CHAPITRE YTI. 15t
fort que celui qui se produit dans les actions chimiques, puisqull est sensible à Télectroscope sans l'intermédiaire du condensateur, est dû au frottement de la vapeur mêlée de gouttelettes d'eau sur les parois du vase de platine. Avec les acides nitrique , chlorhydrique, les effets sont les mêmes; avec l'ammoniaque, les effets sont inverses; avec do Teau contenant un acide ou un alcali, les effets sont variables, comme il est facile de le concevoir. Ces faits, comme on le verra plus loin, sont du même ordre que ceux qui avaient été observés antérieurement par MM. Pouillet et Peltier, lors de la déshydratation des sels.
Une capsule de zinc contenant de Teau acidulée au t^, et dont on a élevé la température jusqu'à Tébullition , devient au contraire positive au lieu d'être négative, comme l'indiquerait l'action chimique produite; mais, dans ce cas-ci, il y a effet électro-chimique et effet do frottement, et ce dernier est plus considérable, étant provoqué par le dégagement du gaz hydrogène, comme on le démontre directement : c^est ce dégagement qui rend la capsule positive.
Le gaz acide carbonique, en s^échappant d^un liquide, est au contraire positif, ainsi que l'oxygène. On voit par là que ces gaz, en se dégageant de l'eau, rendent celle-ci négative.
L'oxygène qui se dégage des feuilles des végétaux sous l'influence de la lumière, ainsi que le gaz acide carbonique à la sortie des feuilles pendant la nuit , en vertu de la même cause, doivent emporter un excès d'électricité positive. L'hydrogène protocarboné, en se dégageant des eaux où se trouvent des matières organiques en décomposition, possède au contraire un excès d'électricité négative. Ces' effets , qui sont mécaniques, doivent intervenir dans les phénonliènes électriques de Patmosphère.
Pression, CEpinus (26) avait dit qu'en pressant deux plaques de verre elles s'électrisaient, l'une positivement, l'autre négativement. Mais le dégagement derélectricité, dans cette circonstance, n'a été étudié que depuis rexpérience suivante de Libes(27); ce physicien observa qu'en posant avec pression sur un plateau de bois recouvert de taffelas gommé enduit d'une couche de résine élastique, un disque de laiton isolé, ce disque , en l'enlevant, était électrisé négativement, tandis qu'un effet contraire avait lieu en pressant le disque avec frottement. Hauy (28) trouva ensuite qu'un cristal de spath d'Islande jouissait de la propriété d'acquérir un fort excès d'électricité positive par la simple pression entre les doigts.
Ces^effels n'étaient pas particuliers à ces substances; M. Becque-
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rel (29), dans deux mémoires, dont le premier a été lu à l'Académie des sciences le 20 mars 1820, a démontré qu'ils dépendaient de propriétés générales que l'on peut énoncer de la manière suivante : 4° Si deux corps de nature quelconque et isolés, l'un d'eux étant un mauvais conducteur, sont pressés l'un contre l'autre, ils sortent, chacun, de la compression avec un excès d'électricité contraire ; la chaleur favorise la production du phénomène; 2® en opérant avec deux portions semblables d'un même corps, la plus légère différence de température suffit pour provoquer le dégagement d'électricité par pression sans frottement; la surface la plus chaude est négative.
A l'aide d'une balance électrique de torsion très-sensible pourvue de divers accessoires, M. Becquerel a trouvé, toutes choses égales d'ailleurs, que, pour de faibles pressions et la même vitesse de séparation des corps, la tension de l'électricité croît comme la pression. M. Péclet (30) a étudié les effets de la pression avec une machine électrique construite de telle manière qu'il pouvait obsener l'influence du temps, celle de la vitesse et de la pression sur le dégagement de l'électricité. De ses expériences il a déduit les conséquences suivantes : 1° La vitesse et la pression étant constantes, la tension finit par le devenir; 2<» en général, la tension est indépendante de la vitesse ; 3*» au delà d'une certaine limite , la pression n'influe plus sur l'électricité dégagée. M. Péclet, dans ses expériences, a fait abstraction de Féleclricité qui se recombine au contact, quand on ne met aucun obstacle à la recomposition. En général, on ne doit jamais perdre de vue dans les effets électriques de pression et de frottement les considérations suivantes : 1® Lorsque la décomposition des deux électricités s'effectue phis rapidement que la recomposition, la tension électrique augmente; 2* si la recomposition se fait dans un temps appréciable, plus on tournera vite la roue de la machine, plus la tension maximum augmentera. Quant à l'influence de la pression, elle n'est sensible, comme l'a montré M. Becquerel, que lorsque la vitesse avec laquelle on sépare les corps frottés est suffisante pour s'opposera la recomposition d'une portion de Télectricité dégagée pendant que la pression primitive passe par les pressions intermédiaires.
Clivage. M. Becquerel a établi un rapprochement entre les effets électriques de pression et ceux que présente le clivage des substances minérales cristallisées, telles que le mica, le talc, la chaux sulfaléf, etc. En clivant rapidement une lame de mica dans l'obscurité^