DE L^BLECTRICITÉ ET DU MAGNÉTISME
tement d^accord avec ceux que Ck)ulomb avait obtenus par TexpériencCé
Le géomètre français a d'abord trouvé, comme Pexpérîence l'avait appris à Beccaria et à Coulottib, que tout le fluide électrique introduit dans un corps se porte entièrement à sa surface, où il forme une couche excessivement mince; il détermina ensuite la Aurfhce intérieure de cette couche, ainsi que son épaisseur ; quant à la su^ face extérieure, elle se trouva être la même que celle du corps, puisque Télectricité n'était retenue que par la pression de Tair: aussi Poisson considéra-t-il Tair comme un vase imperméable de forme donnée, qui contient le fluide dans sa capacité intérieure, et résiste par la pression à la tendance qu'il a de s'échapper. La sur* face intérieure de cette couche se trouvant peu différente de Paufre, puisqu'elle est très-mince , pour en déterminer la forme et Tépaisseur, qui n'est pas la même sur toutes les parties de la surfbce, Poisson établit dans ses calculs la condition que le corps ne peut demeurer dans un état électrique permanent, qu'autant que la forme de la surface est telle que la couche entière n^exerce ni attrac* tion ni répulsion sur les points qui se trouvent dans son intérfetih Quand le corps est une sphère, les deux surfaces de la couche èïed^ trique sont également sphériques. Il en est de même avec un ellipsoïde : la surface est également un ellipsoïde concentrique et semblable; son épaisseur est la plus grande au sommet du grand axe, et la moindre au sommet du plus petit; les épaisseurs aux deux sommets sont en raison des longueurs des axes. A l'extrémité d^un cône, la pression deviendrait infinie si l'électricité pouvait s'y accumuler; mais^ comme la pression ne saurait faire équilibre à la résistance de l'air qui est d'une valeur finie, Pélectricité s'écoule : tel est le pouvoir des pointes. Poisson a démontré effectivement que, sur un ellipsoïde allongé de révolution, la pression est d'autant plus considérable aux deux pôles que l'axe qui les joint est plus grand par rapport au diamètre de l'équateur; l'une et l'autre pression sont dans le rapport du carré de l'axe du pôle au carré du diamètre de l'équateur.
Poisson s'est occupé ensuite d'un cas plus composé , celui où plusieurs corps électrisés et conducteurs sont placés ^ des distances telles qu'ils peuvent exercer des actions par influence les uns sur les autres ; il a déduit de ses formules des résultats absolument semblables à ceux que Coulomb avait trouvés par l'expérience dans les mêmes circonstances.
GHAPITAB II. 56
Il est à présumer qu'en apportant quelques modifications aux formules de Poisson, pour les adapter à Thypothèse d^un seul fluide^ on pourrait en déduire toutes les conséquences qu'il en avait tirées.
Nous aurions encore, pour terminer Thistoire de cette période^ à parler du pouvoir conducteur des^ métaux pour Télectricité, et des diverses théories électro-chimiques; mais nous remettons à traiter ces questions dans les chapitres suivants^ afin de les compléter par l'exposé des travaux modernes* Dans la période que nous quittons , trois hommes se sont montrés hors ligne, Galvani, Volta et Davy, mais Volta au premiet rang; leurô travaux âuitont sUr les âciéncès physico-chimiques une influence qui ne sautait se ralentir.