‹ Résurrection du cœurChapitre 17 sur 21 · ASPHYXIE APRÈS CHLORALIS ATION · texte numérisé non relu

ASPHYXIE APRÈS CHLORALIS ATION

Durée de la mort du cœur

Délai dans lequel on a fait le massage

Dose

REMARQUES

Observations

compté du début de l’asphyxie

à partir de l’arrêt du cœur

de ,

chlor'al

Ogr. 40

Trémulations fibrillaires.

0gr.50

Rétablissement de l’animal.

Massage

(bis)

Trémulations fibrillaires.

0 gr. 50

Trémulations fibrillaires.

Ogr. 55

Rétablissement momentané de l’animal.

0 gr. 60

Battements rythmiques faibles et transitoires.

Ogr. 80

Battements rythmiques faibles et transitoires.

Ogr. 80

Battements rythmiques énergiques après ligature des vaisseaux artériels.

4’ ou 5’

Ogr. 50

Trémulations fibrillaires.

Ogr. 30

Trémulations fibrillaires.

Ogr. 50

Contractions faibles et transitoires.

0 gr. 25

Trémulations fibrillaires .

Ogr. 30

Trémulations fibrillaires.

1 Ogr. 90

Trémulations fibrillaires.

Ogr. 75

Rétablissement de l’animal.

Massage

(bis)

16 cas

Trémulati

Rétablisse

Battemen

Battement

ons = 9.

ment = 3.

;s rythmiqu ,s faibles ei

es après li t transitoir

0‘gr.75

gature des 3S = 3.

Trémulations.

vaisseaux = 1.

— Il faut aiouter à ces tableaux notre observation 104 où chez un lapin

dont le cœur s’est arrêté au moment de la ligature des vertébrales et des carotides,

le massage a rendu au myocarde son énergie première.

l’avons sacrifié ; car, surpris par une syncope, nous avions opéré rapidement, sans la moindre asepsie,

l’animal n’étant même point rasé. Personne ne sera donc surpris de nous voir signaler, à l’autopsie, des lésions de péricardite et de pleurésie aiguë. La survie de 24 heures démontre, d’ailleurs, la possibilité de la restauration intégrale de toutes les fonctions, grâce au massage du cœur. Tuffier, d’autre part, a présenté des chiens vivant encore plusieurs mois après leur résurrection, etPrus qui parfois opéra avec asepsie, rapporte l’observation d’une chienne qui, un mois après avoir servi à une expérience d’asphyxie suivie de massage du cœur, mettait bas des petits parfaitement portants. Dans deux cas, la survie ne fut que de quelques heures : un animal succomba par suite de l’administration d’une dose trop élevée d’adrénaline ; un second profondément chloralisé, après avoir été observé plusieurs heures bien vivant, fut abandonné pendant le moment du dîner, et, quand on revint, son cœur ne battait plus. On peut se demander si le moteur à eau qui actionnait le soufflet ne s’est pas momentanément arrêté.

Dans d’autres cas enfin, un accident quelconque ayant empêché de recueillir le graphique de la mort du cœur et de sa restauration, on provoqua une seconde asphyxie après la première ; mais cette fois les trémulations fibrillaires s’opposèrent à la résurrection. Ce fait a déjà été signalé par Prévost et

Batelli, et sa production semble constante.

Laissant de côté notre observation 113, où des battements rythmiques énergiques se sont produits dans un cœur déjà séparé du corps de l’animal,

nous constatons cinq fois la reprise des battements faibles et transitoires. Les seize autres insuccès sont dus aux trémulations fibrillaires, phénomène que nous étudierons longuement plus loin. Cette statistique, qui paraît peu encourageante, est bien inférieure à celle de Prus ; elle nous semble néanmoins l’image de la vérité, montrant que le massage est une précieuse méthode, malgré ses caprices et ses insuccès.

Nous croyons inutile de rapporter le récit détaillé de nos expériences : une seule servira de type et nous y joignons le graphique caractéristique obtenu en cette circonstance.

Observation 125

Chien de 6 kilogs.

On force la dose de chloroforme jusqu’à l’arrêt de la respiration spontanée, marquée d’une croix sur le graphique. Deux minutes après cet arrêt, on commence les tractions rythmées de la langue que l’on cesse quand les mouvements respiratoires spontanés reparaissent. Mais l’apnée se reproduit et persiste en dépit des tractions rythmées que l’on a reprises. Le cœur ne tarde pas à s’arrêter un peu avant le point C. Il y a là un passage • douteux ; admettons qu’en cet endroit le cœur bat encore faiblement.

Cinq minutes après le premier arrêt de la respiration, on fait des compressions rythmiques du thorax durant une minute environ. Ce point est désigné sur le graphique par les lettres Ce C’c’. Cette manœuvre relève incontestablement la pression. Deçà C’, on cesse les compressions; il

^P.S-'bs

ïfression art fémoral?/

Saisie it la jJrcsâionaacours de ch.!oroformis&Uon

fiyie marquant Us minuits.

' Jfcntand, £uu naubd arrtt

Fi, 7. XII Ouseuvation 125

Graphique montrant la reprise des battements du cœur grâce au massage.

wAa/V^

WV'VWVv~^

Oî&aSSaQ,e direct, ducftttC il iniuf/laîîon gulmonaite.

PR

semble même y avoir une ébauche de systoles; cependant la pression retombe au zéro, et, quand on cesse de nouveau la respiration artificielle, la plume du kymographe marque une ligne incontestablement droite.

Un peu plus de sept minutes après le premier arrêt de la respiration, on pratique l’insufflation pulmonaire et l’on fait le massage du cœur (voie thoracique). Cette manœuvre relève la pression et quand après une minute on l’abandonne, non seulement la pression se maintient élevée, mais elle monte progressivement. Quatre minutes après le début du massage, elle est de 10 cent. 5. La respiration spontanée se rétablit, les reüexes reparaissent ; on ferme la brèche thoracique et l’animal remis sur pied se montre, une heure après cette résurrection, alerte et bien vivant, quoique légèrement dyspnéique.

Page 1