‹ Resumee de l'histoire de l'electricite et du magnetisme, et des applications de ces sciences a la chimie, aux sciences naturelles et aux artsChapitre 43 sur 76 · CHAPITRE Mr. tCI · texte numérisé non relu

CHAPITRE Mr. tCI

après des recherches très-précises, ii en a conclu que les courants électriques sont dus à des changements moléculaires toujours plus ou moins irrégnliers pendant la propagation de la chaleur, irrégularités que l'on ne rencontre pas avec les autres moyens de déterminer les températures.

Mais si le thermo-multiplicateur ne peut remplacer sous le rapport de l'exactitude le thermomètre ordinaire, il peut être employé avantageusement toutes les fois que l'on cherche des différences de température instantanées et comprises entre des limites très-rapprochées, comme Tout fait MM. Becquerel et Breschet dans leurs recherches sur la température de Ihomme et celle des animaux, et que les thermomètres ordinaires ne sont pas en état d'accuser ; ces différences n'allant pas au delà de l à 3% on peut regarder comme exactes les indications obtenues, car alors les variations du thermomultiplicateur ne sont pas appréciables.

§ III. Dégagement de l'éleclricilé dans les actions chimiques.

La question du dégagement de rélectricilé est d'une grande hnportance pour applications aux arts; elle est du même ordre que celle de la production de la chaleur : aussi les recherches doivent-elles tendre à se procurer le plus d'électricité possible sous forme de courant par les moyens les plus simples et les moins dispendieux. Mais, comme les actions chimiques sont les sources les plus fécondes d'électricité, nous exposerons les principales recherches faites pour découvrir les lois du dégagement d'électricité qui en résulte.

Lorsque Volta, en décrivant la pile, annonçait que le dégagement d'électricité produit dans cet appareil était dû au siniple contact des deux métaux composant chaque élément, et que le corps intermédiaire humide qui séparait deux couples voisins remplissait seulement les fonctions de conducteur, il s'appuyait sur un principe que la science a écarté depuis. On sait aujourd'hui que le dégagement d'électricité n'a lieu qu'autant que le contact est suivi d'une action mécanique, physique ou chimique, c'est-à-dire qu'autant qu'il y a un travail moléculaire de produit. La pile n'en reste pas moins, en physique, la plus grande découverte des temps modernes.

Les premières expériences enlreprisos dans le but de recueillir de l'électricité dans les actions chimiques ont été faites d'abord par Lavoisier et Laplace, puis par Volta et de ifaussure (page \'3 );

102 DE L^hLECTUIcnÉ BT DL MAGNkTISUE.

mais les résultats qu'ils obtinrent étaient tellement complexes qu'ils ne purent arriver à Ibrniuler aucune loi. \)\\n autre côté, les opinions'contradictoires émises par Volta , Fabroni^ Wollaston et Davy sur la cause du dégagement de l' électricité dans la pile^ comme on la vu page 20, tenaient les esprits en suspens sur l'intluence que |)0uvait exercer Tactioa chimique; la découverte d'Œrsted mit un terme à cette indécision en fournissant les moyens d^étudier la question de manière à la résoudre complètement.

En 1823, Œrsted (61) inséra dans les Annales de chimie et de physique une note sur quelques applications faites avec le multiplicateur de Schweegger. Dans cette note , il mentionnait les effets électriques contraires obtenus par M. Avogadro , en plongeant différents couples métalliques dans de l^acide nitrique concentré et dans de l'acide nitrique étendu. Il se bornait à dire^ en mentionnant le couple antimoine et arsenic^ que le phénomène d'inversion paraissait être en rapport avec Faction chimique qu'exerce l'acide sur les deux métaux dans ses différents degrés de concentration; on a vu (page 3i) que Davy avait dc^jà signalé le renversement des pôles d*une pile chargée avec le sulfure de potassium. 11 cite encore le fait suivant : si Ton plonge successivement deux lames de zinc dans de Tacide sulfuriquc ou clilorhydrique étendu^ la lame qui est plongée la première se comporte envers l'autre comme le métal le plus positif. Œrsted ne tira aucune conséquence de ces faits.

M. Becquerel (G2;, sans avoir eu connaissance de la note remise par (JËrsted à Arago pour être insérée dans les Annales, et qui n'était pas encore imprimée^ communiquait à l'Académie des scienœs^ dans la séance du i 9 mai 1823^ un mémoire dans lequel il exposait ses premières recherches sur les phénomènes thermo- électriques et sur les effets électriques produits dans les actions chimiques.

M. Becquerel s'exprimait ainsi : En plongeant Fiin après l'autre^ dans de l'acide nitrique ordinaire, les deux bouts du fil de cuivre d'un galvanomètre, l'acîtion chimique était énergique, et l'aiguille aimantée était forteuient déviée; le bout plongé le premier prenait au liquide rélectricité positive. En variant les expériences, ilre* connut que le sens du courant était déterminé par le bout qui était le plus attaqué, celui-ci devenant négatif; en opérant avec deus fils de platine fixés aux extrémités du galvanomètre, il n'y avait courant qu'autant (pic Ton versait (pielques gouttes d'acide chlorhydrique près de l'un des fils de platine innnergés, pour que le métal fût atta(|ué; dans ce cas , le fil attaqué était négatif. Enfin, eu

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faisant réagir un acide sur un alcali^ il observa que pendant leur combinaison^ l'acide prenait l'électricité positive, et Talcaii l'électricité négative. La loi générale qui régit le dégagement de l'électricité dans les actions chimiques fut exprimée dans ce mémoire comme il suit : «Quand un corps se combine avec un autre, celui qui se comporte comme acide rend libre de l'électricité positive, et celui qui agit comme alcali, de l'électricité négative. »

M. Becquerel (63) présenta à l'Académie des sciences, dans la séance du 7 Juillet i823, un mémoire ayant pour titre : Des effets électriques qui se développent pendant diverses actions chimiques» Dans ce mémoire il démontra l'exactitude de la loi qui régit ces effets, en se mettant à Tabri de toutes les causes qui compliquaient le phénomène, non- seulement dans les cas cités précédemment, mais encore dans la combinaison des alcalis avec les oxydes. Il annonça en même temps que les doubles décompositions ne dégageaient pas d'électricité. H fit voir, dans le même mémoire, que les effets électriques obtenus avec un circuit composé d'un seul métal et d'un liquide additionné de quelques gouttes d'un autre liquide capable d'attaquer l'un des bouts de la lame ou du fil de métal, étaient encore les mêmes que dans un circuit mixte de deux métaux, en interposant entre eux une bande de papier humide, pour éviter l'effet de l'action électromotrice de contact, si toutefois elle existait.

Le Sa septembre 1823, M, Becquerel (64) fit connaître à l'Académie des sciences ua procédé à Taide duquel on pouvait mc^ surer l'intensité de l'action chimique au moyen des effets électriques qui en résultaient. Deux mois après (65), il décrivit les effets électriques produits par la réaction des acides et des alcalis sur l'eau et dans les actions capillaires. 11 indiqua ensuite un procédé à l'aiHe duquel on peut reconnaître de très-petites quantités de cuivre alliées à l'or*

Le 12 avril 1824, il exposa à l'Académie des sciences (66) les effets électriques de tension obtenus dans les actions chimiques au moyen de l'électroscope condensateur de Bohnenbergcr qu'il avait perfectionné, effets qui étaient les mêmes que ceux accusés pai* le galvanomètre. Il décrivit en même temps un procédé à l'aide duquel on peut rendre sensibles les altérations que certaines dissolutions éprouvent au contact de l'air. Il suffit, pour cela, de placer dans la dissolution deux lames de platine en rapport avec un galvomèlrci d'en retirer une, et de la replonger quelques instants

toi D£ L^£LECTfiTGITÉ ET DU UAGNÉTISMB.

après : il en résulte uu courant dirigé dans un sens tel que la lame replongée, et qui a été en contact avec Pair, prend rélectricité positive.

M. Becquerel (07), le 3i mai 1824, exposa devant TAcadéraie la théorie de la distribution de l'électricité dans la pile de Volta, au moyen des effets électriques produits dans la réaction des liquides sur les métaux. Le o juillet suivant (68), il fil voir quels étaient leseffets électriques produits dans le contact de certaines flammes et des métaux et dans la combustion ; mais il reconnut que dans la combustion , qui n'est autre que la combinaison de Toxygène avec un corps combustible, les effets observés se compliquaient d'effets thermo-électriques contre lesquels il se mit en garde plus tard.

Les décompositions chimiques devaient donner lieu à des effets électriques inverses de ceux qui se manifestent dans les combinaisons; M. Becquerel mit ce fait en évidence (69), le 3 octobre !82l, à l'aide d'une éponge de platine plongée dans Teau oxygénée : l'éponge , en se recouvrant d'oxygène au moment de son immersion dans Peau oxygénée, devenait négative, état électrique qui lui était communiqué par l'oxygène à l'instant où il abandonnait Teau. Dans ce mémoire, où il décrivait toutes les expériences relatives à la décomposition de Teau oxygénée, il montra comment on pouvait mettre en évidence les effets électriques produits dans les actions chimiques en opérant avec deux lames d or, de Tacide cblorhydrique ou nitrique, versant près de l'une d'elles quelques gouttes d'une dissolution de nitrate ou de chlorure alcalin, et en déduisit un procédé électro chimique pour découvrir dans une dissolution la présence d'un de ces deux sels.

Ainsi, en moins de deux ans,, il posa les lois générales de dégagement de l'électricité dans les actions chimiques, et Pon verra dans le chapitre suivant que, quelques années plus tard, il compléta' son œuvre en créant les piles à deux liquides ou à courants constants.

M. Pouillet (70), dans un mémoire présenté à l'Académie des sciences en 1825, exposa le résultat de ses recherches sur l'électricité des fluides élastiques et sur une des causes de rélectricité de l'atmosphère, questions qui avaient déjà occupé Laplace, Lavoisier, Vol ta et de Saussure (p. 13). Voici les principales conséquences qu^il en déduisit :

1'* Dans la combustion du charbon, ce corps prend Félectricité négative ; loxygène, et par suite le gaz acide carbonique, l'électricité positive : ce qui est conforme aux lois qui régissent le dégage-

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