‹ Rétention complète des membranesChapitre 29 sur 48 · Denru, Thèse de Paris · texte numérisé non relu

Denru, Thèse de Paris

que possible du but poursuivi et si, malgré cela, des accidents éclatent, ils seront légers et l’on pourra facilement les réprimer et entra ver leur reproduction.

Aussi bien l’expérience et les résultats observés tous les jours viennent-ils confirmer cette manière de voie. Suivant la statistique de la clinique Baudelocque sur 1.606 accouchements pendant l’année 1906, deux fois seulement le curettage a dû être pratiqué pour accidents fébriles ; et chez 27 femmes seulement des injections intra-utérines ont dû être administrées pendant les suites de couches. |

Si nous-même recherchions sur ce nombre combien parmi ces femmes venaient du dortoir de la clinique où elles sont étroitement surveillées et mises dans les meilleures conditions d’asepsie avant d’entrer à la salle de travail, et par conséquent si nous exceptions celles qui se trouvent sous l’influence d’une infection antérieure, nous verrions certainement que

ce chiffre se réduirait à zéro.

4° Ln'y a pas d'accidents.

Quand le placenta est découronné, les suites de couches normales sont la règle.

Sur 13 observations que nous avons pu recueillir 10 fois tout s’est passé comme si la rétention n'existait pas, ce qui donne une proportion énorme de 77 0/0.

Il n’y a pas d'accélération du pouls ; pas de tempéraiure, pas de fétidité des lochies. Au bout de

quelques heures ou au bout de quelques jours, surviennent des contractions utérines qui amènent le décollement et l'expulsion des membranes retenues, sans que le post-partum physiologique soit le moins

du monde troublé.

20 Il y a des accidents.

Les accidents sont le plus souvent très légers.

Dans certains cas on observe simplement de la fétidité des lochies sans aucun’ ,phénomène général. ct c’est là un fait assez fréquent. UNE

D’autres fois, par ce phénoménèque l'utérus tend .normalement à se débarrasser des corps étrangers qu'il peut contenir, les membranes retenues ne tardent pas à provoquer des contractions douloureuses plus violentes et plus répétées que ne le sont les tranchées utérines physiologiques, qui s’accompagnent seulement d'expulsion de caillots. Souvent, en même temps les lochies sont un peu fétides, et tout se borne là.

Mais dans certains cas, heureusement fort rares, qui seuls méritent à vrai dire d’ètre dénommés aceidents, des manifestations nouvelles apparaissent : tantôt ce sont des hémorragies secondaires qui viennent dominer la scène, tantôt l'infection puerpérale

avec tout son cortège.

À, — Hémorragies.

Les hémorragies du post-partum qui méritent ce nom représentent une complication assez rare.

D'après M. Pinard elles s’accompagnent toujours d'accélération du poulset d’une dureté particulière de l’utérus. Ellés sont vraisemblablement produites par la rupture des vaisseaux utérins, rupture se produisant au moment du décollement des membranes restées adhérentes, d'autant plus qu'en irritant les parois utérines, les corps étrangers que sont les débris retenus, provoquent une vaso-dilatation exagérée de la muqueuse.

Il faut bien savoir que l’écoulement des lochies, sanglant dans les premiers jours, peut être considérablement augmenté sans mériterle nom d’hémorragie.

Les membranes adhérentes ne provoquent en se décollant que l’exagération d’un phénomène normal.

En tous les cas c’est l’état du pouls qui, seul, donnera des renseignements précis.

B. — /nfection utérine.

Un premier degré de l'infection est l’endométrite puerpérale.

Cette complication relativement grave débute généralement par un frisson, et une augmentation parallèle du pouls et de la température. L'écoulement lo-

LPO

chial est fétide, diminué de quantité, et de couleur roussâtre ou noirâtre. Les tranchées utérines sont plus fréquentes et plus intenses ; les femmes ressentent au niveau de l’utérus, devenu très sensible, une sensation de pesanteur très particulière. La dépression générale est très accentuée.

L’endométrite puerpérale dépistée à temps est ordinairement vite enrayée par l'irrigation intra-utériue et le curettage.

Mais iln’en est pas toujours ainsi et à la métrite peuvent succéder d’autres accidents tels que la salpingoovarite, l’inflammation péri-utérine circonserite et diffuse (péri-métro-salpingite de Pozzi), le phlegmon du ligament large, la cellulite pelvienne diffuse (erysipeles puerperale maïignum de Virchow), etc.

Enfin l’infection peut se généraliser (phlébites, pseudo-rhumatisme infectieux, péritonite généralisée, septicémie et pyohémies puerpérales), etc.

Nous ne faisons que signaler tous ces accidents possibles, dont la bactériologie et les descriptions cliniques ne sont pas de notre sujet.

Disons seulement que si, à l'heure actuelle nous sommes en mesure de lutter victorieusement contre la plupart d’entre eux, nous sommes infiniment plus puissants pour les prévenir. |

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