaillés, etc.) recueillies dans les alluvions superficielles ou loess supérieur du nord de la France et celles dont la présence a été constatée dans les abris sous roche et les grottes de la

Véïère, etc. Les deux ordres d’observations se rapportent à une même époque, celle où prédomine la faune des animaux émigrés, ïâge du renne.

Notice sur une petite grotte fouillée dans cette commune en 1870.

à Équihen (Pas-de-Oalals).

Ce tumulus, dontM. Hamy a conduit les fouilles, a montré superposé un dolmen entouré d’un cromlech indbmplet, un cairn où avaient eu lieu des incinérations, enfin des sépultures eu pleine terre, identiques à celles que les Danois attribuent 'à leur premier âge du fer.

Résumé des recherches faites par les deux auteurs en 1865,1866 et 1867 dans les buttes dites CronqueleU, situées tout près des dernières maisons du quartier de la Marine, à Étaples. Ces buttes sont composées d’une série de couches horizontales de coquilles (bucardes, moules, etc.), de sables et de petits lits de charbons. On y trouve de la poterie, des ossements, quelquefois des silex travaillés. Il est probable qu’il faut attribuer l’origine des Cronquelets à l’habitat prolongé de populations antérieures en partie à l’occupation romaine, qui y a aussi laissé son empreinte. Ce seraient des dépôts analogues aux débris de cuisine (kjœkkenmmddings) du Danemark.

ExposHtoD universelle de 1878 (Commission de la topographie des Gaules).

« C’est un document très important, complètement nouveau, dit le Catalogue rédigé par M. A. de Barthélemy, secrétaire de la Commission (p. 10), et qui permettra de fixer exactement le mouvement d’invasion des populations germaines, a On y trouve la vérification du fait si curieux de la submersion du littoral flamand après l’époque romaine, découvert par les géologues du Nord,et des renseignements très précis sur la localisation exacte des diverses

tribus franques établies en Picardie, en Normandie, dans l’Ile-de-France, le Maine, la Bourgogne, aux bords du lac Léman, etc. »

Doenments inédits sur les bougors du gouvernement de Tomsk (Sibérie).

On nomme bougors, en Sibérie, des tumulus renfermant des chambres de pierre, d’un travail plus ou moins soigné, où ont été le plus souvent inhumés des cavaliers avec leurs chevaux. i

Les bougors du gouvernement de Tomsk, décrits dans cette note, avaient été fouillés par un savant russe, Gouliæff. mais les documents confiés par cet archéologue à Meynier étaient restés inédits. Ils permettent de constater l’existence dans cette contrée de deux âges métalliques antérieurs à la connaissance du fer, et qui seraient caractérisés, non seulement, comme le pensait Pallas, par des industries différentes, mais encore et surtout par l’emploi exclusif de métaux distincts, le cuivre d’une part et le bronze de l’autre. Le fer, lorsqu’il apparaît en Sibérie, y est associé au cuivre et non pas au bronze.

Le Nil a été soumis, aussi bien que les autres fleuves circumméditerranéens, à un régime assez différent de celui qui domine actuellement dans la vallée. C’est sa période quaternaire, caractérisée par des phénomènes comparables à ceux que l’on a si bien observés dans nos vallées occidentales.

A cette période semblent devoir se rapporter certains témoins de l’existence de l’homme, tels que les ossements humains des calcaires lacustres de Duntai, découverts par Russegger, ou les silex taillés, si semblables à ceux des alluvions de la Seine ou du Waveney, trouvés à diverses reprises en Egypte par MM. Hamy, John Lubbock, Haynes, etc.

Les silex rencontrés en grande abondance sur les hauts plateaux de Qournah par MM. Hamy et F. Lenormant, rappellent plutôt les types de nos cavernes de l’âge du renne. Ceux qu’avaient antérieurement ramassés MM. Ar-

celin et de Murard, ceux que M. Hamy a découverts aux environs d’Abydos, sont bien moins anciens et peuvent appartenir aux époques historiques, comme le pensait Mariette.

à £1-Hadj Mimoun, près de Figuig.

fig. 87-91.1882.

Les figures et les inscriptions commentées dans cette note ont été copiées à El-Hadj-Mimoun, près Figuig, par MM. les capitaines Boucher et Tournier. Elles offrent cet intérêt exceptionnel de donner la preuve matérielle de l’antériorité de dessins d’animaux semblables à ceux que MM. Koch, Jacquot, Duveyrier avaient déjà publiés, par rapport à des inscriptions d’une physionomie spéciale et que l’on considère généralement comme devant suivre de plus ou moins près, dans la chronologie épigraphique africaine, celles queM. le général Faidherbe a si heureusement appelées du nom de numidiques et qui sont contemporaines de la domination romaine en Algérie. Cette découverte démontre que quatre séries de documents épigraphiques se sont succédé au Sahara dans l’ordre suivant: la première série représente des animaux en partie disparus aujourd’hui de la région, éléphants, rhinocéros, girafes, antilopes; c’est celle à laquelle appartiennent les premières figures d’El Hadj Mimoun. La seconde série comprend les inscriptions que M. Duveyrier a nommées ntpeslres; les rupestres d’El Hadj Mimoun sont les plus anciennes de cette nature et doivent se placer à leur tête dans l’ordre chronologique, à peu de distance des numidiques. La troisième et la quatrième série sont formées d’inscriptions, relativement modernes, en caractères touareg et arabes.

Les preuves de l’ancienneté de l’homme et de sa coexistence avec les mammifères éteints sont les mêmes dans le nouveau monde que dans l’ancien, et ce n’est pas le côté le moins saisissant des découvertes faites dans les terrains quaternaires des Etats-Unis et du Mexique, que celui qui nous y fait voir l’humanité placée dans des milieux à peu près semblables à ceux où elle vivait en Europe, aborder avec des moyens presque identiques la lutte pour la vie.

M.Hamy fait connaître et commente des observations médites de MM. Franco, Boban, Pinart, etc., et étudie les traditions précolombiennes relatives aux

Les mémoires de M. Aubin sur les hiéroglyphes nahuatls ont été, avec les recherches archéologiques de Longpérier, le point de départ du renouvellement des études sur l’ancien Mexique. Or, ces mémoires de M. Aubin n’avaient été donnés que d’une façon incomplète. Il a donc paru nécessaire d’en éditer un texte définitif en tête du volume de la Mission scientifique du Mexique, consacré aux travaux historiques relatifs à ce pays. M. Hamy, chargé de faire imprimer cette édition, a placé en tête une introduction qui fait connaître avec détail la part très large qui revient à la France dans la conquête scientifique du Mexique. Des noms français surgissent à chaque page dans la nomenclature des missionnaires, des explorateurs et des historiographes de ce pays, au seizième et au dix-septième siècle. Botturini et Dupaix étaient d’origine française, et de nos jours, ce sont des Français encore qui ont renouvelé les sources de l’histoire et de l’archéologie mexicaines. Ces remarquables résultats, obtenus dans des conditions généralement défavorables, n’avaient pas manqué de frapper l’esprit judicieux du savant ministre qui imprimait alors en France aux études supérieures un élan si vigoureux. M. Duruy sut profiter des circonstances politiques qui ouvraient à nos savants de tout ordre un pays que leurs prédécesseurs avaient si puissamment contribué à faire connaître, et il institua cette Commission scientifique du Mexique, dont les travaux historiques et archéologiques vont enfin pouvoir être publiés.

I,es Toltèqnes.

Contérenoe du 25 mors 1882, faite ii la Sorbonne (Aaeocialion aeienlillqne de France.

BulUlin kebdomidalre, a" 118).

Les Toltèques, dont la marche vers le sud, à travers le Nouveau Monde, coïncide de la manière la plus frappante avec les grands mouvements de peuples qui signalent, dans l’Ancien Monde, le commencement du cinquième

siècle de notre ère, ont été les premiers civilisateui-s de l’Amérique. Ils ont laissé, principalement à Tollan ou Tula, et à Téotihuacan, leurs capitales, des monuments remarquables que l’auteur interprète, en insistant plus particulièrement sur les monuments céramiques, qu’il classe en deux groupes, caractérisés, le premier, par le modelage à la main des pièces et le pastillage des détails surajoutés en application ; la seconde, par le poussage dans des creux façonnés eux-mêmes à l’aide de la terre cuite.

Le plus important des monuments toltèques recueillis pour le Musée d’ethnographie par M. D. Charnay est une grande dalle de grès portant l’image d’une sorte de croix qui reposerait sur une espèce de socle. L’étude attentive de ce symbole montre qu’il ne représente autre chose que le symbole qui couvre habituellement la bouche du Dieu Tlaloc et qui combine l’image de la nuée et celle de la pluie qui s’en échappe. C’est la cruz de la Iluvia des premiers conquérants du Mexique, l’emblème religieux qu’invoquaient les indigènes visités par Hernandez, Giijalva, etc. M. Hamy groupe autour du symbole divin des insignes du Dieu de la pluie les autres symboles, également cruciformes, consacrés au Dieu du vent, Quetzalcoatl, tels que la croiæ ■des serpents par exemple, et montre qu’aucune de ces croix ne peut être considérée comme la croix chrétienne, ainsi qu’on l’a quelquefois supposé.

Commentaire sur un bas-relief aztèque de la collection Uhde.

Tlaloc, Dieu de la pluie, est la première divinité connue du plateau mexicain ; on s’explique aisément, du reste, que les indigènes des terres froides aient eu, pour un dieu qui faisait pleuvoir, une vénération toute spéciale. Dans toute cette région, en effet, fort élevée au-dessus de la mer, l’évaporation est très rapide, le sous-sol poreux laisse très facilement s’infiltrer les eaux, et quoique les pluies soient généralement abondantes, la sécheresse menace très fréquemment les cultures, sur la prospérité desquelles repose presque toute l’alimentation populaire. L’eau du ciel est donc l'élément

le plus nécessaire, et le dieu qui passe pour en être le dispensateur prend nécessairement le pas sur tous les autres. Aussi, Tlaloc a-t-il été, dès la plus haute antiquité, l’objet d’un culte très assidu et très compliqué.

Le mémoire dont on a lu plus haut le titre est consacré à en faire connaître quelques-unes des cérémonies à l'occasion d’un bas-relief aztèque, découvert par Uhde, figuré par Waldeck et dont la signification avait échappé jusqu’à présent aux archéologues. M. Hamy démontre que ce monument représente un grand prêtre de Tlaloc accomplissant une des cérémonies les plus caractéristiques du rituel de son dieu, au cours du mois de etzalqnalizth.

Chacun des insignes du personnage est attentivement étudié, et l’auteur restitue notamment dans ses détails le curieux instrument dit mjacackica l il

L’auteur de ce mémoire montre que les stations découvertes par M. Charnay dans le massif du Popocatepetl sont de deux ordres êt de deux époques. L’une, Tenenepanco, est un cimetière spécial creusé à une très grande altitude et destiné à inhumer les débris des jeunes victimes immolées en l’honneur des divinités des eaux; les caractères de ce cimeuere sont archaïques et il est certainement antérieur à la période aztèque. L’autre station, Nahualac, un peu moins élevée dans la montagne, est un lieu d’offrandes, fréquenté à la même époque que le cimetière de Tenenepanco, par les sectateurs de Tlaloc et consacré plus tard, sous la domination des Aztèques, au culte de Tezcatlipoca.

Le petit monument à l’étude duquel est consacrée cette notice est une tablette d’obsidienne polie, d’un travail fort soigné, portant gravé un hiéroglyphe compliqué. L’auteur y lit la date ckiconaui panquetzaliztli naui acatl, neuvième jour du mois du déploiement du drapeau, de Tannée 9 roseau, et montre que ce jour étant la date de Tune des fêtes fixes du dieu Huitzilopochlli,

auquel était consacré le grand temple de Mexico et l’année 9 rosean coïncidant avec l’an de notre ère "1483, où fut posée la première pierre de cet édifice sacré; le monument du musée du Trocadéro, travaillé d’ailleurs d’une façon tout exceptionnelle, n’est autre que cette pierre même posée par l’empereur Tizoc, le 9 décembre 1483. On sait que le musée national de Mexico possède la plaque sculptée en bas-relief qui commémore l’achèvement du même monument consacré le 19 février 1487.

Les statues de Tehuacan de las Grenadas.

Revue d'eiknographie, t. VI, p. 150-1 CO, fig. 20-23. 1887.

Ces deux statues, de même taille, de même matière, de même travail, conservées au musée de Mexico, portent à la nuque des hiéroglyphes qui n’avaient pas été vus par les archéologues qui les ont examinées. Ces hiéroglyphes se lisent Chieuei Miqmztli et Nauhecatl. Or, ce sont les noms de deux jours, le quatrième et le huitième de la septième treizaine du Tonalamatl (calendrier astrologique), treizaine placée plus spécialement sous l’influence de Nauhecatl, le maître des quatre vents du ciel. Il est vraisemblable que les deux pièces de Tehuacan faisaient partie d’une série de treize statues de même style, décorant un téocelli consacré à Quetzaooatl-Ehecatl, adoré spécialement .sous sa forme de Nauhecatl.

Il est question, dans cette note, d’objets, indéterminés jusqu’ici, en pierres vertes découpées, perforées et polies, que M. Hamy, s’aidant d’un des dessins du Codex Ramirez, montre n’être autre chose que des sommets de bâtons de pontifes aztèqnes.

Les horribles sacrifices qui entraient pour une si large part dans les rites religieux des Aztèques avaient pour épisode final l’exposition des têtes des victimes, qui s’accumulaient en divers endroits des temples spécialement destinés à les recevoir (tzompanllî). Andresjde Tapia a calculé que le nei tzom-

pantli de Mexico contenait, au moment de la découverte, 136000 têtes. M. Hamy étudie la construction du tzompantli à l’aide de documents peu connus, tels qu’une gravure espagnole du temps de la conquête, qui montre Mexico assiégé par Cortez, ou des hiéroglyphes tirés de diverses mappes indigènes (coll. Aubin, etc.).

Kwue d-elhmgrafUe, t. IV, p. U-22, «g. 33-37. 1885.

Les recherches poursuivies par M. Alex. Bertrand sur certains monuments anciens de l’Europe occidentale l’ont conduit à attribuer les symboles qui les particularisent, croix gammée, roue, etc., à des influences religieuses dont il est allé chercher avec raison la source jusque dans l’extrême Orient. M. Hamy s’est proposé de montrer dans ce travail que les mêmes signes ont franchi le Pacifique sous des influences toutes semblables à celles que M. Bertrand vient de mettre en lumière en ce qui concerne l’Europe et qu’il s’est conservé, dans les pratiques religieuses de certaines tribus du nôuveau monde, des traces bien manifestes de l’intervention des disciples de Çakya Mouni.

Entre autres objets antiques, découverts par Galindo dans les ruines de Copan (Honduras), figurait un autel de pierre dont la surface, régulièrement convexe, portait une ligne sinueuse. L’antiquaire américain n’avait dessiné le monument que de profil ; une vue d’en haut, due au capitaine Toufilet, a permis à M. Hamy de reconnaître, dans la ligne en question, le tracé delà courbe symbolique, vénérée des Chinois sous le nom de tài-ki. Signaler la présence d’un tel symbole à Copan, dans cette ruine où l’on a déjà relevé tant de manifestations d’un art 'étrange et curieux, parfois apparenté de près à ceux de l’extrême orient du vieux monde, c’est fournir une n ouvelle preuve très sérieuse à l’appui de l’opinion qui fait venir d’Asie l’un, au moins, des courants civilisateurs dont l’Amérique a ressenti l’influence. C’est, de plus, fixer à ce monument de Copan une date au-delà de laquelle son érection serait invraisem-

blable, puisque c’est seul ement sous les Songs (1126-1278) que la doctrine, très ancienne d’ailleurs, qui fait du tài-ki le principe de toutes choses, a commencé à se répandre largement en Chine. C’est donc au treizième siècle, au plus tôt, qu’on pourrait faire remonter le monument qui le représente à Copan.

Les objections présentées, à l’occasion de la lecture de la note précédente, étaient surtout tirées de la comparaison du signe interprété avec le serpent. M. Hamy montre que le serpent ne se présente jamais sous la forme d’un S dans les monuments du Nouveau Monde.

Une autre objection était fondée sur l’étude du tài-ki moderne des Chinois, qui diffère de l’ancien par ses points de pénétration. M. Hamy étudie à cette occasion les diverses transformàtions du taï-ki, depuis celui des vases clair de lune, de l’époque des Songs, jusqu’à celui du vêtement de l’officiant de la messe taoique, tout récemment copié à Emoui par M. J.-J.-M. de Groot.

Un bloc, tiré des bancs ossifères du port du Moule, à la Guadeloupe, envoyé jadis par Donzelot, n’avait pas été dégrossi. Cette pièce, dégagée par M. Hamy, contient un bijou caraïbe en pierre verte, en forme de grenouille, fixé audessous du maxillaire inférieur. On peut donc assurer que les anthropolithes de la Guadeloupe, considérés quelquefois comme fossiles, appartiennent à une formation toute récente et sont postérieurs aux invasions des Caraïbes dans les Petites Antilles.

Ces recherches ont amené des découvertes importantes sur l’archéologie des Petites Antilles et de la Guadeloupe en particulier. L’auteur les fait connaître à l’aide de documents inédits qu’il tient de M. Guesde, en insistant surtout sur l’existence constatée dans cette île de silex taillés, dont la roche ne peut venir que de Terre Ferme.

Roulin et Boussingault avaient recueilli des faits extrêmement curieux se praportant au négoce de certains Indiens le long du coui's de la rivière Meta. La découverte dont il est question ici met en évidence des relations plus anciennes et tout à fait de même ordre entre les Antilles et le bassin supérieur de rOrénoque.

Une hachette en pierre tout à fait semblable à celles de la Guadeloupe a été trouvée dans un tombeau des environs de Guano et prouve des relations anciennes entre les peuples de l’équateur et ceux des bords du golfe du Mexique.

Étude générale des instruments à fumer, de forme tubulaire, employés par les anciens Indiens du Nouveau Monde depuis la Californie et le Mississqti jusqu’à Palenqué et au Condinamarca.

Un oaballito péruvien.

Etude de l’engin de navigation, encore usité à la côte péruvienne sous le nom de caballüo et que les Yuncas et les Quechuas employaient déjà sous les Incas et ont quelquefois figuré dans leur céramique. Description d’un vase en forme de cahallito qui fait partie de la collection Droullion au Musée du Trocadéro.

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