CONSIDÉRATIONS DANS L'ORAISON
Nous sommes d’avis qu'il faut empêcher l’entendement de se livrer à trop de spéculations, afin de traiter cette affaire plutôt avec les sentiments tendres et affectueux du cœur qu'avec les idées et les raisonnements de l’esprits Assurément, ceux-là n’atteignent pas le but de l’oraison
qui méditent les mystères divins de la même mauniére que s’ils les étudiaient pour les enseigner. En agir ainsi, c'est bien plus dissiper son esprit que le recueillir, sortir de soi-même qu’y rentrer.
Il en résulte que ces personnes, à la fin de leur oraison, se trouvent dans la sécheresse et sans aucun goût de dévotion, non moins prêtes et faciles pour la légèreté qu'elles ne l’étaient auparavant.
Aussi, qu'ont-elles fait en vérité ? Au lieu de prier elles ont parlé et étudié, ce qui est une occupation bien difrérente de la méditation.
Elles devraient apprendre que dans cet exercice il s’agit bien plus d'écouter que de parler. Pour y faire des progrès. l’on doit y apporter le cœur d’une personne ignorante et humble, une volonté préparée et disposée à sentir et à affectionner les choses de Dieu, et non un esprit bien éclairé et bien attentif comme s’il s'agissait de les
approfondir.
Ceci est fort bien lorsqu'on étudie pour apprendre ; mais il n’en est pas de même lorsqu'on prie et que l’on pense à Dieu pour pleurer.