‹ Resumee de l'histoire de l'electricite et du magnetisme, et des applications de ces sciences a la chimie, aux sciences naturelles et aux artsChapitre 39 sur 76 · CHAPITRE VU. H · texte numérisé non relu

CHAPITRE VU. H

Ton ait obtenus jusqu'ici avec des machines électriques. M. Faraday (44) a niontré que Ton obtenait des effets du même genre en substituant au courant de vapeur un courant d'air mêlé de poudres sèches.

Canton (45)^ qui a étudié avec soin les effets électriques résultant du frottement de deux corps^ a montré qu'en frottant les tubes et les globes de verre des machines éleclriques, h l'aide d'amalgames de métaux altérables^ on provoquait un plus grand dégagement d'électricité qu'avec d'autres matières placées sur les frottoirs ; c'est le premier physicien qui parait avoir employé les amalgames c^mme substances excitatrices. Depuis, presque tous les physiciens en ont fait usage, non-seulement avec les anciens appareils, mais encore avec les machines à plateau de verres employées pour la première fois par Ramsden (16).

Wollaston (17) avait avancé que les amalgames n'agissaient en général que par l'oxydation que provoque le frottement dans l'air. Mais Gay-Lussac (18) a démontré que l'absence d'électricité dans les circonstances où Wollaston avait opéré était due ù la présence de l'eau hygrométrique, contre laquelle il ne s'était pas mis en garde. M. Péclet, qui a opéré successivement dans l'air, l'hydrogène et le gaz acide carbonique bien secs , en a déduit la même conséquence.

M. Edmond Becquerel (19) est arrivé à des conclusions analogues^ en prouvant que, dans le frottement des plateaux de verre des machines ordinaires contre les différentes matières dont on enduit les coussins, il se produisait des effets électriques dépendant^de l'état moléculaire des corps frottés, et non des modifications chimiques que ces corps subissaient; ainsi du charbon en poudre^ des substances telles que du talc, de la plombagine et d'autres matières, donnent des effets électriques bien marqués, et dans ce cas l'on ne peut invoquer une autre cause pour le dégagement d'électricité qu'un ébranlement moléculaire.

En général les liquides ne permettent pas d'obtenir des effets électriques de tension dans leur frottement contre les solides, car ils mouillent la surface de ceux-ci, et le frottement s'exécute alors entre deux corps de même nature. Cependant, avec le mercure, qui ne mouille pas la plupart des substances, on obtient un déga • gement d'électricité; l'emploi des amalgames le prouve, ainsi que l'expérience du baromètre lumineux d'Hauksbée (20). (Voir page i.) CestLudolf le jeune(âl)enl744, puis Maman (é^), qui prouvèrent

ISO DE L'fiLECTBiCITfc ET Dl NAG3EÉTISIIE.

que reflet lumineux dans cette rlernirre espérieDre était dû an dégagement d'électricité produit par le frottement de mercure. Depuis, les travaux de XoUet, ceux de Dessaignes 23' et de M. Perego (33', ont parfaitement spécifié les diverses condirions physiques néces» saires à la production de l'électricité dans cette circonstance.

On (jeut observer la production de courants électriques dans le frottement des liquides autres que le mercure. M. £. Becquerel (i4) a étudié d'une manière spéciale ces courants qui se manifestent entre les lames métalliques et les liquides lorsqu'il va mouvement relatif entre eux. Il est parvenu à prouver que dans une foule de circonstances il se produit des eflets dus à une action mécanique, n'ayant aucune origine chimique ; tel est le frottement du platine, de Tor et du charbon sur des liquides qui ne les attaquent pas; ces substances^ et au plus haut de^é le charbon^ prennent réieetrieité négative et laissent la positive au liquide. Les métaux altérables, et en tète desquels on doit placer le zinc et le fer^ donnent des actions du mémo genre^ mais prennent Télectricité positive dans le mouvement relatif qui a lieu entre eux et le liquide. On peut citer à ce sujet cette expérience curieuse dans laquelle on peut former un élément de pile voltaïque avec deux lames de zinc, dont Tune est en mouvement dans un liquide conducteur et l'autre en repos; celle qui est en mouvement prend Télectricité positive. Si le liquide est remplacé par une pâte faite avec du charbon de cornue bien pulvérisé , le courant électrique développé est énergique. Si , les lames étant en repos, le liquide est en mouvement, les effets sont les mêmes.

On doit ranger parmi les effets dus aux actions mécaniques les effets électriques qui se manifestent lorsque des gaz se d^gent des liquides ou des corps organisés. M. Becquerel (i5), dans un Mémoire communiqué à FAcadémie des sciences en 1856, a montré que, lorsque des gaz se dégageaient, il y avait frottement contre les liquides, et par suite dégagement d'électricité. C'est probablement à cette cause que Ton doit rapporter les effets obtenus par Lavoisier, Laplace et de Desaussure, cités page 13, et considérés par eux comme des effets d'électricité dus aux actions chimiques.

M. Becquerel a encore observé les faits suivants : Lorsque Ton projette dans une capsule de platine, parfaitement propre et suffisamment chauffée , quelques gouttes d'eau distillée, de manière à ce; (fue révaporation soit immédiate, la capsule devient négative, et la vapeur recueillie est positive. Cet effet , qui est beaucoup plus

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