AU LECTEUR
Si le lecteur veut bien jeter un coup d'œuil en arrière, il verra que nul genre, digne de ce nom, n'a échappé à nos regards. Les subdivisions auxquelles nous n'avons pas jugé & propos de nous arrêter, rentrent d'elles-mêmes sous la loi des divisions principales. Prenons l'épigramme pour exemple. Est-ce que l'épigramme constitue un genre? Non, assurément; elle se range aussitôt et sans effort sous le titre plus général de la satire. Si, comme l'entendaient quelquefois les anciens, elle n*a rien de satirique, et qu'elle soit une inscription pure et simple, une sorte de devise inoffensive, la poésie légère la réclamera de plein droit.
Remarquons aussi l' immense distance qui sépare les trois premiers genres poétiques de tous les autres. L'ode est l'œuvre poétique par excellence, l'essor le plus élevé de l'inspiration; l'épopée est le monument poétique le plus difficile à élever et a soutenir, 1' arène la plus brillante pour les jeux d' imagination; le drame enfin est la forme poétique la plus vivante, la plus saisissante, et ce n'est pas trop, pour la réaliser, d'une association constante du jugement qui ordonne et de l' imagination qui sait peindre. Pour les autres genres, l'intérêt est grand , mais il n'est ni aussi fécond, ni aussi nettement marqué que celui de l'ode, de l'épopée et du drame.
En prose tous les genres littéraires sont compris dans lès titres généraux que nous avons adoptes. Les deux premiers ont un caractère plus fixe, une couleur plus fortement tranchée que les deux autres; mais tous quatre reposent sur des principes réels.
Si dans le cours de notre Histoire, résumée et complétée par ce Supplément, nous avons commis quelque oubli , nous espérons que 1" omission aura porté sur des objets secondaires, et il est juste de se souvenir que nous avons négligé volontairement ce qui répugnait au caractère spécial du livre. Nous avons voulu, avant tout, donner un enseignement utile, pratique, en restant complet autant que possible: