‹ Résumé sur le système pénitentiaireChapitre 2 sur 3 · Voir, aux notes, les leUres de MM. Juliiis et Crawford · texte numérisé non relu

Voir, aux notes, les leUres de MM. Juliiis et Crawford

— aide Bretignières, Ducpétiaux, Victor Foucher, de la Farelle, etc.

C'est avec une vraie satisfaction que je me place ici derrière des opinions si respectables et d'un aussi grand poids; heureux que des principes dont je suis profondément pénétré aient trouvé , pour les défendre , des plumes plus éloquentes que la mienne, et que la France puisse marcher avec sécurité dans cette voie de progrès , guidée par l'expérience des autres nations et par l'assentiment unanime des hommes les plus éclairés et les plus compétents.

Je crois devoir terminer par un résumé succinct de l'état actuel des choses , les faits dans une question de cette nature ayant plus de poids que tous les raisonnements. Qu'on ne m'accuse pas d'une exagération qui aurait pour but d'influencer l'opinion publique pour l'adoption du système que je désire faire prévaloir; loin de moi une telle intention ; mes assertions reposent sur des documents , sur des chiffres malheureusement trop positifs. Que penser lorsqu'on voit que, pour le seul département de la Seine, le nombre des affaires criminelles, qui était, en 1814, de deux mille sept cent quatre-vingt-une par année , s'est élevé progressivement jusqu'à treize mille huit cent quatre-vingt-trois, et que le nombre des récidives a doublé? Quelle sécurité pour le présent et quelle perspective pour l'avenir !

Eh bien, il faut l'avouer, une augmentation si prodigieuse dans le chiffre des délits est due en grande partie à cette philanthropie, louable dans son principe, mais fausse et dangereuse dans ses conséquences, qui ne s'est occupée que d'améliorer la condition physique des prisonniers, sans s'inquiéter do lt;ur correction et de leur amendement. On

oublie qu'améliorer le régime des prisons, c'est le rendre plus efficace et non plus agréable pour les détenus ; et l'on repousserait le régime de la séparation, qui offre toutes les garanties possibles contre la démoralisation , sous des prétextes de répugnance qu'à peine admettrait-on envers des hommes dignes de tous les égards !

On se prévaut de ce que la France est tranquille , de ce que la classe ouvrière est heureuse. Mais si, au miheu de toutes ces conditions de prospérité, le nombre des crimes va toujours croissant, qu'arriverait-il si cette situation venait à changer par l'effet d'une guerre , d'une disette , d'une commotion politique ? Qui pourra se flatter alors de contenir cette population délinquante, incessamment grossie par les individus qui sortent des prisons et des bagnes, et qu'on sait être toujours à la disposition de quiconque voudrait s'en servir contre l'ordre public ?

Il y a là matière à de sérieuses réflexions; et la société, menacée, espère une réforme qui désormais ne peut tarder à s'accomplir. La Chambre des Pairs a mis à son plus prochain ordre du jour l'importante question de la réforme pénitentiaire ; cette question sur laquelle les conseils généraux ont depuis longtemps délibéré, que la presse a discutée dans une infatigable controverse , dont l'opinion publique est si profondément préoccupée, sur laquelle l'expérience a donné, en divers pays, ses utiles enseignements, que le Gouvernement enfin a soumise à l'examen des Chambres, voilà déjà plusieurs années, mais que la multiplicité de ses travaux a fait constamment ajourner, cette question va recevoir une solution définitive. 'Assez longtemps le champ est resté ouvert aux discussions préparatoires et aux théo-

— séries; l'application, la pratique, la loi enfin maîtresse de tous les systèmes , voilà ce que la France attend de ses législateurs, et ils ne tromperont point son attente. L'état actuel des choses est assez grave , les progrès du mal sont assez effrayants pour qu'on désire avec ardeur le remède que leur sagesse y doit apporter et que la nation recevra avec une profonde reconnaissance, car cette réforme exercera une grande influence sur l'avenir du pays.

Demetz.

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