CHAPITRE VII
est le plus attaqué prenant rélectricité négative au liquide. Ce fait avait déjà été observé par Davy (page 34)^ qui n'en tira aucune conséquence ^ n'admettant pas la présence de l'électricité dans les actions chimiques.
Dans ce même mémoire M. de la Rive étudia : i° Tinfluence de la température sur la facilité que possède rélectricité à passer d*un métal dans un autre; 2^ les causes qui déterminent la production de l'électricité dite de contact sous forme do tension. Il arriva à cette conséquence , que rélectricité est toujours le résultat d'une action^ et jamais d'un état , et que l'on doit la considérer plutôt comme un effet que comme une cause; il lui a été facile ensuite de donner une théorie de la pile^ en s'appuyant uniquement sur l'électricité dégagée dans la réaction du liquide sur le métal le plus oxydable. Ce travail, qui a confirmé tous les faits observés antérieurement par M. Becquerel, a contribué puissamment à rcnvei*ser définitivement la théorie du contact.
M. Faraday, depuis 4 832, a publié dans les Transactions philosophiques une série de recherches importantes sur l'électricité, qui Tont conduit à la découverte des effets de l'induction. Nous ne parlerons seulement ici que de la seizième série, qui est relative à l'origine du pouvoir de la pile de Volta (76). Le travail de M. Faraday a'pour but de démontrer l'origine chimique de rélectricité dans la pile^ question qui se rapporte au chapitre que nous traitons. Dans ce travail publié en 1840, M. Faraday a accumulé les preuves pour démontrer Porigine chimique de la pile, en écartant complètement l'action de contact. Voici les principales conséquences auxquelles ses recherches l'ont conduit : 1° Dans un circuit fermé, composé de deux métaux et d'un liquide qui ne réagit sur aucun d'eux, il n'y a pas de courant; M. Becquerel avait démontré ce fait dix sept ans auparavant (p. 101). 2° Dans les circuits fonctionnant avec un liquide actif, le métal le plus attaqué imprime la direction au courant. Ce fait est la conséquence du précédent. 3° Les effets obtenus par l'emploi de la chaleur dans les couples voltaïques sont une confirmation de la théorie chimique. 4° En étendant plus ou moins d'eau le liquide qui fait fonctionner un couple, les résultats obtenus peuvent dépendre, dans certains cas, de la nature de l'acide comme substance décomposable , c'est-à-dire comme électroh/to, suivant l'expression de M. Faraday. Quelle que soit la circonstance qui tende à augmenter la puissance chimique du liquide et SI le rendre meilleur électrolyte, cette circonstance favorise la pro-
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SOD galvanomètre, que pendant la cootractioD d'on moscie il y avait réellement production d'un courant. La découverte de celte propriété est d'une grande importance en physiologie;
M. Matteucci est le premier qui ait fait quelques essais pour met^ tre en évidence sur Tanimal \ivant le courant musculaire; mais, la grenouille sur laquelle il opérait n'étant pas intacte , il pouvait donc rester des doutes sur les résultats obtenus; M. Dubois-Re3fnioiid voulut éviter cette cause d'erreur en expérimentant sur Fhomme^ comme il suit : on plonge un doigt de chaque main dans deux vases remplis d'eau salée , en communication avec le galvanomètre trèssensible^ au moyen de deux lames de platine. Vient-on à conb^cter tous les muscles d'un des bras, en ne mouvant pas les doigts , il se produit un courant dirigé du bras vers Pépaule. M. Becquerel a attribué la production de ce courant à la réaction, sur Feau, de la transpiration subite qui a lieu sur les doigts par Teffet de la contraction, laquelle transpiration fournit un liquide acide, qui donne lieu à un courant dirigé dans le même sens, puisqu'on obtient le même effet en contractant le bras avant l'immersion. M. Dubois-Reymond a répondu à cette objection en disant que l'effet produit dans ce dernier cas n'est pas contraire à la doctrine qu'il professe^ attendu que la cause qui engendre le courant musculaire persiste dans les muscles quelques temps après la contraction; M. Becquerel pense que cette raison de détruit pas son objection.
M. Donné , en faisant usage du même mode d'expérimentation que celui qu'il avait employé pour les végétaux , a trouvé que la peau de l'homme était positive relativement au liquide qui humecte la bouche, ainsi que l'estomac à Tégard du foie, etc. Tous ces effets sont dus aux réactions chimiques qui ont lieu par l'intermédiaire des tissus, entre les liquides différents qui humectent les organes.
§ V. Electricité atmosphérique et phénomènes qui s'y rapportent.
Au milieu du siècle dernier, on savait déjà (p. 9) que, dans les temps sereias, l'air possédait un excès libre d'électiicité positive; que cet excès était soumis toutes les vingt-quatre heures à des variations régulières d'intensité ; que, par les temps nébuleux et orageux, l'électrieité était tantôt positive, tantôt négative, et quelquefois nulle, etc. On avait encore remarqué que l'excès d'électricité positive était assez faible peu avant le lever du soleil, qu'il
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augmentait peu à peu avec le lever , puis rapidement^ et arrivait ordinairement quelques heures après à son premier maximun). Cet excès diminuait d'abord rapidement^ ensuite lentement^ et arrivait à son minimum quelques heures avant le coucher du soleil ; il re* commençait à monter dès que le soleil s^approchait de l'horizon , et atteignait peu d'heures après son deuxième maximum y puis il dîmûiuait jusqu'au lever du soleil.
Depuis^ on a perfectionnéles appareils et les moyens d'observation, de sorte qu'on a eu des déterminations plus précises. Aux électromètres de de Saussure et de Yolta, Peltier a substitué celui de Rousseau (107), perfectionné par lui et pourvu de divers accessoires, qui Font rendu portatif et capable de donner des résultats exacts et toujours comparables. Cet électromètre est muni à sa partie supérieure d'une tige et d'une boule creuse de métal de 0",1 de diamètre, avec laquelle on observe l'action par influence exercée par ^électricité de l'air. Quand on veut recueillir directement l'électricité, on enlève la boule, et l'on fait usage d'une pointe ou d'un faisceau de fils de platine.
En même temps que Télectromètre, on emploie aussi un galvanomètre à très-long fil parfaitement isolé, dont l'une des extrémités est en communication avec la tige d'un paratonnerre isolé, et l'autre avec le sol ; cet appareil, toutefois, ne donne des indications que lorsque la tension électrique est considérable. On se sert également de cerfe'Volants, de ballons captifs et de flèches lancées avec un arc, comme Ta fait M. Becquerel (108).
Schubler(109) de 1811 à 1812 a donné des tables d^observations qui ont servi à fixer les heures des deux maNima et des deux minima des variations diurnes. Arago a déterminé également les heures de ces maxima et de ces minima. Depuis cette époque, on s'est livré à des observations d'électricité atmosphérique dans presque tous les observatoires de l'Europe, notamment dans celui de Bruxelles, où M. Quetelet (110) a fait une étude spéciale des phénomènes de l'atmosphère, ainsi que dans ceux de Kew, de Munich, etc.; dans le premier de ces deux observatoires, M. Ronalds, dans le second , M. Lamont, se sont livrés à des observations suivies. M. Peltier (111) a fait également un grand nombre d'observations.
On a vérifié, comme on le savait avant, que dans les temps sereins, l'air était ordinairement positif, et que l'excès d'électricité positive allait en augmentant , en s'élevant auKiessus du sol.
tSO DC L*ÉLECTftlCITC MT DU MAfiSBTISMS.
M. Quetelet a reconnu que pour la même hauteur atmosphérique îl y a deux mainna et deux minima dont les heures changent soifant les saisons, ce qui est assez d'accord aTCc les obsenratkns de de Saussure, qui n'a donné que des indîcatîoiis générales; îl a déduit des nombreuses observations faîtes à Bruxelles querinstant qui représente le mieux l'état moyen électrique de la journée, dans les différentes saisons, est onze heures du matin.
Les variations mensuelles ont occupé également les observateurs; nous mentionnerons seulement ici les résultats obtenus par M. Quetelet, et ceux déduits des observations de M. Ronalds, qui résument Tétat de nos connaissances actuelles à cet égard :
I* L'électricité atmosphérique positive atteint son maximum en janvier et son minimum en juin. Le maximum et le minimum sont dans le rapport de 3 : I.
^ Les maxima et minima absolus de chaque mois suivent une marche semblable à celle des movennes mensuelles.
3* Dans le cours de Tannée, Télectricité est plus forte quand le ciel est serein que lorsqu'il est couvert, excepté vers les mois de juin et de juillet. A partir de cette époque , la différence augmente d'autant plus qu'on approche davantage du maximum; le ra{^)ort est alors de 4 : i .
Dans l'observatoire de Kew, des 15,170 observations recueillies dans une période de cinq années, 44,515 sont relatives à Télectricité positive, et 665 à rélectricité négative. En construisant graphiquement les courbesqui représentent ces observations, M. Birt (112) en a tiré les conséquences suivantes : la tension minimum de rélectricité atmosphérique parait avoir lieu à deux heures du matin. La tension augmente ensuite graduellement jusqu'à six heures du matin , puis plus rapidement, et devient double à huit heures de ce qu'elle était à sixnheures. L^accroissement est alors plus gradué jusqu'à dix heures, époque du maximum du matin ; après quoi la tension diminue jusqu'à quatre heures, où elle n'est que très-peu supérieure à ce qu'elle était à huit heures. Ce deuxième minimum est le minimum diurne ; la tension augmente ensuite rapidement jusqu'à huit heures du soir; ce maximum du soir est notablement plus fort que celui du matin. Entre dix heures et minuit, la tension diminue, et cette diminution continue jusqu'à deux heures du matin. M. Birt a déduit aussi des observations susmentionnées la période annuelle.
En ce qui concerne l'électricité négative, on a reconnu, en comparant les observations faites dans diverses localités , que lorsque