‹ Résumé des travaux scientifiquesChapitre 1 sur 14 · NOTION PHYSIOLOGIQUE DU MÉDICAMENT · texte numérisé non relu

NOTION PHYSIOLOGIQUE DU MÉDICAMENT

y ** 1875 et’l876.)

La thérapeutique a un double objet :

1" L’étude des médicaments, à laquelle concourent à la fois les naturalistes, les chimistes et les physiologistes ;

2‘ La connaissance des indications curatives, c’est-à-dire des règles, des lois qui peuvent guider le médecin dans l’application de l’agent médicamenteux.

Jusqu’à ces derniers temps, c'est-à-dire jusqu’à l’époque où Claude Bernard donna au médicament pour attribut principal « d’être et de rester étranger à la constitution chimique du sang », on ne considérait l’agent médicamenteux que dans ses rapports avec la maladie, dans ses propriétés dites curatives; on l’envisageait d’une manière abstraite et pour ainsi dire indépendante de l’organisme : un médicament, disait-on, est ce qui guérit. Or, depuis douze ans que je cherche à faire à la thérapeutique et au traitement des maladies l’application des idées physiologiques et expérimentales, j’ai pu reconnaître l’erreur d’un pareil adage, et démontrer que le médicament doit être ainsi défini : n Tout agent chimico-physique qui , introduit dam le sang , a pour effet : V de modifier favorablement une fonction devenue défectueuse ; 2° de transformer la nutrition des éléments histologiques déviée de la normale. » La maladie, en effet, ne crée rien

de nouveau et l’organisme malade fonctionne comme l’organisme sain; ses fondions éprouvent seulement des modifications en plus ou en moins, sous l'influence des conditions anormales résultant do la maladie. Or, les médicaments n’ont pas prise sur la maladie, qui est une synthèse, un agrégat d’éléments anatomiques ou fonctionnels dérivés de l’état normal ; ils agissent simplement sur l’organisme, ou plutôt sur chacune des fonctions dont l’organisme est le siège. La connaissance des effets physiologiques que produit le médicament sur chaque organe, sur chaque système, sur chaque tissu, est donc la condition préalable de la thérapeutique. C’est ainsi que doit être comprise la physiologie appliquée à la thérapeutique.

Mais pour bien saisir la portée de ces faits, il ne suffit pas de juger le médicament par ses effets apparents, grossiers ; les phénomènes vulgaires résultant de la médication n’ont point d’intérêt pour le physiologiste tant qu’ils ne sont pas interprétés; ce qu’il faut poursuivre, c’est la notion des effets primordiaux, intimes, électifs, que l’analyse expérimentale est seule capable de nous dévoiler. C’est ce que j’ai prouvé en particulier dans mes recherches sur les médicaments qui modifient l’action du cœur.

La notion du médicament, d’après la doctrine physiologique, ou plutôt d’après le mécanisme intime de son action, est extrêmement importante ; elle nous permet, en effet, de saisir plus facilement les indications thérapeutiques, c'est-à-dire l’adaptation des médicaments aux divers états de l’organisme malade.

Page 1