‹ Resumee de l'histoire de l'electricite et du magnetisme, et des applications de ces sciences a la chimie, aux sciences naturelles et aux artsChapitre 47 sur 76 · CHAPITRE VIF · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIF

préalablement dans du gaz préparé séparément; cela tient à ce que ces gaz, en sortant des combinaisons, sont dans un état particulier analogue à celui de l'oxygène, dont on parlera plus tard, ou bien à une action chimique qui n'est pas encore définie.

Nous devons dire également, en parlant des actions exercées par les gaz, que M. E. Becquerel (89) a montré que Thydrogène, en présence du platine, pouvait donner lieu à la production d'électricité statique, appréciable à un électroscope ordinaire.

Effets électriques dus à Vaction chimique de la lumière, M. E. Becquerel a découvert, en 1840 (90), que les réactions chimiques opérées sous l'action de la lumière pouvaient donner lieu à des effets électriques analogues à ceux qui se manifestent quand deux corps réagissent chimiquement Fun sur Tautre; ainsi des substances impressionnables comme le chlorure ou le bromure d'argent, placées sur des lames de platine ou d'or, donnent lieu au développement d'un courant électrique assez énergique au moment où la lumière les frappe. Le sens de ce courant est tel que la lame recouvei*te des corps impressionnables, et qui est exposé au rayonnement prend rélectricité positive, et le liquide environnant la négative.

Il a étudié dans plusieurs mémoires (91) les actions des différentes parties actives du rayonnement lumineux, en faisant usage des courants électriques développés lors de l'action chimique produite, non-seuleniTînt à Paide de lames inoxydables recouvertes de matières diverses, mais encore en employant des lanies métalliques d'argent ou de cuivre, recouvertes directement de composés impressionnables. L'appareil qui contient les lames excitables a été nommé par lui actinomètre électro-chimique, et pour certaines parties du rayonnement cet instrument est analogue à la pile thermo-électrique pour la chaleur rayonnante. L'actinomètre se compose essentiellement d'une petite cuve à eau remplie d'un liquide conducteur inac- .tif; deux lames d'argent exposées à la vapeur d'iode, ou bien deux lames de platine aussi identiques que possible, recouvertes de matières impressionnables, s'y trouvent plongées : l'une d'elles est soustraite h l'action de la lumière , et la partie active du rayonnement vient frapper l'autre ; aussitôt que cet effet a lieu, un galvanomètre très-sensible 5 dont les deux extrémités du fil touchent aux lames, accuse la présence d'un courant électrique qui no dure qu'autant que la lumière exerce son action.

Il est évident que chaque substance impressionnable à la lumière étant sensible entre des limitps différentes de réfrangibilité, et par

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mais les résultats qu'ils obtinrent étaient tellement complexes qu'ils ne purent arriver à formuler aucune loi. D^m autre côté, les opinions 'contradictoires émises par Volta , Fabroni, WoUaston et Davy sur la cause du dégagement de rélectricitÀdans la pile, comme on l'a vu page 20, tenaient les esprits en suspens sur Tinfluence que pouvait exercer l'action chimique; la découverte d'Œrstcd mit un terme à cette indécision en fournissant les moyens d^étudier la question de manière à la résoudre complètement.

En iS^'S, (Ersted (61) inséra dans les Annales de chimie et de physique une note sur quelques applications faites avec le multiplicateur de Schweegger. Dans cette note, il mentionnait les effets électriques contraires obtenus par M. Avogadro , en plongeant différents couples métalliques dans de Pacide nitrique concentré et dans de l'acide nitrique étendu. 11 se bornait à dire, en mentionnant le couple antimoine et arsenic, que le phénomène d'inversion paraissait être en rapport avec l'action chimique qu'exerce l'acide sur les deux métaux dans ses différents degrés de concentration; on a vu (page 34) que Davy avait déjà signalé le renversement des pôles d'une pile chargée avec le sulfure de potassium. 11 cite encore le fait suivant : si Ton plonge successivement deux lames de zinc dans de Tacide sulfuriquc ou chlorhydrique étendu, la lame qui est plongée la première se comporte envers l'autre comme le métal le plus positif. Œrsted ne tira aucune conséquence de ces faits.

M. Becquerel (G2), sans avoir eu connaissance de la note remise par (JErsled à Arago pour être insérée dans les Annales j et qui n'était pas encore imprimée, communiquait à l'Académie des sciences, dans la séance du 19 mai 1823, un mémoire dans lequel il exposait ses premières recherches sur les phénomènes thermo-électriques et sur les effets électriques produits dans les actions chimiques.

M. Becquerel s'exprimait ainsi : En plongeant l'un après l'autre, dans de l'acide nitrique ordinaire, les deux bouts du fil de cuivre d'un galvanomètre, l'action chimique était énergique, et raiguilieai" mantée était fortement déviée; le bout plongé le premier prenait au liquide rélectricité positive. En variant les expériences, il re* connut que le sens du courant était déterminé par le bout qui était le plus attaqué , celui-ci devenant négatif; en opérant avec deux fils de platine fixés aux extrémités du galvanomètre, il n'y avait courant qu'autant que l'on versait quelques gouttes d'acide chlorhydrique près de l'un des fils de platine immergés, pour que le métal fut atta(]ué; dans ce cas , le fil attaqué était négatif. Enfin, en

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faisant réagir un acide sur un alcali^ il observa que pendant leur combinaison^ l'acide prenait ^électricité positive^ et Talcali Télec- Iricité négative. La loi générale qui régit le dégagement deTélectricité dans les actions chimiques fut exprimée dans ce mémoire comme il suit ; «Quand un corps se combine avec un aulre, celui qui se comporte comme acide rend libre de l'électricité positive, et celui qui agit comme alcali, de l'électricité négative. »

M. Becquerel (03) présenta à PAcadémie des sciences, dans la séance du 7 juillet 1823, un mémoire ayant pour titre : Des effets électriques qui se développent pendant diverses actions chimiques » Dans ce mémoire il démontra Texactitude de la loi qui régit ces effets, en se mettant à Tabri de toutes les causes qui compliquaient le phénomène, non- seulement dans les cîis cités précédemment, mais encore dans la combinaison des alcalis avec les oxydes. Il annonça en même temps que les doubles décompositions ne dégageaient pas d'électricité. Il fit voir, dans le même mémoire^ que les effets électriques obtenus avec un circuit composé d'un seul métal et d'un liquide additionné de quelques gouttes d'un autre liquide capable d'attaquer Tun des bouts de la lame ou du fil de métal, étaient encore les mêmes que dans un circuit mixte de deux métaux, en interposant entre eux une bande de papier humide, pour éviter l'effet de l'action électromotrice de contact, si toutefois elle existait.

LeS2 septembre 1823, M. Becquerel (iU) fit connaître à TAcadémie des sciences un procédé à Taide duquel on pouvait mesurer rintensité de l'action chimique au moyen des effets électriques qui en résultaient. Deux mois après (65), il décrivit les effets électriques produits par la réaction des acides et des alcalis sur Peau et dans les actions capillaires. 11 indiqua ensuite un procédé à VaXHe duquel on peut reconnaître de très-petites quantités de cuivre alliées à l'or*

Le 42 avril 4824, il exposa à l'Académie des sciences (06) les effets électriques de tension obtenus dans les actions chimiques au moyen de l'électroscope condensateur de Bohnonberger qu^il avait perfectionné, effets qui étaient les mêmes que ceux accusés par le galvanomètre. Il décrivit en même temps un procédé à l'aide duquel on peut rendre sensibles les altérations que certaines dissolutions éprouvent au contact de Pair. Il suffit, pour cela, de placer dans la dissolution deux lames de platine en rapport avec un galvomètroi d'en retirer une, et de la replonger quelques instanf s

toi DE l'ÉLECTBIGITÉ ET DC ilAGNETISMB.

ii|iW*s : il cil résulte un courant dirigé dans un sens tel que la lauic n^plonjrée, et qui a été en contact avec Pair, prend l'électricité positive.

M. Becf|ueiel (07), le 31 mai 1824, exposa devant rAcadémie la théorie de la distribution de l'électricité dans la pile de Volia^ su moyen des effets électriques produits dans la réaction des liquides sur les métaux. Le 5 juillet suivant > 68), il fit voir quels étaient lesefl'ets électriques produits dans le contact de certaines flammes et des métaux et dans la combustion; mais il reconnut que dans la combustion , qui n'est autre que la combinaison de l'oxygène avec un corps combustible, les effets obsenés se compliquaient d'effcis thermo-électriques contre lesquels il se mit en garde plus tard.

Les décompositions chimiques devaient donner lieu à des effets électriques inverses de ceux qui se manifestent dans les combinaisons; M. Itecquerei mit ce fait en évidence (09), le 3 octobre !8îl, à laide d'une éponge de platine plongée dans l'eau oxygénée: Té- |K>nge , en se recouvrant d oxygène au moment de son immersion dans Peau oxygénée, devenait négative^ état électrique qui lui était communiqué par l'oxygène à l'instant où il abandonnait l'eau. Dans ce mémoire, où il décrivait toutes les expérieùces relatives à la décomposition de Teau oxygénée, il montra comment on pouvait mettre en évidence les effets électriques produits dans les actions chimiques en opérant avec deux lames d or., de l'acide chlorfiydrique ou nitrique, versant près de Tune déciles quelques gouttes d'une dissolution de nitrate ou de chlorure alcalin, et en déduisit un procédé électro chimique pour découvTir dans une dissolutioD la présence d'un de ces deux sels.

Ainsi, en moins de deux ans,, il posa les lois générales de dégagement de Télectricité dans les actions chimiques, et l'on verra dans le chapitre suivant que, quelques années plus tard, il compléta* son œuvre en créant les piles à deux liquides ou à courants constants.

JVl. Pouillct (70), dans un mémoire présenté à l'Académie des sciences en 18^5, exposa le résultat de ses recherches sur l'électricité des fluides élastiques et sur une des causes de Télectricilé de l'atmosphère, questions qui avaient déjà occupé Laplacc, Lavoisier, Volta et de Saussure (p. 13). Voici les principales conséquences qu^il en déduisit :

1" Dans la combustion du charbon, ce corps prend rélectricitc négative ; loxy gène, et par suite le gaz acide carbonique, l'électricité positive: ce qui est conforme aux lois qui régissent le dégage-

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