CHAPITRE III
CAUSES ET CONSEQUENCES DE CE RETARD DE L'AGE DE L'ALLERGIE TUBERCULEUSE
|. — Quelles sont les causes de ce retard de l'Allergie tuberculeuse ?
Le nombre des foyers de contamination tuberculeuse a diminué par suite de la diminution du nombre des malades, et surtout du nombre de ceux qui restent à domicile, du dépistage précoce (dû à l’action des dispensaires et au rôle des Assistantes sociales) et à l’envoi plus rapide des tuberculeux contagieux au sanatorium.
Les foyers qu’on ne peut supprimer sont moins dangereux, grâce à l’emploi de plus en plus fréquent du pneumothorax artificiel qui, avant même de guérir, tarit rapidement l’expectoration des tuberculeux ambulatoires. L'éducation des malades contagieux est d’ailleurs mieux faite et les conseils qu'ils reçoivent à l'hôpital, surtout ceux qui sont donnés par la visiteuse, l'assistance sociale, contribuent à rendre la contagion des jeunes enfants moins fréquente. Au surplus, la tâche poursuivie ces dernières années, tant par l'Œuvre Grancher que par le placement familial des Tous-
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Petits et nombre d'organisations d'assistance, est de soustraire l'enfant à la contagion familiale et de l’élever en placement à l'abri de celle-ci, au moins dans ses premières années.
Les mesures de prophylaxie, prises en milieu scolaire, le développement des colonies de vacances, diminuent pour une large part l'importance de la contagion tuberculeuse. Les centres universitaires de médecine préventive, les examens radiologiques systématiques faits dans toutes les collectivités (armée, camps de jeunesse, administration des Postes, etc...) contribuent pour une grande part à isoler le tuberculeux contagieux et à diminuer d’autant le contact des individus sains avec les malades contagieux.
On peut se demander aussi si la vaccination préventive par le B.C.G. n’a pas une influence sur la contamination tuberculeuse des jeunes enfants, la rendant moins fréquente ou du moins plus tardive. Il est toutefois difficile de se faire dès maintenant une idée précise du degré de résistance ainsi conférée.
Quant à une résistance plus grande de l’organisme, liée à l'amélioration des conditions d'hygiène du foyer urbain, elle entre certainement pour une part, mais il est difficile d’en déterminer l’importance.
Il. — Quelles sont les conséquences de ce retard dans l'âge de la primo-infection ?
1° Réhabilitation de la valeur diagnostique de la réaction tuberculinique. La cuti-réaction tuberculinique reste chez l'enfant et l’adolescent un moyen pré-
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cieux de diagnostic qu’il faut savoir utiliser et qui peut permettre de ratifier un diagnostic de tuberculose trop rapidement porté, notamment un diagnostic de tuberculose chirurgicale.
Les cliniciens ne doivent pas, à priori, devant une tuberculose de grand enfant, d’adolescent et de jeune adulte, admettre une réinfection ou l’évolution d'une tuberculose remontant à l’enfance, mais savoir qu'ils peuvent se trouver en présence d’une primo-infection tuberculeuse, laquelle est susceptibe d’évoluer rapidement.
Le nombre élevé des sujets indemnes ne peut que croître avec le progrès de la prophylaxie ; or, la primoinfection tuberculeuse à l'adolescence ou à l’âge adulte est beaucoup plus grave que dans l’enfance. On se demande s’il n’y a pas dans ce fait une contrepartie à une prophylaxie trop bien faite. Aussi faudrat-il veiller à ce que ces sujets traversent sans trop de danger la période de puberté, et celle des contagions possibles : à l’école professionnelle, dans les universités, à l'hôpital, à l’armée, en résumé dans toutes les collectivités.
On ne peut que souhaiter que la vaccination tardive au B.C.G., bien fixée dans sa technique, puisse apporter un moyen de protection utile pour aider ces sujets encore indemnes à passer la période critique.
Ou bien, ne faudrait-il pas diminuer la rigueur de la prophylaxie tuberculeuse, de façon à permettre la primo-infection dans le bas-âge, par exemple, comme certains l’ont soutenu, la non-pasteurisation du lait qui permettrait aux nourrissons de faire leur primo-infec-
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tion avec le bacille bovin, primo-infection moins grave que celle faite par le bacille humain.
Mais ce qui importe, c’est multiplier les examens systématiques, radiologiques et rechercher la cutiréaction tuberculinique chez les adolescents : traiter et isoler les tuberculeux évolutifs ; redoubler de prudence pour éviter la contamination à ceux présentant des cutinégatives et surtout les obliger à la vaccination au B. GG:
Comme on le voit, la fréquence de la non-contamination tuberculeuse de l'adulte jeune ne va pas sans poser de graves problèmes concernant la prophylaxie.