CONCLUSIONS
De tout ce que nous venons de voir, nous pouvons conclure :
1° Que la rétention complète des membranes est un accident relativement rare, qui reconnaît deux causes principales : d’abord, ce qui est la règle, une délivrance brusque et spontanée, se produisant presque toujours quelques minutes à peine après l’expulsion du produit de conception ; d’autre part une intervention trop hâtive, ce qui est l'exception à l’heure actuelle.
Comme le dit notre, maître, M. le professeur Pinard, « la nature, quand elle agit prématurément, fait aussi mal les choses, qu’un opérateur trop pressé et maladroit ».
2° Que le placenta découronné, en dehors de la délivrance spontanée dont nous ne sommes pas maîtres, ne s’observe pour ainsi dire jamais quand on emploie pour la délivranceune technique rationnelle dont la dominante est l'expression française, prati-
DE
quée dans l'intervalle des contractions utérines, et quand les annexes sont complètement décollées ;
3° Que dans 80 0/0 des cas, les suites de couches physiologiques ne sont en rien troublées par la rétention complète des membranes ;
4° Que le véritable traitement de cette complication doit être prophylactique, et réside par conséquent tout entier dans une délivrance bien faite ;
5° Qu’en présence d’une femme en état de rétention totale des membranes, il faut absolument proscrire toute intervention précoce, systématiquement pratiquée par certains auteurs, et savoir attendre, tout en exerçant une surveillance extrêmement étroite ;
6° Qu’enfin, aux premiers signes précurseurs d’accidents, en général peu probables mais pourtant possibles, il faut immédiatement mettre en action les puissants moyens dont nous disposons, et parmi lesquels l'injection et l'irrigation intra-utérines, le sérum salé, la sérothérapie antistreptococcique et le
curettage, viennent en premier lieu.
Vv : le Président de thèse PINARD Vu le Doyen LANDOUZY Vu et permis d'imprimer, Le Vice-Recteur de l'Académie de Paris