‹ Resumee de l'histoire de l'electricite et du magnetisme, et des applications de ces sciences a la chimie, aux sciences naturelles et aux artsChapitre 66 sur 76 · CHAPITRE Xî · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xî

répulsive que parce que la veine est ouverte; si elle ne l'était pas, toute rélectricité se porterait à la surface du membre et serait sans effet sur le mouvement circulatoire du sang.

Van Marum, qui a beaucoup expérimenté sur des animaux avec une très-forte batterie électrique, a été conduit à cette conséquence, que le système nerveux est particulièrement affecté et môme détruit; ce système étant frappé de mort immédiate, le cœur et les artères perdent leur irritabilité.

Les effets dus à rélectricité voltaïquc sont plus variées et sont de nature à nous éclairer sur le rôle que peut jouer rélectricité dans les phénomènes de la vie. Volta et Fowler (7) remarquèrent les premiers que la grenouille se contracte souvent quand elle cesse de faire partie d'un circuit voltaïque. Ce fait a été observé depuis par divers pliysiciens, entre autres parRuthford et par Paff (8); ce dernier considérait ce fait comme une objection contre la théorie de rélectricité animale de Galvani. Pour expliquer ce phénomène, il admet que rélectricité, en se mouvant dans les nerfs en sens contraire de leur ramification, fait naître une secousse à Tinstant seulement où elle cessait d'y pénétrer; cette explication était loin d'être satisfaisante.

Lehot (9) a étudié de nouveau ce phénomène en précisant, mieux qu'on ne Tavait fuit avant lui, les conditions nécessaires pour le succès de l'expérience : il fit voir que, lorsque le nerf avait une armature de zinc et le muscle une armature d'un autre métal moins oxydable, la contraction avait lieu au moment de la fermeture du circuit; tandis qu'en intervertissant les armatures, les contractions se manifestaient à l'instant où le circuit était interrompu. 11 observa en outre qu'en plaçant une lame de zinc sur la langue et la touchant avec une pièce d'argent tenue à la main, il se manifestait aussitôt une saveur particulière; en opérant inversement, la saveur n'avait lieu qu'en ouvrant le circuit. Il fut démontré par là que le courant, en agissant sur le nerf, jouissait non-seulement de la propriété de faire contracter le muscle correspondant en ouvrant o» fermant le circuit, mais encore de produire une sensation dans les mêmes circonstances.

M. Marianini (10), en i829, fit quelques recherches sur la secousse qu'éprouvent les animaux au moment où ils cessent de faire partie d'un circuit voltaïque.

Nobili (il), la même année, reprit cette question : en faisant passer un courant sihiple dans les nerfs de la grenouille récemment

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préparée, il fut conduit à cette conséquence que les lois de la contraction varient dans cinq périodes différentes de vitalité du nerf. Marianini (12) n'admit pas cette conséquence : en répétant les expériences de Lehot et de Bellingeri, il trouva que le courant direct (courant du cerveau aux extrémités du nerf) produisait une sensation quand il était interrompu , tandis que cet effet avait lieu avec le courant inverse à Tinstant où Ton fermait ce circuit.

Marianini a résumé ainsi la loi générale de Taction du courant sur les animaux vivants ou récemment tués :

/ En commençant Contraction des muscles inférieurs.

Courant direct | Circuit fermé Rien.

\ £n ouvrant le circuit Sensation. '

/ En commençant Sensation.

Courant inverse ] Circuit fermé • Rien.

( En ouvrant le circuit Contraction des muscles inférieurs.

Le désaccord entre ces résultats et ceux que Nobili avait obtenus engagea M. Matteucci à faire de nouvelles expériences sur ce sujet ; voici, en résumé, quelles en ont été les conséquences (13) ; lorsque le courant est interrompu , les contractions des muscles inférieurs deviennent plus faibles^ et subsistent au contraire pour les muscles du dos; les oreilles sont toujours agitées, et on entend souvent un cri ; à l'instant où commence le courant, les contractions ne s'observent que dans les muscles inférieurs. Quant au courant inverse, à l'instant où il commence, il y a contraction des muscles du dos, battement des oreilles, et presque toujours cri; lors de l'interruption, les contractions des muscles inférieurs subsistent^ mais tous les autres effets disparaissent. Ces observations complètent celles de Marianini.

Valli (14) avait montré le premier qu^ea soumettant à Faction d'un courant les différentes parties d*un nerf dans le sens de sa longueur, la partie la plus rapprochée du cerveau était celle qui devenait d'abord insensible, puis successivement les parties les plus éloignées. M. Matteucci (15), en opérant avec le courant inverse sor les nerfs des animaux vivants , a trouvé la même loi pour les phénomènes de la douleur et des contractions des muscles supérieurs qui sont produites quand ce courant conomence. Lorsque la sensibilité devient moindre , il faut que le courant traverse des portions plus rapprochées du cerveau et plus éloignées des muscles que celles sur lesquelles le courant agissait en commeHçant.

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