GÉOGRAPHIE, ETHNOGRAPHIE
Étude d’ensemble du plus ancien monument géographique que l’on possède représentant avec quelque précision le monde connu. Cette étude, qui sera développée dans un volume spécial que l’auteur prépare pour la Collection de voyages et de documents de MM. Schefer et Cordier, montre notamment que le cartographe Angelino Dulcert, de Majorque, est, jusqu’à présent, le premier qui ait décomposé l’horizon en 32 rumbs de vent (on attribuait ce perfectionnement aux Pizzigani), et qui ait mentionné un certain nombre de découvertes réputées bien postérieures, telles que celle des deux îles les plus septentrionales de l’archipel Canarien. Les cartes plus anciennes, telles que celles de l’anonyme pisan, de Pedro Vessconte, etc., ne dépassaient guère, d’ailleurs, les côtes de la Méditerranée, tandis que celle de Dulcert embrasse la plus grande partie de l’Europe et des portions considérables de l’Asie occidentale et de l’Afrique septentrionale.
Gabriel de Valseoha, oosmographe majeroaln du quiazième siècle. Mémoire lo i l’Académie des inscripUons et belles-lettres dans sa séance du 80 octobre 1885.
Gabiiel de Valsecha fut un des cartographes les plus habiles du quinzième siècle, et le cabinet du comte de Monténégro, à Palma, possède, de sa main,, une mappemonde exécutée en 1439 pour Amerigo Vespucci, et qui fut payée 130 ducats d’or. M. Hamy expose ce que l’on sait de ce monument, d’après des notes inédites de J. Tastu. Puis il fait connaître un portulan du même Valsecha, qu’il a découvert et qui a été exécuté en 1447 pour un membre de
la célèbre famille des Lauria, dont il porte les armes. Le mémoire se termine par la comparaison de la nomenclature géographique de cette seconde carte avec celle de l’atlas Catalan de -1375, de la Bibliothèque nationale.
Comité des travaux historiques et scientifiques. Bull, de géogr. histor. et descript.
Cette mappemonde a ceci de particulièrement intéressant, que c’est la plus ancienne , des pièces de ce genre qui constate la découverte de la route des Indes par Vasco de Gama; elle n’est, du reste, postérieure que de quatre ans au voyage de l’illustre Portugais. Les côtes du continent africain y sont étudiées avec un soin tout particulier, et la nomenclature en est extrêmement riche (255 noms y ont été relevés depuis Tanger jusqu’à Melinde, en passant par le Cap de Bonne-Espérance). L’Inde prend une forme qui commence à se rapprocher de ses contours réels, et les premiers linéaments de l’Amérique apparaissent relativement exacts. Ce sont, d'une part, le littoral du Labrador, découvert en 1500 par Cortereal, et Terre-Neuve, vue en 1501 par le même navigateur ; de l’autre, Cuba, la Jamaïque, Haïti, les Lucayes et la plus grande partie des îles Caraïbes, la Terre Ferme depuis l’Oyapok jusqu’au-delà de la Goajira, enfin les côtes du Brésil {Terra Sanctm Crucis) de l’équateur au 32' degré, c’est-à-dire tout ce qu’ont visité, à la date de 1502, Colomb, Hojeda et Coelho.
O (1629), conservée ai
ux historiques et scientifiques. — Bti
Cette mappemonde de Ribero, qui n’était connue que par un court article de la Gazetta letteraria universale de mai 1796 et deux petites notes de Hommaire de Hell et de Thomassy, vient d’être éditée à Londres, à la suite de l'Exposition coloniale et indienne, à laquelle elle avait été prêtée par autorisation du souverain pontife. M. Hamy, chargé de rendre compte de cette publication, dont un exemplaire avait été adressé à la section de géographie du comité, lui a consacré une notice, dans laquelle il a réuni tout ce
que l’on sait de l’auteur, et où il a comparé la mappemonde de Rome à une autre mappemonde conservée à Weimar et signée aussi de Diego Ribero. Il a montré que la carte de Rome n’est qu’une seconde édition simplifiée, mais embellie, de celle de Weimar, exécutée pour Agostino Chigi, intendant des finances de Jules II et l’un des plus célèbres amateurs d’art de la première moitié du seizième siècle.
Bull. Soc. de géographie, 6» aér., t. XIV, p. 449-188 et carte. 1877.
L’étude attentive des anciennes cartes de la Nouvelle-Guinée et de celle en particulier dont Frémont d’Ablancoürt s’était procuré une copie en Portugal, et qui fut publiée par Mortier en 1700, a permis à M. Hamy de reconstituer les itinéraires des navigations poursuivies sur les côtes de cette grande terre, depuis 1528 jusqu’à 1606, par Ménesès, Saavedra, Grijalva, Ortiz de Retes et enfin Luis Vaes de Torres. La marche de ce dernier, dont on ne connaissait qu’un récit très bref, rédigé à Manille en 1606, a pu être suivie pour ainsi dire pas à pas, grâce aux noms de lieux empruntés au calendrier que portent les côtes méridionales de la Nouvelle-Guinée dans la carte de d’Ablanoourt. Ces noms de saints se succèdent en effet de l’est à l’ouest dans un ordre régulier et correspondent aux dates probables des séjours des navires de Torrès dans les localités qu’ils servent à désigner. Les résultats obtenus par cette méthode ont été confirmés jusque dans leurs détails par la découverte postérieure, aux archives de Simancas, des cartes de l’expédition dessinées par Diego de Prado.
Cette étude est consacrée à un personnage fort curieux de la fin du seizième siècle (1563-1619 ?) auquel on a attribué pendant quelque temps la découverte de l’Australie, quoiqu’il ait simplement signalé une terre que M. Hamy croit correspondre à Sumba, l’une des îles les plus orientales de l’archipel de la Sonde.
Godinho a beaucoup écrit, mais son principal manuscrit, qui appartient à
la Bibliothèque nationale de Paris, est encore inédit. C’est dans ce manuscrit que se trouvait le Svmario da Vida, qui a servi de base à la biographie de Godinho, écrite par M. Hamy, et VInformaçam da India Méridional, commentée par l’auteur et où se trouvent exposées diverses découvertes accidentelles faites dans les mers du Sud et qui semblent se rapporter à l’île de Saint-Paul, à la Nouvelle-Zélande et à l’ile de Sumba.
Le nom de Godinho n’est pas celui d’un descobridor du continent austral, comme M. Major l’avait pensé ; mais il s’y rattache la connaissance d’un certain nombre de choses intéressantes, relatives à l’évolution des sciences géographiques au commencement du dix-septième siècle, et, à ce titre au moins, il paraît devoir légitimement occuper une petite place dans l’histoire des découvertes australes.
Le savant hydrographe Alexandre Dalrymple, que de nombreux voyages et de longues études spéciales avaient rendu particulièrement habile dans l’art nautique, ambitionnait le commandement de la grande expédition de découvertes organisée par l’Amirauté Britannique à l’occasion du passage de Vénus sur le soleil (1769). Sir Edward Hawke lui préféra un ancien maître, que ses aptitudes avaient fait élever au grade d’ingénieur de la marine pour Terre-Neuve et le Labrador. C’était James Cook, qui devait si vite et si brillamment justifier la confiance de ses chefs. Dalrymple, blessé dans son amour-propre, déçu dans ses légitimes espérances, ne pardonna jamais à son heureux rival la préférence inattendue dont il avait été l’objet, et l’on peut dire sans exagération que, dans sa longue carrière, il n’a pas perdu une occa-. sion d’amoindrir l’homme ou de rapetisser son oeuvre. C’est l’histoire de cette lutte de Dalrymple contre Cook que M. Hamy a prise pour sujet de la dissertation qu’il a lue à la Société de géographie le jour de la célébration du centenaire de la mort de l’illustre navigateur. Ce travail a été composé à l’aide de mémoires fort rares et peu connus, retrouvés principalement au Dépôt de la Marine.
Catalogue descriptif et méthodique de l’exposition organisée par la Société de géographie à i’occasion dujcentenaire de la mort de Cook.
BuU. Soc. di giografUt, 6" sér., t. XVII, p. «4-480. 1879.
Chargé, comme secrétaire annuel de la Société de géographie, d’organiser, à l’occasion de la commémoration du centenaire dont on vient de parler, une exposition des documents se rapportant à James Cook, à ses collaborateurs, aux pays qu’il a découverts, etc., M. Hamy a rédigé un catalogue descriptif des trois cent cinquante pièces prêtées pour cette solennité et qu’il avait ainsi méthodiquement divisées :
r Documents -personnels à Cook, tels que portraits, biographies, objets ayant appartenu au grand navigateur, herminette que l’on croit avoir servi à l’un des Kanakes qui l’ont tué, etc.;
2° Œuvres de Cook, cartes originales et journaux manuscrits prêtés par l’Amirauté britannique, diverses éditions des voyages, planches, etc.
3° Œuvres des collaborateurs de Cook, cartes originales de Pickersgill, aquarelles et dessins de Hodges, de Weber, de Davies, herbier de Forster, etc.
4“ Documents ethnographiques sur les pays découverts par Cook, Australie, Polynésie centrale, Cook’s Inlet, etc. ;
5“ Documents spéciaux sur la géographie, l'ethnologie, etc., des îles Hawaii, théâtre de la -mort de Cook, cartes de l’archipel dressées à diverses époques, photographies, lithographies, dessins de sites hawaïens, collections de portraits, idoles, poteaux de mardi, armes et ustensiles, divers livres imprimés à Hawaii, etc.
Une partie de ces précieux documents étaient demeurés inconnus aux historiens de Cook.
L’un des secrétaires du Congrès et l’un des rapporteurs du jury de l’exposition qui avait lieu à la même époque au pavillon de Flore, M. Hamy a publié les procès-verbaux de l’un des groupes, qui contiennent, entre autres
choses, l’analyse de plusieurs communications qu’il a faites sur les lignes de Wallace, les populations nigritiques de l’Inde, etc.
Il a aussi rédigé pour le jury un rapport qui fait connaître les progrès les plus récents accomplis en France et dans les principaux États de l’Europe, dans le domaine de la géographie ethnique.
Nommé membre de la commission des prix de la Société de géographie, M. Hamy, qui avait été déjà attaché comme rapporteur à cette commission en 1882, a été maintenu dans cette fonction depuis 1884 et chargé chaque année de l’une des notices présentées à l’assemblée générale.
Ces rapports, au nombre de cinq, sont consacrés aux explorations de M. Montano dans la péninsule de Malaoca et l’archipel des Philippines (Prix Logerot. M. Montano, 1882); aux travaux archéologiques et géographiques de M. Charnay au Mexique et dans le Yucatan (Prix Logerot. M. Charnay, 1884) ; au Recueil de voyages et de documents pour servir à l'histoire de la géographie depuis le treizième jusqu'à la fin du seizième siècle de MM. Ch. Schefer et H. Cordier (Prix Jomard. M. Ernest Leroux, 1885) ; aux voyages de M. Alfred Marche dans l’archipel des Philippines (Prix Logerot. M. Alfred Marche, 1886); enfin à la biographie de Tavernier, par M. Ch. Joret (Prix Jomard. M. Ch. Joret, 1887).
Secrétaire de la section de géographie historique et descriptive du Comité des travaux historiques et scientifiques, M. Hamy publie, depuis novembre 1886, le bulletin de cette section, dans lequel il a inséré un certain nombre de communications, dont les principales sont analysées ci-dessus.
Celte revue, fondée le 1" janvier 1882, sous la direction de M. Hamy, avec la collaboration de plusieurs membres de l’Institut et d’un certain nombre
d’écrivains spéciaux, recevait, dès 1884, le patronage du ministère de l’instruction publique. Elle est aujourd’hui l’organe officiel du musée d’ethnographie du Trocadéro.
Le directeur a fourni pour sa part à la rédaction du recueil 21 mémoires originaux, plus de 120 analyses d’ouvrages nouveaux ou comptes rendus d’Académies et de Sociétés savantes, 30 descriptions de musées et de collections publiques ou privées et une centaine d’articles, de moindre étendue. Chacun des numéros se termine par une bibliographie qui compte en ce moment dix-huit cents numéros environ.
appartenant au ministère de l’instruction publique.
Ce mémoire, rédigé par M. Hamy, rapporteur de la commission du musée d’ethnographie, a été présenté à M. le ministre de l’instruction publique le 26 janvier 1880. Il fait connaître l’histoire des tentatives faites, depuis un siècle, au Muséum, au Louvre ou à la Bibliothèque nationale, pour organiser ce musée spécial, qui n’est point seulement utile à la connaissance des races humaines considérées sous leurs aspects les plus divers, mais peut contribuer en outre, dans une large mesure, au progrès des sciences naturelles et est appelé à fournir des renseignements parfois fort précieux aux économistes, aux commerçants, aux industriels, aux artistes. Le rapport se termine par un coup d’œil rapide sur les collections recueillies jusqu’en décembre 1879.
Aucune des grandes expositions, générales ou spéciales, qui se sont succédé dans ces dernières années, n’a offert pour les hommes de science un intérêt comparable à celui que présentait la Colonial and Indian Exhibition, • ouverte à South Kensington, en mai 1886. M. Hamy est allé l’étudier dans tous ses détails, et en a rapporté ce petit volume qui résume tout ce qu’il a pu se procurer de renseignements nouveaux sur les indigènes si divers qui ont peuplé ou peuplent actuellement les colonies anglaises. L’ouvrage est divisé en cinq
chapitres consacrés aux colonies australiennes, africaines, américaines, tiques et à l’empire indien.
Sous ce titre, emprunté à un livre bien connu de M. A. Maury, l’auteur expose rapidement ce que l’on sait de la distribution géographique des races humaines à la surface du sol depuis les temps les plus anciens. L’homme était bien plus largement réparti à la surface du globe dans les temps primitifs qu’on ne le croit généralement, et les influences de milieu, bien plus accentuées à ces époques lointaines qu’elles ne le sont devenues depuis, ont imprimé à ces premiers groupes ethniques des caractères bien arrêtés.
Grâce à ces caractères acquis par l’homme dans ses premiers habitats et aujourd’hui étudiés avec un très grand soin par les spécialistes, on se rend un compte assez exact de la distribution des races primitives, et l’on peut constater que ces races ont, dès l’origine, accompli des voyages énormes à la surface du globe. Aussi la géographie ethnologique est-elle bien plus compliquée qu’on ne l’a longtemps soupçonné.
La classification de l’homme dans les trois grands groupes cuviériens (devenus les trois troncs de M. de Quatrefagos) est certainement demeurée vraie^ mais il faut introduire dans chacun de ces groupes des coupures très nombreuses, décomposer ces troncs en une très grande quantité de branches. C’est le rôle des anthropologistes et des ethnographes, rôle parfois bien difficile^ puisquhl exige le concours de connaissances étendues empruntées tout à la fois aux sciences naturelles et aux sciences historiques. C’est à l’union de plus en plus étroite de ces deux ordres de sciences que sont dus tous les progrès de l’ethnologie moderne.
Première leçon du cours professé sur ce sujet au Muséum d’histoire naturelle en i 883. L’auteur résume les idées qui ont successivement prédominé depuis la rénovation des études historiques sur l’origine des diverses couches ethniques qui se sont superposées en Europe, et insiste sur la nécessité d’associer les
efforts des historiens et des linguistes, des archéologues et des ethnographes, si l’on veut parvenir à élucider, du moins en partie, les problèmes de nos origines. L’enquête ethnologique, si patiemment conduite depuis une vingtaine d’années en France et à l’étranger, ne peut que gagner à se trouver rapprochée de celles que les linguistes, les archéologues, les historiens poursuivent, chacun de leur côté, dans les divers pays de l’Europe, et ces derniers seront souvent bien étonnés de voir leurs recherches confirmées d’une manière aussi satisfaisante par celles des ethnologues.
Les pratiques traditionnelles relevées dans cet article se rapportent principalement à la captation des essaims, qui reproduit presque exactement aujourd’hui la description des Géorgiques, à la bénédiction des ruches, à l’audition des ruches, à l’éteignage, etc. Les éleveurs rustiques n’ont encore aujourd’hui dans leur pratique que les procédés de l’antiquité, et leurs connaissances zoologiques ont les mêmes limites que celles des paysans de Virgile.
Bull. Soc. d'aulhrop. de Paris, » sér., t. X. p. 3<-36. 1879.
Les quelques rares représentations que l’on possède du type chaldéen diffèrent profondément de celles qu’on rencontre sur les monuments assyriens. Mardouk Idin Akhé, notamment, est un personnage court de taille, trapu et robuste, avec une figure ramassée, un nez petit, relevé vers la pointe; des pommettes haut placées et un peu saillantes, qui appartient bien plutôt au type fînno-ougrien qu’au type sémite. (Cf. Lenormant, la Langue primitive de la Chaldée, Paris, 1875, in-8”, p. 383-386.)
Bull. Soc. d’anihvop. de Paris, 2« sér., t. XII, p. 634-837, Ils. 1887.
L’intérieur de la petite province de Sombôc-Sombor, Cambodge, est aujourd’hui peuplé d’un certain nombre de groupes appartenant à une nouvelle population, récemment immigrée, celle des Piaks. Cette notice fait
connaître leurs principaux caractères, à l’aide dé notes et de photographies, adressées'de Saigon parM. le docteur Harmand. Ils appartiennent au groupe cambodgien, tandis que leurs voisins et persécuteurs, les Charaïs, parlent une langue qui se rapproche du cham (tsiam) et du malais, et devront probablement être considérés comme des Malais continentaux, formant un lien ethnologique entre les vrais Malais et les Khmers.
Ongles chinois, annamites et siamois.
Bull. Soc. d'anthrop. de Paris, 2e sér., t. LXXXI, p. 80-83, flg. 1876.
Commentaire sur diverses photographies de grands personnages de l’extrême Orient, qui se font honneur de l’oisiveté à laquelle les condamnent les appendices unguéaux de dimensions énormes dont ils sont porteurs.
Description, de visu, d’un gamelan de l’empereur de Solo. Notes sur la musique et la danse des Javanais (I).
Bull. Soc. tanlhrop. de Paris, 2» air., l. IX, p. 105,106.1874.
Description de quelques objets ethnographiques, provenant des Kowraregas de l’île du Prince-de-6alles, détroit de Torrès. Ces insulaires, intermédiaires commerciaux entre les Néo-Guinéens et les Australiens, sont également intermédiaires à ces deux races par leurs caractères physiques et leur ethnographie.
Sur Tethnologie du sud-est de la Nouvelle-Guinée.
Résumé d’un commentaire des découvertes ethnologiques faites par
M. Moresby dans son dernier voyage à l’extrémité sud-est de la Nouvelle-
L’auteur montre que les populations observées par l’explorateur anglais, depuis Hood-Point jusqu’à l’extrémité orientale de l’archipel nouveau dont on lui doit la découverte, empruntent leurs caractères indécis à un mélange mélano-polynésien et rapproche cette constatation de celles qui ont déjà été faites, dans les mêmes parages, par Mac Gillivray, Verreaux, etc.
La découverte de M. Moresby a pour résultat de reporter la limite de l’extension polynésienne à plus de 750 lieues en deçà de la ligne où elle s’arrêtait dans les cartes antérieures, et à 200 lieues de celle qu’a figurée M. Gerland dans sa carte ethnologique de "1869, Elle prouve, en outre, en mettant en évidence l’existence d’un centre important d’origine polynésienne au milieu des tribus papouas, que ces Polynésiens sont venus là par voie de migration et ont modifié ensuite, par le métissage, leurs plus proches voisins noirs, comme ils le font encore aux Viti. Elle démontre, par conséquent, la réalité de la doctrine des migrations des Polynésiens, formulée par Haie et développée par M. de Quatrefages, migrations au long cours, comme l’indique le grand éloignement de cette terre néo-guinéenne des archipels polynésiens proprement dits, migrations que favorisaient, d’ailleurs, des connaissances nautiques étendues, dont M. Moresby a rencontré à la côte sud-est de la Nouvelle-Guinée des preuves frappantes.
Distribution géographique des races humaines de i’archipel Indien.
Races humaines de la Mèlanésie occidentale.
Ces deux cartes, exposées comme spécimens d’un atlas ethnologique en préparation, ont reçu du jury des deux groupes de Renseignement supérieur et de la géographie deux médailles d’argent. La première a été dressée par la méthode synthétique, en généralisant les observations de détail recueillies au cours des voyages les plus récents. La seconde a été construite, suivant la méthode analytique, en compulsant un à un les documents originaux relatifs à la région étudiée et en consignant isolément, sur la carte, les résultats qu’ils fournissent. (Cf. Grandidier, Rapports du jury mtematumal. Groupe II, classe iQ. — Les Cartes et les Appareils, p. 330-33d.)
Distribution géographique des races bnmaiues de i’Afriqne.
Laboratoire d’anthropologie du Muséum, 2 captes ms. — Cf. Compte rendu Son. de géogr..
Ces cartes ont pour principal objet de mettre en évidence la distribution parallèle à l’Équateur d’une partie des groupes ethniques nègres ; les négrilles, les Noubas, les Soudaniens, par exemple, et de montrer les migrations des populations de l'intérieur vers les côtes occidentales du Continent.
Acculées à la mer, les tribus d’immigration ancienne finissent par se disloquer et succombent sous la pression des nouveaux arrivants.
Essai de coordination des matériaux sur i’etbnoiogie des Négriiies ou Pygmées de l’Afrique équatoriale.
BuUn Soc. d'anlhrop. de Paris, 3o sér., t. II, p. 79-100. 1879.
Ces nouveaux matériaux sont ceux que l’on doit à MM. Fleuriot de Langle, de Brazza, Ballay et Marche sur les Akoas et les Bongos du Gabon et de la vallée de l’Ogooué; aux savants allemands de la mission au Loango sur les Babonkos ou Bakke-Bakke, à M. du Chaillu sur les noirs du Fernan-Vaz, enfin à Miani, à Schweinfurth, à Marnô, etc., sur les Akkas ou Tikki-Tikki. Tous ces petits noirs offrent des caractères communs et ne forment qu’une seule race, dont les débris, aujourd’hui largement dispersés, ont dû faire autrefois partie d’un vaste ensemble, le peuple des Pygmées de l’antiquité, occupant une large bande de l’Afrique équatoriale. M. Hamy a proposé pour désigner cet ensemble ethnique la dénomination de négrilles. Ce diminuuf du mot nègre a ici le double avantage de rappeler le plus frappant des caractères communs à tous les petits noirs africains et de ressembler à celui de négrito, qui distingue dans la nomenclature des tribus du sud-est de l’Asie et de TOcéanie un élément ethnique parallèle.
Mtooire le Xl'Académie des Inscriptions et belies-iettres dans sa séance du 11 juillet 18St. (Peuue d’ethnographie, t. III, p. 273-294.1884.-Cr. Bull. Soc. d'anlérop., 2» sér., t. X, p. 214.)
C’est le célèbre tombeau de Rekmara où sont représentés les gens de Poun (Çomal), les Kefat (Phéniciens), les gens de Kousch (Éthiopiens)' et les Routennou (Syriens). Un calque peint, acheté à la vente de Prisse d’Avesnes, a aidé
âcompléter les notes personnelles rapportées d’Égypte parl’auteur, qui se préoccupe, avant tout, de comparer la description minutieuse qu’il fait du tableau égyptien avec celles que les voyageurs modernes nous donnent des Çomalis, des Éthiopiens ou des montagnards de Syrie. L’élude du registre consacré à Poun apprend que ce pays était situé à la pointe orientale de l’Afrique, et les Routennou aux cheveux blonds, qui amènent un éléphant d’Asie et un ours isabelle, sont probablement les ancêtres des Ansariés, des Yehalines ou de quelque autre population du Liban.
Exposé des résultats généraux de la découverte du grand pylône géographique de Karnak, d’après des renseignements encore inédits communiqués par Mariette. M. Hamy s’attache surtout à la nomenclature des pays du Sud, et du Poun en particulier, qu’il propose dès lors, pour des raisons principalement empruntées à la géographie, à l’ethnographie et à l’histoire naturelle, d’identifier avec le Çomal actuel.
Dali. Soc. ifanllirop. de Paris, 3» sér., t. IX, p. 718-743, (Ig. 1-3. 1886.
Voici les conclusions de cette conférence faite à la Société d’anthropologie, le 9 décembre 1886, à l’occasion du prix Broca : « On peut admettre que les Égyptiens actuels descendent, en très grande majorité, de la plus ancienne population dont l’archéologie et l’anthropologie nous aient révélé la présence dans la vallée du Nil, et qu’ils reproduisent aujourd’hui toutes les caractéristiques physiques, intellectuelles, morales de leurs premiers ancêtres; que ce peuple appartient à qne race bien définie, n’ayant point d’affinités avec les races nègres, mais apparentée de très près aux autres races chamitiques, bedja, çomali, etc.; que les invasions de toute espèce dont la vallée du Nil a été le théâtre, depuis l’origine de son histoire jusqu’à nos jours, n’ont qu’accidentellement modifié le type ethnique de ses habitants ; enfin, que quelques îlots seulement de populations non égyptiennes existent, de ci de là, sur les confins de la vallée du Nil (pêcheurs du Menzaleh, Arabes des
deux déserts), les milieux exerçant une action défavorable sur tous les étrangers dont les colonies ne peuvent s’entretenir que par une immigration incessamment renouvelée. »
Note sur les chevets des anciens Égyptiens et sur les afilnitès Lejde, 1885, br. in-4». —Ot. Bull. Soc. d'anihrop., 3« sép., t. VIII, p. Î90-S93. 1883.
Cette note a été rédigée pour le recueil offert à M. Leemans, de Leyde, à l’occasion de sa cinquantaine de doctorat. M. Leemans avait décrit quatre de ces chevets funéraires conservés au musée d’antiquités des Pays-Bas. M. Hamy reprend cette description et la complète à l’aide de celles des pièces similaires des collections du Louvre, de la Bibliothèque nationale, etc. Il institue ensuite une comparaison entre les chevets (mol) des anciens Égyptiens et ceux qui sont encore en usage chez tous les peuples chamitiques, depuis Chendi jusqu’au Nyassa et conclut de ces comparaisons que le chevel est essentiellement éthiopien et que son emploi, chez les anciens habitants de l’Égypte, apporte une preuve de plus à l’appui de leur origine chamitique.
Parmi les documents rapportés d’Égypte par l’auteur se trouvait une collection de photographies rares et précieuses, dont deux représentaient des villages Bâris avec leurs maisons, leurs greniers sur pilotis, etc. La courte note, dont on vient de lire le titre, fait ressortir l’intérêt de ces documents ethnographiques inédits.
La collection de Froberville au Muséum de Paris.
La Nature, 15 mars 1879, p. 237, flg.
Description rapide de cette importante collection; distinction des Macouas en deux groupes, dont un, celui des Macouas rouges, doit être probablement considéré comme voisin des Hottentots et de même origine que ceux-ci.
Note sur l’ethnographie des Bojesmans.
Notes sur les caractères ethnographiques que présentait une petite troupe de Bojesmans N’Tchabbas, du groupe des Grands-Arcs, qui a visité Paris en octobre 1886.
Sur cette carte ont été tracées avec soin les limites des divers groupes ethniques que l’on rencontre en remontant la côte nord-ouest de l’Amérique, depuis la rivière Nass jusqu’au détroit de Behring.
L’industrie haineçonnière chez les aneiens habitants de l’arehipel californien.
Bevue d'ethnographie, t. IV, p.6-)3, ilg. 6-32.1885.
Les fouilles pratiquées, depuis quelques années, sur la côte californienne et dans les îles qui en dépendent ont mis entre les mains des ethnographes des documents extrêmement abondants qui permettent de reconstituer la vie quotidienne de peuplades assez récemment disparues et, sur lesquelles on n’avait cependant que des renseignements fort sommaires. La fabrication des hameçons était une de leurs industries les plus originales; l’auteur en restitue les diverses phases et établit des comparaisons intéressantes entre certains produits de cette fabrication et les produits similaires confectionnés par les Kanakes des îles Hawaii.
Les Indiens Omahas au Jardin d’acclimatation.
Notes historiques et descriptives sur une des principales tribus des Sioux, dont quelques individus se sont montrés à Paris, pendant l’hiver 1883. Renseignements sur quelques pièces ethnographiques curieuses que possèdent encore ces Indiens.
iistribution géographique c
Les documents réunis dans la première de ces notes confirment les appréciations des linguistes sur la parenté des Opatas et des Tarahumars, mais infirment leurs conclusions en ce qui concerne les autres peuples, Pimas, Cahitas et Tépéhuanes, dont ils avaient cru pouvoir faire un seul faisceau avec les précédents. La carte, jointe au texte, montre en outre l’antériorité de ces derniers par rapport aux autres et permet de suivre divers courants de migrations dont l’intensité et la direction avaient jusqu’ici échappé complètement à l’attention des ethnographes.
La deùxième note accompagnait une seconde carte dans laquelle la répartition des Tarasques était mise en rapport avec la distribution géographique des noms de lieux terminés par le suffixe ro. Le préfixe ba, le suffixe chic, etc., délimitent de même les Opatas et les Tarahumars, si bien que les lois toponymiques formulées par les savants européens trouvent à s’appliquer jusque dans la Sonora ou le Michoacan.
Quelques observations ethnologiques au sujet de deux miorooéphales américains désignés sous le nom d’Aztèques.
Bull. Soc. ifcnWirop., S» série, l. X,p. 39-54, Og. 1875.
L’examen dont les résultats sont consignés dans ce mémoire a conduit l’auteur ii considérer les microcéphales présentés au public sous le nom absurde d’Aztèques, comme des métis issus d’un croisement indéterminé de nègre et d’Indien, dans lequel ce dernier élément dominerait considérablement. Il y a lieu de les rapprocher, dans une certaine mesure, de plusieurs figures accroupies de Palenqué, qui semblent représenter des sujets atteints du même arrêt de développement et qui pouvaient être l’objet d’un culte comparable à celui dont les idiots et les fous sont encore honorés aujourd’hui chez un grand nombre de peuples.
Description des mutilations dentaires usitées chez les Huaxtèques et chez les Mayas du Yucatan. La ressemblance de ces pratiques est si frappante.
dans leur exceptionnelle bizarrerie, qu’elle ne peut manquer d’ajouter un argument sérieux à tous ceux que l’on a déjà réunis en faveur de l’unité des deux peuples.
Note sur une mutilation d’un autre genre observée sur une pièce de la période aztèque découverte à Tepito.
Ces Indiens sont un des exemples les plus remarquables que l’on puisse, aujourd’hui, citer d’un peuple jadis civilisé et retombé, sous l’influence de circonstances défavorables, dans un état voisin de la barbarie. L’auteur étudie leurs caractères ethnographiques actuels, qu’il compare à ceux que fait connaître l’examen des monuments relativement remarquables érigés par leurs ancêtres.
Histoire et géographie de cette nation, composée de dix-huit tribus disséminées entre les rivières Pastazza et Chinchipe, au nord du Maragnon et le long de quelques affluents méridionaux de cette rivière. Étude des caractères physiques, intellectuels et moraux des Jivaros ; description spéciale des trophées de guerre qu’ils confectionnent sous le nom de ckanchaa et qui ne sont autre chose que des têtes humaines réduites à l’aide de procédés spéciaux.
Exposé des résultats généraux obtenus par ces deux voyageurs au cours de leur mission au Pérou, en Polynésie et en Californie. Examen rapide des collections anthropologiques et ethnographiques recueillies à Ancon, dans les îles californiennes, etc.