CHAPITRE Y1Î
on aperçoit une faible lueur phosphorique^ en même temps que chaque partie séparée emporte avec elle un excès d*éleclricité contraire. Les deux n)émes lames rapprochées Tune de l'autre et pressées jusqu'à les faire adhérer légèrement, puis séparées rapidement, produisent les mêmes effets. Cette faculté se perd peu de temps après.
M. Becquerel a conclu de ses recherches que toutes les fois que Ton sépare deux corps en contact adhérant Tun à l'autre par la force de cohésion ou toute autre cause, ces deux corps possèdent toujours un excès d'électricité contraire. Il a rapporté à cette cause les phi-nomènes lumineux produits dans les mers polaires quand des blocs de glace viennent à se heurter.
Il faut rapporter aux effets électriques de clivage, et par suite à la désagrégation, les effets observés par Gray en 1733 (31) dans la solidification de certaines substances fondues, telles que le soufre, la résine, et ceux que Ton obtient avec le chocolat, l'acide phosphorique, etc., quand on les sépare des vases de verre où les matières ont été coulées; le vase prend une électricité, et la matière l'autre. Kinnerstley étudia plus tard les mêmes effets, mais principalement Wilke et ensuite Œpinus (32). Peut-être faut-il y rapporter encore les effets de phosphorescence observés par M. Henry Rose (33) dans la cristaUisation de Tacidc arsenieux, et dans celle des sulfates de soude et de potasse.
§ IL Dégagement de l'électricité dans les actions physiques.
Les principales actions physiques qui dégagent de rélectricitésont la chaleur, et l!induction produite, soit par l'électricité, soit par les aimants: ce dernier sujet ayant déjà été traité, nous n y reviendrons pas y d'un autre côté , ou a prouvé que le changement d'état des corps ne donnait lieu à aucun phénomène électrique; quant aux effets qui résultent des actions capillaires et étudiés par M. Becquerel (34\ ils indiquent seulement que dans cette action moléculaire, comme lorsque l'équilibre des corps est troublé et qu'il y a travail produit, il y a manifestation d'effet électrique ou de la chaleur. Dans ce paragraphe, il ne sera donc question que du dégagement de Pélectricité piir l'action de la chaleur.
Cristaux pyro électriques. On a vu page 11 que la tourmaline jouissait de la propriété d'êlre électrique par élévation ou abaissement de température; d'aulros substances possèdent également
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cette faculté, entre autres la topaze (35), le zinc oxydé (30), la boracite (37), la phrénite (38), la mésotype, le sphène, Taxinite, dont les cristaux, suivant Hauy, dérogent à la loi de symétrie, c'est-à-dirc qui présentent cette particularité que les parties opposées correspondantes ne sont pas semblables; le sommet qui a le plus de facettes pst positif par refroidissement.
M. Becquerel (39) a disposé un appareil avec lequel il a déterminé, à l'aide de la formule de pendule, les intensités électriques polaires successives d^me tourmaline oscillant librement entre les piMes contraires de deux piles sèches. Les observations recueillies montrent que Tintensité de l'électricité n'est pas en raison directe des variations de température, mais suit une loi très-complexe qui dépend particulièrement du pouvoir conducteur du minéral.
MM. Riess et G. Rose (40) ont montré que, dans la plupart des cristaux pyro-électriques, il n'y a qu'un seul axe électrique, qui ne se confond pas toujours avec l'axe de cristallisation; mais il existe (les cristaux qui ont plusieurs axes ; Taxinite en a deux distincts des axes de cristallisation. La boracite, qui cristallise en cubes, h quatre axes électriques se confondant avec les quatre axes du cristal. Le docteur Hankel a annoncé que cette substance possédait trois autres axes se confondant avec ceux du cube : cette substance aurait donc aussi des pôles aux centres des faces; ce fait a été vérifié par MM. Riess et G. Roze.
M. Gaugaîn (40') a étudié les propriétés électriques de la tourmaline en mettant en communication Tune des extrémités du cristal avec un électroscopc, l'autre avec le sol; il a obtenu pendant le refroidissement une quantité d'électricité plus cotisidcrable que celle que Ton avait obtenue jusqu'ici. En formant des piles de quantité, c'est-à-dire en réunissant un certain nombre de tourmalines par les pôles de même nom , il a pu condenser assez d'électricité sur un condensateur pour donner de petites étincelles. Contrairement aux observations faites avec des tourmalines isolées, il a reconnu que dans les échantillons de même teinte, les plus limpides et les plus volumineux étaient ceux qui donnaient le plus d'électricité.
On s'est demandé d'où provenait le dégagement d'électricité dans les cristaux pyro-électriques? M. Becquerel a émis Topinion qu'il s'opérait par l'action de la chaleur une dilatation, un clivage naturel qui dégage de l'électricité, comme cela a lieu quand on clive