CHAPITRE XI
Action physiologique de Pélectricité, et son emploi thérapeutique, principalement depuis 1820 jusqu'à Tépoque actuelle.
§ I. Action de l'électricité sur les végétaux.
Les végétaux sont infiniment moins excitables que les animaux sous rinfluence de Pélectricité : quelques plantes, la Mimosa sensitiva et la Mimosa pudica font exception; en employant toutefois une pile d'une certaine énergie, comme Giulio de Turin Ta montré, les feuilles se ferment aussitôt que le courant les affecte. Si les décharges électriques ont quelque puissance, elles font perdre aux vaisseaux de certaines plantes la faculté de se contracter pour chasser la sève en dehors, ainsi que Van Marum l'a observé (1).
MM. Becquerel et Dutrochet (2) ont étudié l'influence exercée par l'électricité voltaïque sur la circulation de la sève dans une tige de Ghara ; le courant produit dans les premiers instants un engourdissement, en rapport avec son intensité, quel que soit le sens du courantj: la circulation s'arrête, puis reprend avec sa vitesse primitive ; si le courant est plus intense, nouvel arrêt constaté, ainsi de suite, jusqu^à une certaine limite. Le passage de l'électricité ne produit aucune désorganisation, et ne fait que contrarier momentanément la circulation de la sève. Des effets semblables se produisent aussi probablement dans tous les corps organisés où des liquides sont en circulation.
Dans ces expériences, l'électricité n*agit que comme force physique; on a cherché aussi comment elle se comportait comme force chimique. Davy (3) a avancé que le blé germe plus vite dans l'eau pure électrisée positivement que dans celle qui l'est négativement. L'effet n*a lieu, entre certaines limites d'intensité de courant, que parce qu'au pôle positif les graines sont entourées d'une atmos-
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phère d'oxygène ; si Davy eût continue plus longtemps ses expériences, lit plantrile aurait fini par être décomposée par suite des acides déposés ou produits par une action secondaires, comme M. Becquerel (4) Ta prouvé: dans une série d'expériences, il a montré que, contrairement à l'opinion de Davy, sous l'influence de forces électriques faibles , l'action du pôle négatif active la végétation , sans doute en raison des produits alcalins secondaires qui s'y déposent.
M. Becquerel a tiré de ses recherches les conséquences suivantes : I ° dans la germination, les éléments de la graine, éprouvant sans cesse des changements, se trouvent dans des états électriques dépendant du rôle que chacun d'eux joue dans les réactions; ils obéissent bien mieux par conséquent à Taction du courant que si cet état n'existait pas; 2*» quelles que soient les causes agissantes, il paraît prouvé que Ton peut employer avec avantage dans la germination, et même dans les autres actes de la végétation , l'action électrochimique du pôle négatif, même celle d'un seul couple; on met cette propriété en évidence en plaçant au pôle négatif des graines, de jeunes plantes, des bulbes de jacinthe ou autres.
§ IL Action physiologique produite par V électricité
sur les animaux.
L'électricité est de tous les stimulants celui qui agît le plus énergiquement et le plus longtemps pour exciter les nerfs, puisqu'elle produit encore des effets alors que tout autre moyen est sans action pour provoquer l'excitabilité nerveuse. Les moyens employés jadis étaient le frottement et le pincement, indiqués par Duverney (5) en 1700; l'action d'un corps chaud ou d'un agent chimique, <îomme Ta montré Haller.
On avait annoncé que rélectricité à forte tension accélérait les pulsations du pouls , et par suite la circulation du sang, et que la transpiration insensible était augmentée; Van Marum (6) a obtenu constamment des résultats négatifs avec la grande machine du musée de Teyler. On s'était appuyé pour le prouver sur les effets produits par Télectricité pendant Técoulement des liquides dans les tubes capillaires; mais on a démontré que cette comparaison n'était pas exacte; effectivement : quand on ouvre la veine à une personne qui est isolée et qu'on électrise, il y a accélération dans le jet du sang , mais il y a ralentissement quand cette personne touche le sol. En premier lièu, l'électricité n'exerce son action