‹ Resumee de l'histoire de l'electricite et du magnetisme, et des applications de ces sciences a la chimie, aux sciences naturelles et aux artsChapitre 12 sur 76 · CHAPITRE n · texte numérisé non relu

CHAPITRE n

peu et indiquait une oxydation. En intervertissant les conducteurs^ les effets étaient contraires. Le gaz était de l'hydrogène pur; Teau avait été décomposée , Thydrogèue se dégageait au pôle négatif et l'oxygène au pôle positif, lequel gaz oxydait le cuivre.

Garlisle substitua des fds de platine aux fils de cuivre, et recueillit les deux gaz, qui se trouvèrent être dans les proportions de deux volumes d'hydrogène pour un volume d'oxygène. Peu après, Nichoson et Garlisle observèrent la décomposition électro-chimique des sels, avec transport de leurs éléments à leurs pôles respectifs

Gruiksbanks (13) découvrit, dans le même temps, les mêmes effets.

Yassali^Ëandi (14) décomposa l'acide nitrique concentré, ainsi que Palcool.

Pendant que Ton découvrait, en Angleterre, les propriétés décomposantes de la pile, et que Ton jetait ainsi les bases de 4'électro-chimie, Volta, voyant que la théorie qu'il avait donnée de la pile n'avait pas été bien comprise par tous les physiciens, vint à Paris, en 1801, pour l'exposer devant la classe des sciences physiques et mathématiques de ^Institut national. Il commença , le 16 brumaire an IX , la lecture d'un mémoire qui contenait le détail et le résultat de ses expériences sur le' galvanisme, et la continua dans les deux séances suivantes : il mit dans tout son jour la théorie du contact, fondée uniquement sur l'électricité produite au contact de deux corps sans l'intervention d'aucune action chimique.

Le premier consul, qui se trouvait à la séance où Volta lisait la seconde partie de son mémoire, fut frappé d'étonnement en apprenant la décomposition de l'eau par l'action électro-chimique du courant. Après la lecture, il proposa plusieurs expériences, et demanda, entre autres, que l'on cherchât l'influence de la chaleur sur le passage de l'électricité à travers les métaux dans leurs différents états et les conducteurs liquides, etc. , etc. ; ces questions furent résolues plus tard. Enfin , le général Bonaparte proposa de décerner une médaille d'or à Volta pour ses belles découvertes ; une commission nombreuse fut aussitôt nommée par la classe pour lui rendre un compte détaillé de l'importante communication qu'elle venait de recevoir. Cette commission était composée de Laplace, Coulomb, Halle, Monge, Fourcroy, Vauquelin, Pelletan, Charles Brisson , Sabatier, Guy ton, et Biot, rapporteur. Ce dernier fit un rapport remarquable, dans lequel il définit nettement ce qu'on de-

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vait entendre par force éleclro-motrice (15). Voici en quels tennes il s'exprima à cet égard :

« Si deux métaux différents, isolés et n'ayant que leur quantité a d'électricité naturelle, sont mis en contact, on les retire du contact « dans des états électriques différents: Tun est positif, et l'autre né- « gatif. Cette différence, Irès-petite à chaque contact, étant successi- « vement accumulée dans un condensateur électrique, devient as- « scz forte pt)ur faire écarter tros-sensiblemcnt Pélectroinètre. »

La commission proposa en même temps à la classe de décerner à Volta une médaille d'or, comme un témoignage de la satisfactiou de la classe pour les belles découvertes dont il venait d'enrichir la théorie de Télectricité, et comme une preuve de sa reconnaissaDce pour les lui avoir communiquées.

Les phénomènes chimiques de la pile continuaient toujours à être l'objet des recherches les plus actives de la part des physiciens et des chimistes , qui regardaient déjà cet appareil comme devant leur révéler, un jour, une foule de faits précieux sur la composition et la constitution des corps; aussi en varièrent-ils la forme et l'étendue, dans l'espoir d'arriver prompt ement à une énergie suffisante pour obtenir de grands effets de décomposition.

Napoléon s'était passionné pour le galvanisme; il en faisait souvent le sujet de ses conversations avec les savants dont il aimait à s'entourer. 11 avait prévu, dès la première découverte de Volta, tout le parti que Pon pourrait en tirer pour la philosophie naturelle. Il en donna la preuve dans la lettre ci-jointe , qu'il adressa au ministre de Pintérieur, laquelle fut transmise par ce dernier à rinstitut (classe des sciences) (10) :

«Paris, 26 prairial an le.

« J'ai l'intention de fonder un prix consistant en .une médaille « d'or de 3,000 fr., pour la meilleure expérience qui sera faite

a dans le cours de chaque année sur le fluide électrique

« Je désire donner en encouragement uno somme de 60,000 fr. à « celui qui, par ses expériences et ses découvertes, fera faire h Vé- (( lectricité et au galvanisme un pas comparable à celui qu'ont fait a faire à la science Franklin et Volta, et ce, au jugement de la a classe. Les étrangers de toutes les nations seront également admis « au concours^ mon but spécial étant d'encourager et de fixer l'at-

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