‹ Rétention complète des membranesChapitre 5 sur 48 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

. Durant notre séjour à la clinique Baudelocque, il nous a été donné d'observer quelques exemples de délivrances se produisant spontanément quelques minutes après l'expulsion du produit de conception.

Laissant volontairement de côté tous les cas d’avortements ou d’accouchements prématurés, où la rétention est fréquente, nous n’aurons en vueici que les cas se présentant chez la femme à terme ou près du terme. Nous ne nous occuperons pas davantage du cas où les membranes ne se trouvent retenues que partiellement ou isolément dans la cavité utérine ; cet accident, relativement fréquent, ayant fait l’objet de nombreux travaux, et reconnaissant plusieurs raisons qui n'interviennent pas dans la rétention totale.

Deux causes principales en effet sont prédominantes dans la complication de la délivrance qui nous occupe. C’est tout d’abord-la spontanéité : la femme ne ressent pas, on ressent peu de temps cette période de bien-être et de calme qui succède normalement à

RQ

l'expulsion du fœtus. Presque immédiatement elle a &e nouveau des contractions utérines douloureuses, pousse, et expulse au dehors le placenta séparé des membranes au ras de son bord, et, suivant une expression commune, « découronné ».

Ici, comme le dit volontiers notre maître, M. le professeur Pinard, « la nature, quand elle agit prématurément, fait aussi mal les choses qu'un opérateur maladroit et trop pressé (1). »

Une deuxième cause réside dans une intervention trop hâtive, soit quedes tractions brutales soient exercées sur le cordon, soit, plus souvent, qu'une expression utérine défectueuse soit pratiquée,comme celle quia été longtemps en honneur dans l’école allemande.

Nous n'avons pas eu à chercher des matériaux pour notre thèse ailleurs que dans les archives de la clinique Baudelocque: nous y avons, en effet, rencontré des observations assez typiques et détaillées des différents cas que nous aurons à envisager, pour qu'elles constituent un étayage amplement suffisant à mettre en relief le sujet que nous nous sommes proposé, et les conclusions qui s’en dégagent.

Nous voulons démontrer en effet: 1° qu’en dehors de la délivrance spontanée dont l'accoucheur n’est pas maître, la rétention totale des membranes est un accident qui ne doit pas exister dans une délivrance bien faite ; 2° que la rétention une fois pro-

duite ne constitue pas un danger immédiat ; que la

Page 1