CHAPITRE TII
Tair possède cette électricité^ il est tombé le plus souvent une pluie qui était en général abondante^ et que les cas où il n'est pas tombé de pluie ont été très-rares.
En partant de l'électricité libre qui existe ordinairement dans Tair^ on a pu expliquer facilement la grande tension électrique que possèdent les nuages orageux à l'instant de leur formation. Gay- Lussac (112*) en a donné une explication très-rationnelle : à Tinstant où un nuage se forme, Tair étant électrisé positivement^ Pélectricité libre se réunit en couches très-minces sur la surface de chaque globule vésiculaire; le nuage devenant plus dense, les globules vésiculaires sont plus rapprochés ^ et il arrive un instant où il peut être considéré comme un conducteur continu : à ce moment^ toute rélectricité qui se trouvait disséminée autour des globules est réunie à la surface du nuage qui, occupant un espace beaucoup moindre, possède une forte tension électrique et est orageux; emportés par le vent, les nuages perdent ensuite leur électricité. Si l'électricité de Tair est positive, on a un nuage positif; dans le cas contraire , il est négatif. Quant à la hauteur des nuages orageux , à leur couleur, à Tinfluence de Télectricité des nuages , à la formation des vapeurs, à celle des orages, à leur distribution sur le globe et à leurs effets , questions sur lesquelles on a encore beaucoup à dire , nous renvoyons aux ouvrages mentionnés, dans la table (113).
Les causes qui produisent cette énorme quantité d'électricité qui se trouve dans Tair, surtout dans les temps d'orage, sont nombreuses et la plupart inconnues. Quelques-unes ont été indiquées pages 151 et 173, mais il en existe encore d'autres qu'on pense devoir intervenir. On a supposé que la distribution de la chaleur dans la terre et l'atmosphère devait donner lieu aussi à des effets électriques; MM. Becquerel et Delarive ont exprimé cette opinion, mais on n'a encore acquis aucune preuve directe à cet égard. M. Delarive pense néanmoins qu'il faut chercher dans les vapeurs la cause de l'électricité atmosphérique. Les vapeurs qui s'élèvent de la terre doivent prendre effectivement à celle-ci de l'électricité négative qu'elles transportent dans l'air, laquelle sert à neutraliser une certaine portion d'électricité positive et à formerdes nuages négatifs.
Les paratonnerres ont reçu depuis Franklin, voir page 8, des perfectionnements successifs dus à des observations faites par les praticiens. En 1823, sur la demande du gouvernement, l'Académie des sciences invita la section de physique à rédiger une
ISa DE l'électricité IT DO MAG!TÉTI8ME.
ÎDstniction spéciale sur les paratonnerres; Gay-Lussac (144) fut chargé du rapport dans lequel se trouvent toutes les règles pratiques qui peuvent servir de guide. Depuis lors^ rélectricité s'étaot enrichie de découvertes importantes^ et la nature des constructioDs ayant éprouvé des changements considérables, dans un grand nombre de cas, les métaux remplaçant le bois et la pierre^ on a senti la nécessité de revoir les instructions de 18â3. L'Académie des sciences fut appelée à s'occuper de nouveau de cette question^ à l'occasioii de la construction du Palais de Tlndustrie ; la section de physique fut chargée de préparer le travail^ en le reprenant là où l'avait laissé Gay-Lussac. M. Pouillet fut choisi pour rapporteur (lia). La plupart des nouvelles instructions que renferme le rapport n'étant pas encore sanctionnées par l'expérience^ nous n'en parlerons pas ici. Nous mentionnerons encore les travaux de sir Snow Harris sur les paratonnerres à bord des navires, lesquels paratonnerres sont en usage maintenant en Angleterre.
M. Becquerel j dans cette période de l'histoire de Télectiîcité que nous exposons ici^ a découvert les lois du dégagement de rélectricité dans les actions chimiques^ lois qui ont donné un grand développement à l'électro-chimie^ et dont le premier résultat a été le renversement de la théorie du contact de la pile^ auquel a concouru si puissamment M. Delarive^ par ses travaux^ sa persistance et ses vues ingénieuses ; M. Pouillet a analysé les effets électriques produits dans révaporation quand il y a décomposition chimique ou ségrégation ; MM. Nobili, Matteucci et Dubois-Reymond ont découvert l'existence de l'électricité dans les muscles et les n^fs des animaux vivants quand ils fonctionnent ou dans ceux des animaux récenunent tués.
LWrS ma ■ÉMOIRES et OUVEàGES CntS DAMt LE CffAPITRE TR.
(1) PriesUey, Histoire de Vélectricité, 1. 1, p. 93.
(2) Philos, trans.f vol. LXI, part. 1, p. 331. — Priestley, 1. 1, p. 407. (2') PriesUey, Histoire de Vélectrictté, 1. 1, p. 424.
(3) Mémoires de V Académie des sciences pour 1769, histoire, p. 10, Mémoires, p. 407. — Priestley, t. Il, p. 49.
(4) Mémoires de r Académie de Turin, 1765, p. 31. — Priestley, t. If, p. 70.
(5) Biot, Traité de physique expérimentale, t. TI, p. 354.
(6) Mémoires de la Société de physique et d' histoire naturelle de Genève t YI, p. 174.
CHÀPITBE VII. 183
(7) Annales de chimie et de physique^ a' série, t. XXXVIIT, p. 133. (6) BecqMtfl ,]Traité d* électricité, t. Y, 2* partie, p. 44. -» Annalei de chimie et de physique, t. LX, p. 261.
<9) Archives de Vélectricité, Genève, t. V, p. 480.
(10) Nov, commentar. reg. Gôltingue, 1777, t. I; td., 1778 et 1779.
(11) Journal général de France, u" 9. — Mémoires de V Académie de Berlin, t. XXXIV» p. 5, 1866. — Diclionnaire de physiqw de Gehler, t. \U, p. 754, (1827).
(12) Annal» der Poggend., t. XGXVIII» V p. 170 (I850).
(13) Philosopha Magazin., novembre 1840. •— iire^vM de Véleetricilé ^ Oe^ nèife, 1. 1» p. 145.
(14) Archives d*électricité, t. III» p. 369. ^ Annales de cMmie et de phy* sique, 3* série » t. X, p. 88.
(15) Philos, trans. abriged., vol. X, p. 272» et vol. LU, partit 2. <— Priesttey, Histoire de Vélectricité, 1. 1, p. 140 et 357.
(16) Priestley, Histoire de Vélectricité^ t. III, p. 91.
(17) Annales de chimie et de physique, 2' série, t. XVi, p. ô3.
(18) Idem, ibid.
(19) Comptes rendus de V Académie des sciences, t. XLII, p. 46. «. Becqiiere et E. Becquerel, Traité d'électricité en 3 volâmes, t. III, p. 391.
(20) Uauksbée, Physico médical, exper», p. 12. — Priestley 1. 1, p. 30 «t 137.
(21) Priestley, t. 1, p. 33.
(22) Idem, id., p. 240.
(23) Journal de physique, i. LXXIII, p. 230. — Ann.de phys, etdechim.^ 2« série, t. Il, p. 59.
(23*) Ann. difisiea, chemica, 1842. -^Archives de Vélectricité^ t \u p. S95.
(24) Annales de chimie et de physique, 3' série, t. XLIV, p. 4ui (1666).
(25) Comptes rendus de V Académie des sciences de V institut, t. XLIH,p. 1011.
(26) Priestley, Histoire de Vélectricité, 1. 1, p. 42G.
(27) Dictionnaire de physique de Libes, au mot Électricité.
(28) Annales de chimie et de physique, 2*^ série, t. Y, p. 96, et t. Ylll, p. 313.
(29) Idem, tXXll, p. 1.
(30) Annales de chimie et dephysiqîte, 7!^ série, t. LVll, p. 337.
(31) Mémoires de V Académie des sciences, i, XLII, p. 2, (1734).
(32) Priestley, Histoire de Vélectricité, t. I, p. 344 et 42?.
(33) Annales de chimie et de physique, t. LXI, p. 388. .^Becquerel, Traité d^électricité, t. lY, p. 70. Idem, Traité de physique, t. II, p. 173.
(34) Becquerel, Traité d" électricité, X, II, ^»^\,^ Annales de chimie et de physique^ 2* série, t. XXIV, p. 337.
(35) Priestley, Histoire de Vélectricité, t. II, p. 155.
(36) Haiiy, Mémoires de V Académie des sciences, 1785, p. 206.
(37) Dnfrénoy, Traité de minéralogie. .
(38) De Drée, Traité de minéralogie (f Haily.
(39) Annales de chimie et de physique, t. XXXYII, p. 5 et 3S5.
(40) Mémoires de V Académie de Berlin, pour 1843. — Archives de Vélectri" cité, t. m, p. 585.
(40') Comptes rendus de V Académie des sciences de V Institut, t. XLII, p. 1 264.
(41) Annales de chimie et de physique, t. XXII, p. 199.
(42) Biblioth. univ. , t. xxiii , p. 38 et t. XXIY, p. 253.