‹ Résumé et application des principes élémentaires de la perspectiveChapitre 1 sur 7 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

I out dessin est faux sans l’observation des règles de la Perspective. Cette partie de l’art, positive comme toutes les sciences mathématiques, est indispensable au dessinateur; cependant, un trop grand nombre de jeunes artistes, et surtout d’amateurs, faute de la connaître suffisamment, tombent dans de graves erreurs et produisent chaque jour des ouvrages imparfaits. Cet oubli , ou plutôt cette ignorance de règles invariables , aussi nécessaires au peintre que les lois de l’équilibre le sont à l’architecte, provient de la difficulté de leur étude. Des traités volumineux, qui nécessitent des connaissances étendues en géométrie , qui présentent à l’œil des planches nombreuses et des figures compliquées, effrayent communément les élèves et les font renoncer à s’instruire dans la perspective. Sans passer en revue tous les ouvrages qui traitent de cette matière, nous citerons celui de Jean Cousin, grand in-folio rempli de démonstrations embrouillées et surannées; celui de Laircsse, composé de deux gros volumes in-quarto , dans lesquels on ne trouve pas la méthode désirable; celui de Lacaille, qui appartient plutôt à l'étude des mathématiques qu’à celle du dessin, par les hautes abstractions auxquelles il s’élève; et celui de Valenciennes qui, outre qu’il fait partie d’un volume de 700 pages inquarto , pénètre jusqu’aux dernières limites de la science avec tant de ténacité que plus d’un professeur reste en chemin, pensant en savoir assez. C’est un beau défaut pour les gens habiles, mais pour les élèves, c’est un défaut que rien ne peut racheter, puisqu’il les empêche même de commencer une étude dont ils reconnaissent la nécessité.

Il est pourtant certain que les règles de la perspective sont peu nombreuses, et qu’exposées avec précision et clarté, elles seraient faciles à comprendre et à appliquer. Il n’y a dans ces règles rien d’arbitraire; leurs résultats sont dûs au compas, et dès qu’on est parvenu, par leur moyen, à mettre l’entendement d’accord avec les yeux, toutes les explications paraissent très naturelles, et l’art n’a plus rien d’incertain ou de mystérieux.

Dans une longue galerie ou dans une rue bien alignée, on doit remarquer que toutes les lignes de bâti mens qiu fuient devant soi, au lieu de demeurer pour l’œil telles qu elles sont , c’est-à-dire, parallèles, semblent se rapprocher l’une de

l’antre à mesure qu’elles s’éloignent du spectateur, et converger en un seul point, de manière à former des angles dont ce point est le sommet. C’est ce phénomène et d’autres de meme nature qu’il s’agit d’étudier, afin de pouvoir les représenter fidèlement. Rien n’est plus clair, plus positif que les moyens d’arriver à ce but.

Nous offrons ici un résumé des principes élémentaires de la perspective , avec des dessins où elles reçoivent leur application d’une manière sensible à l’œil , et jusqu a présent inusitée. Les bornes que nous nous sommes prescrites ne nous permettant pas d’entrer dans des démonstrations ou des dissertations étendues , nous exposerons seulement les principes d’une manière nette et méthodique, et nous les enchaînerons de manière qu’ils puissent former, pour ainsi dire, une récapitulation de la science. Nous sommes convaincus que la lecture réfléchie de ces feuilles et l’examen attentif des dessins qui les accompagnent , pourront instruire suffisamment , dans la perspective linéaire , une personne qui ne posséderait meme qne les premiers élémens de géométrie.

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