QUEL EST SON PRONOSTIC
La rétention totale des membranes peut n’entraver en rien le post-partum physiologique.
Nous verrons qu'avec la méthode employée à la clinique Baudelocque dans plus de 70 0/0 des cas les suites de couches sont absolument normales. Pourtant il n’en est pa; toujours ainsi : des accidents peuvent survenir : légers souvent, graves quelquefois ; mais qui cèdent rapidement dans l’immense majorité des cas à une intervention rationnelle pratiquée judicieusement à la première alerte et en temps voulu.
Nous avons vu, en étudiant le développement des membranes, que la caduque était d’origine maternelle, tandis que le chorion et l’amnios étaient d’origine fœtale.
Certains auteurs ont voulu tirer de ce fait un élément de pronostic. « Il est en effet facile de comprendre que s’il y. a rétention de l’amnios et du chorion ces
deux membranes joueront le rôle de corps étranger,
tandis que si la caduque seule n’est pas expulsée, elle sera mieux tolérée par l'utérus doni elle fait partie, et l'on n’aura pas à redouter d'aussi graves accidents (1). »
Nous ne pensons pas ainsi ; la rétention de la cadu-
que seule péut donner lieu à des accidents aussi graves que la rétention des trois membranes.
Dans les deux cas, le fait est le même. Il s’agit de la présence dans l’utérus d’un corps étranger, organique, mais mal nourri. Dans les deux cas ce corps empêchera l'organe géstateur de revenir sur lui-même. Le col restera donc plus ou moins ouvert,et les germes saprophytes ou autres, nombreux dans le vagin et qu'il est presque impossible de neutraliser d’une façon absolue, pénétreront par cetie voie dans la cavité utérine. Ils trouveront les meilleures conditions de vie anaérobie, dans ce milieu de culture parfait que leur fournissent des débris organiques morts, qui ne demandent qu’à entrer en décomposition.
Aussi nous semble-t-il que le pronostic, en dehors d'une infection préexistante, réside tout entier dans l'observation plus ou moins serupuleuse des soins antiseptiques, avant, pendant et après l’accouchement.
Nous avons dit qu'il était difficile, dans un milieu naturellement riche en microorganismes pathogènes d’assurer une asepsie parfaite. Au moins lorsque toutes les précautions rationnelles ont été prises, est-il
permis d'espérer que l’on s'est rapproché aussi près