CHAPITRE Jl
cée vis-à-vis de la pointe négative; l'électricité positive avait donc éprouvé moins de résistance à traverser Tair que Téleciricité négative; ce qui le prouvait, c^est qu'en opérant dans le vide, la carte était percée au milieu de l'intervalle entre les deux pointes.
Porret (54), en opérant avec Pélectricité voltaïque, a découvert que les deux électricités ne jouissent pas au même degré de la faculté de transporter mécaniquement les molécules du corps; ayant partagé rintérieur d'un vase de verre en deux parties avec une vessie, et qu'il a remplies d'eau , il a fait passer au travers du liquide, au moyen de deux lames de platine, le courant d'une pile de 80 éléments, il a vu l'eau s'élever dans la case négative et s'abaisser dans l'autre; il y avait donc eu transport mécanique de l'eau par le courant allant du pôle positif au pôle négatif, comme dans l'expérience de l'arc voltaïque de Davy.
Nous mentionnerons enfin les expériences d'Erman (55) sur une réciprocité d'action isolante et conductrice que divers corps, et particulièrement le platine incandescent de la lampe aphlogistique de Davy, exercent sur les deux électricités. Erman , dans cette dernière expérience, a considéré comme simple un phénomène composé, puisqu'il a négligé l'électricité dégagée dans la combustion et les effets thermo-électriques; nous reviendrons sur ce fait.
§ VII. Théorie mathématique des phénomènes d^élecfricité
statique.
Lorsqu'une partie de la physique a réuni un grand nombre de faits bien décrits et mesurés, et qu'elle possède les principales lois qui les régissent, le mathématicien intervient pour les réunir tous dans une théorie générale. Au commencement du siècle, l'électricité était arrivée à ce point qu'il ne fallait plus qu'un homme éminent pour résoudre ce problème , à l'égard des phénomènes d'électricité statique. Poisson (56) , en considérant chacun des deux principes électriques comme un fluide incompressible dont les particules, douées d'une parfaite mobilité, se repoussent mutuellement et attirent celles de Pautre principe, en raison inverse du carré de la distance, et admettant, en outre, qu'à égale distance le pouvoir attractif est égal au pouvoir répulsif, a cherché la conséquence mathématique que l'on pouvait eu tirer. Les résultats qu'il en a déduits se sont trouvés parfai-