‹ Retard de l'âge d'infection dans certaines maladies contagieuses: Poliomyélite, diphtérie, tuberculoseChapitre 19 sur 22 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

La durée de la réceptivité des individus à diverses maladies contagieuses est plus longue qu’autrefois : l'âge moyen auquel ils sont frappés s’est élevé d’une façon notable.

[. — Pour la tuberculose, Calmette trouvait, chez les sujets de 20 ans, 100 % de cuti-réactions positives en 1907. D’autres auteurs ont fait la même constatation. À cette époque, et jusqu'en 1925-1930, :l était classique de considérer qu’à leur majorité tous les sujets étaient allergiques.

Or, des statistiques recueillies ces dernières années dans de nombreux pays et dans tous les milieux scolaire, étudiant, militaire montrèrent que le nombre des adultes encore réceptifs étaient important, de l’ordre de 36 % et même de 50 % chez les individus d’origine rurale.

Ainsi, de nombreux adolescents et adultes, vierges de toute imprégnation tuberculeuse, feront des primoinfections tardives donc plus graves ; c’est la contrepartie de la prophylaxie trop bien appliquée au cours

de l'enfance.

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La constatation de ce retard de l’âge de l’impré-

gnation tuberculeuse oblige

‘ a) À une surveillance plus grande des sujets à cuti négative ; surtout de ceux qui sont appelés à être en contact avec des foyers tuberculeux (étudiants en médecine, infirmières) ;

b) À intensifier la lutte antituberculeuse, à dépister par la radioscopie systématique toute lésion tuberculeuse : méthode qui devrait être employée dans toutes les collectivités et même sur toute la population ; projet qui est à l’étude en Allemagne (tout médecin praticien devra avoir un appareil de radioscopie, et faire un examen pulmonaire radioscopique systématique à tous ses clients et même plus : le fait d’avoir laissé passer une lésion tuberculeuse visible à la radioscopie sera considéré comme une faute professionnelle).

c) A isoler et à traiter les malades évolutifs et contagieux ;

d) À séparer de tout contact tuberculeux les nouveau-nés (Œuvre Grancher, placement des Tous- Petits) ;

e) Et surtout à pratiquer la vaccination tardive par le B.C.G. de tous les sujets réceptifs.

IT. — Il en est de même pour la diphtérie, alors que Zingher aux Etats-Unis, Rieux et Zoeller en France, ne trouvent que de 13 à 17 % de sujets présentant une réaction de Schick positive chez les jeunes soldats,

en 1921, Fricker, en 1935, trouve 51 % de Schick

positifs dans une statistique faite de 1930 à 1933 : et à 40 ans, il trouve encore 17 % de sujets réceptifs, chiffre qui était le nombre des sujets réceptifs de 20

ans en 1921.

Comme pour la tuberculose, le nombre des sujets réceptifs a augmenté d’une façon importante en vingt ans.

Ce retard de l'infection oblige :

a) À une lutte plus sévère contre la diphtérie car, en cas d'épidémie, le nombre des sujets atteints sera plus grand étant donné la plus grande proportion de sujets réceptifs :

b) À renforcer l'isolement des malades, ainsi que des porteurs de germes ;

c) Surtout à généraliser la vaccination par l’anatoxine de Ramon, vaccination qui a donné des résultats des plus satisfaisant partout où elle a été appliquée. D'ailleurs, son application à toute la population vient d’être rendue obligatoire. Si cette vaccination est appliquée correctement, bien surveillée, il est permis de voir l’anatoxine faire disparaître pratiquement la diphtérie, comme la vaccination jennerienne a fait dispa-

raître la variole.

II. — Dans la poliomyélite antérieure aiguë, le fait est patent. Alors qu'en 1910, au cours des grandes épidémies, et plus récemment, dans les épidémies d’Alsace et de Roumanie, le plus grand nombre des cas a été observé chez des enfants de moins de 5 ans (90,6 % des cas en Roumanie), dans les dernières

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épidémies de Scandinavie, des Etats-Unis, d’Angleterre, d'Australie (1937-1938), l’âge moyen de la plus grande fréquence s’est déplacé et se situe entre 10 et

15 ans.

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