CHAPITRE II
« tention des physiciens sur cette partie de lapiiysiqiie , qui est, à « mon sens, le chemin des grandes découvertes. »
La classe des sciences accepta avec reconnaissance l'offre du premier consul, et le concours fut aussitôt ouvert: elle déclara qu'elle n'exigeait pas que les mémoires lui fussent directement adressés; qu'elle couronnerait, chaque année, l'auteur des meilleures expériences qui seraient venues jusqu'à elle , et qui auraient fait avancer, la marche de la science ; que le grand prix , enfin, serait donné à celui dont les découvertes formeraient dans l'histoire de l'électricité et du magnétisme une époque remarquable (*). L'enthousiasme que Napoléon avait montré pour cet admirable instrument s'accrut encore quand on répéta devant lui l'expérience de la décomposition des sels avec la pile (16'). 11 était entouré alors de Berthollet, Monge, Gorvisart et Chaptal. Il fut frappé d'étonnement en voyant le transport des éléments des sels à leurs pôles respectifs. Après un instant de silence , se retournant du côté de Gorvisart, son médecin, il lui adressa ces paroles remarquables: « Docteur, voilà l'image de la vie : la colonne vertébrale est la pile, « le foie le pôle négatif., la vessie le pôle positif. » Nous tenons ces détails de Ghaptal. Quoique cette comparaison ne repose sur aucun fait, on ne peut s'empêcher de penser qu'il n'y ait des effets électro-chimiques produits dans les fonctions organiques. La même idée, au surplus, est venue plus tard à Wollaston, sans qu'il eût eu connaissance probablement des paroles de Napoléon.
Thenard et Hachette , en juin 1801 , montrèrent les effets d'in- CiUidescence obtenus avec des piles à larges surfaces et produisant une grande quantité d'électricité avec une faible tension.
La même année, Tromsdorff (17) produisit des phénomènes de combustion remarquables avec une pile de cent quatre-vingts couples.
(♦} Le prix annuel de 3,000 francs fut adjiigii, la première fois, en 1806, à Frman, de Berlin, pour sa découverte dos propriétés conductrices différentes que présentent certains corps pour les deux électricités.
En 1808, il fut décerné à sir Humpln y Davy, pour les reciierclies consii'uécs daim uu mémoire ayant pour titre : Backer'uin lecture on some chemical agencies of electricity , ainsi que pour la décomposition des alcalis et la découverte du potassium et du sodium.
En 1809, il ne fut pas décerné de prix, et, en 1810, il fut partagé entre Cay- Lussac et Thenard, pour leurs recherches électro-chimiques.
Depuis 1810, ce prix annuel ne fut plus décerné, quoique jusque en 1815 l'annonce de ce prix fût insérée dans les programmes. Le i>iix de 60,'000 fr. n'a jamais (té donné.
84 DE L kLLCTKlCtTk £1' DU MAUNETISUB.
Dycklioff \I8) forma une i)i!(* avoc <los coiiplos do cuivre et de zinc séparés par une couche dair. Dix couples produisirent^ à l'aido du condensatt>ur^ sur un éleclromètre, le môme effet qu'une pile de Voita c^miposce de cinq couples.
Davy composa également des i)iles avec dos éléments de diverses natures; il trouva (|ue des combinaisons de plaques métalliques et de liquides dilTéi^ents pouvaient être rendues actives, non-seulcmcut lorsque les métaux éprouvaient une oxydation, mais encore lors- (|u'il se passait seulement un changement chimique dans quelquesunes de leurs parties. Il renversa à volonté les pôles d'une pile (19) et se 8er\'it à cet effet de l'appareil à couionnes de tasses : si Ton monte Tappareil avec des plaques de cuivre et de fer, et que l'on verse de l'eau dans les verres, le cuivre, suivant lui, dans son coulact avec le fer s'électrise négativement et dégage de Thydrogènc; le fer s'électrise positivement et s'oxyde. Avec une dissolution de sulfure de potassium les effets sont inverses.
Davy chercha à prouver que ces résultais ne contredisaient en rien la théorie du contact ; mais les raisons (pi'il donna ne sauraient être adoptées anjourd'iuii. L'inversion tient à ce que, dans le premier cas, le fer est le métal le plus oxydé, tandis que, dans le second, c'est le cuivre.
Uitter (^{)) composa un couple de cliarhon bien (\ilcine et de pe^ oxyde de manganèse, un autre de plombagine et de zinc, qui produit plus d'effet qu'un couple de zinc et d'argent.
La pile verticale dcVolta présentant de grands inconvénients en augmentant le nombre des couples, Cruikshanks y remédia eu rendant la pile horizontale et renfermant tous les couples niélalliquci verticaux dans une auge en bois.
Pepys (21) construisit un appareil très-énergique, composé de soixante paires de plaques carrées de zinc et de cuivre, de G pouces anglais de côté, distribuées en deux auges, suivant le procédé de Cruikshanks, mais avec des additions particulières ; il obtint avec cette pile des eflets de combustion très-reniar((uables. Des effets du même genre, mais sur une plus grande écîhelle, furent obtenus par MM. Pepys, x\llen, Howard etTilloch 2:2). Tout en s'occupant de modifier les piles, on cherchait aussi les causes qui influent sur leur énei'gie. Un grand nonii)re de faits démontraient tous les jours (pio la tiiéorie do Volta avait besoin d être modifiée pour être eu harmonie avec les observations nouvelles.
Pepys (23) lit fonctionner une pile successivement dans Pair et