‹ Résurrection du cœurChapitre 20 sur 21 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

I. — Nos expériences sur la reviviscence du cœur montrent la résistance considérable du myocarde. Nos recherches ont porté presqu’exclusivement sur des cœurs de chiens tués de diverses façons et sur des cœurs d’enfants, morts dès les premières heures ou dès les premiers jours qui suivirent leur naissance. Avec les cœurs de chiens, après un délai de 22 heures 30’, nous n’avons plus réussi à ranimer les mouvements rythmiques des ventricules. Les oreillettes, par contre, sont restées vivaces, au moins dans certaine partie, jusque 24 heures 30’ après la mort. Les cœurs d’enfants nous ont fourni de meilleurs résultats et, 24 heures après la mort, nous avons encore obtenu des contractions rythmiques (faibles toutefois) des ventricules, tandis qu’après un délai de 42 heures nous obtenions encore des battements énergiques des oreillettes.

IL — Un sérum artificiel est capable d’entretenir en activité même le cœur des mammifères ; les sels

de calcium doivent nécessairement entrer dans la * composition du sérum ; car ils sont indispensables au fonctionnement du myocarde.

III. — Il est possible, par des moyens artificiels, de rappeler la vie chez un être qui, selon l’expression consacrée « vient d’expirer ». Le plus souvent, on obtiendra ce résultat si, dans un délai relativement court mais cependant appréciable, on réussit à ranimer l’activité du cœur. L’absence de lésions matérielles, incompatibles avec la vie, est une condition sine qua non de succès.

IV. — Le massage est, sinon la meilleure, tout au moins une méthode permettant de restaurer les fonctions cardiaques. Le massage sous-diaphragmatique, d’une réalisation facile, au cours d’une laparatomie, rendra d’autant plus de services en cas de syncope que son inoccuité permettra de le faire sans retard. On n’attendra point l’échec des autres méthodes, car une intervention rapide facilite singulièrement le succès.

Dans les cas de mort accidentelle, même après un délai plus ou moins long, on pourra peut-être, par ce procédé, obtenir de bons résultats. Prus a réussi à ranimer des chiens une heure après l’arrêt de la respiration et du cœur ; mais il combinait les injections intraartérielles avec le massage et prolongeait cette opération parfois durant deux heures.

V. — Le massage du cœur agit surtout en réalisant une véritable circulation artificielle à travers l’organisme et particulièrement à travers les vais-

seaux coronaires. L’importance de la circulation de ces vaisseaux ressort très nettement de toutes les expériences que nous avons rapportées dans ce travail. Ce fait a pour corollaires, d’une part, l’influence de la vaso-dilatation comme cause principale de l’arrêt du cœur; do l’autre, l’importance de la vasoconstriction provoquée comme mode de traitement dans les états syncopaux.

VI. — Les trémulations fibrillaires du cœur sont le principal obstacle qui s’oppose à la reprise de la fonction rythmique du myocarde. Aussi, on évitera avec soin tout ce qui est capable de les provoquer et l’on ne se harsardera point à tenter l’électrisation directe du cœur. Dans tous les cas, on se souviendra que les injections intra-veineuses de chlorure de potassium, de même que l’application directe sur le cœur d’un courant de 240 volts, ont permis, en combattant la principale cause d’insuccès, de faire cesser les trémulations et de résoudre enfin le problème de la reviviscence.

Page 1