‹ Rétention complète des membranesChapitre 9 sur 48 · ET: HO · texte numérisé non relu

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splanchnopleure embryonnaires, va pousser un bour geon (bourgeon allantoïdien), qui, par le mème processus qu'a subi la somatopleure pour former l’amnios et le chorion secondaire, va s’insinuer dans l'espace qui sépare ces deux feuillets.

La partie embryonnaire de l’allantoïde va former la vessie et l’ouraque ; la partie extra-embryonnaire va former lechorion définitif qui s’hypertrophieraconsidérablement en un point donné pour former le placenta.

De ce que nous venons de dire il résulte que le chorion et l’amnios, formés par le feuillet externe ou somatopleure, sont tous deux d’origine fœtale.

Il n'en est pas de mème de la caduque.

Longtemps les anatomistes ignorèrent son origine.

La théorie de William Hunter (1717) voulait qu’il se

produise, au moment de la fécondation, avant la descente de l’ovule dans la cavité utérine, une sécrétion» de lymphe coagulable dont la partie périphérique formait, en s’organisant, la caduque utérine. L’œuf fécondé en pénétrant dans l'utérus, refoulait cette caduque qui portait le nom Ge réfléchie par opposition à la caduque directe qui tapissait directement l'utérus.

Actuellement, depuis Coste et Robin, il est démontré que la caduque n’est autre chose que la muqueuse utérine modifiée pour la circonstance.

, Au moment de la fécondation en effet, comme d’ailleurs sous l'influence de la menstruation, la mu-

queuse utérine devient inégalement turgescente el

opte "

présente tout une série de mamelons séparés par des replis. C’est au niveau d’un de ces replis que l’ovule fécondé s'arrête. Les deux monticules muqueux qui bordent les replis où repose l’ovule prennent alors un développement rapide et l'entourent de plus en plus au point de l’envelopper bientôt complètement. Ainsi se trouve formée la caduque ovulaire.

La muqueuse utérine présente à ce moment trois parties bien distinctes :

La première qui recouvre directement l'œuf et dont nous venons de parler : caduque ovulaire.

La seconde, située entre l’œuf et le muscle utérin et formant trait d'union entre eux : caduque interutéro-placen taire.

La troisième enfin formée par tout le reste de la muqueuse qui n’est pas en contact avec l’œuf : c’est la caduque utérine proprement dite, ou caduque vraie.

Bien distinctes topographiquement ces trois caduques forment pourtant un'tout continu.

Il est alors facile de comprendre qu'au fur et à mesure que l'œuf grossira, la caduque ovulaire se rapprochera peu à peu de la caduque utérine, et qu'il arrivera un moment où elles entreront en contact et ne tarderont pas à contracter une adhérence si intime qu'une véritable fusion entre la paroi utérine et l'œuf se trouve produite. IL va également y avoir fusion intime entre la caduque et le chorion défi- Ditif AN

Quant à la caduque inter-utéro-placentaire elle va

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s’hypertrophier et constituer la portion maternelle du placenta.

Nous voyons en résumé que des trois enveloppes de l’œuf, l’amnios et le chorion sont d’origine fœtale, alors que la caduque, formée aux dépens de la mu-

queuse utérine, est d’origine maternelle.

B. — Étude de l’œuf expulsé.

Si maintenant nous examinons rapidement la partie membraneuse de l’œuf, nous voyons qu’elle se présente sous la forme d’une poche percée d’un orifice qui a servi de passage au fœtus ; et qui reconstitue exactement, avec le placenta situé plus ou moins bas, l'œuf complet, tel qu’il se trouvait dans la cavité utérine.

L'amnios recouvre toute la partie interne de la poche etse continue avec le cordon. C’est une membrane lisse dont la face interne est directement baïignée par le liquide amniotique ; la face externe repose sur un stroma fibrillaire fin qui se continue avec le tissu cellulaire sous-chorial. A travers l’amnios on voit facilement, par transparence, les vaisseaux qui émanent du cordonse diriger vers le placenta. L’amnios se sépare très facilement du chorion qui l’entoure complètement.

Le chorion fait suite directement au placenta avec lequel il a une origine commune. Il est situé entre l’amnios qui tapisse sa face interne et la caduque qui recouvre sa face externe. Entre l’amnios et lui

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0 een se trouve une substance interstitielle, alors qu'avec la caduque son adhérence est immédiate. Le chorion est composé d'un stroma conjonctif tapissé à sa face externe par une couche de cellules pavimenteuses par laquelle se fait le contact avec la caduque. Sur la face externe de ce stroma, dont la face interne se continue avec le tissu cellulaire sous-chorial, se trouve l’épithélium chorial composé de deux parties: la couche cellulaire de Langhaus, et la couche protoplasmique la plus externe: le syncitium, substance jaunâtre et réfringente.

« Au début de la gestation toute la surface externe du chorion est soulevée par des villosités servant à fixer l'œuf à la caduque ovulaire et à la caduque utéro-placentaire. Mais à l’époque où nous envisageons les choses, au terme de la grossesse, les villosités qui fixaient l’œuf à la caduque ovulaire se sont atrophiées. Au contraire celles qui le fixent à la caduque utéro-placentaire ont pris un développement considérable et constituent l’une des parties du futur placenta : le placenta fœtal (1). »

Moins lisse que l’amnios, plus épais que lui, le chorion est presque impossible à séparer complètement

delacaduque. Dans la pratique, on le trouve toujours irrégulièrement recouvert de plaques disséminées et adhérentes de cette membrane.

La caduque enfin, est une membrane opaque, jaunâtre,tomenteuse, d’une épaisseur d'environ un demimillimètre.

{. Risemonr-DessaIGNEs ET LEpAGE. Précis d'obstétrique.

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Constituée par Les trois caduques réunies, elle est Presque impossible à séparer du chorion.

La caduque pariétale est étirée et amincie.

La caduque ovulaire est soudée à elle et confondue avec le chorion par sa face interne. « Il y a fusion presque inextricable des éléments cellulaires épithéliaux du chorion, des éléments cellulaires conjonctifs dégénérés de la réfléchie et de la superficie de la caduque, fusion qui fait que l’on se trouve en présence d’une couche de cellules, sans pouvoir attribuer à chaque membrane ce qui lui revient en propre » (Waldeyer).

Les notions que nous venons d’énoncer vont maintenant nous permettre de mieux comprendre le mé-

eanisme de la délivrance normale.

G. — Physiologie et aperçu ciinique de la

délivrance naturelle.

Pour pouvoir étudier le mécanisme et les causes de la rétention complète des membranes, il nous faut d’abord passer rapidement en revue celui de la délivrance normale.

La délivrance consiste dans l’expulsion naturelle ou l'extraction artificielle des annexes du fœtus (placenta, membranes, cordon).

« La délivrance est quelquefois une période fertile en incidents, en accidents qui demandent de la part de l'accoucheur du sang-froid et une connaissance

approfondie des phénomènes physiques qui se suc-

cèdent, et des complications qui peuvent survenir » (Ribemont-Dessaignes).

Depuis Désormeaux et Dubois (1), on admet une division nette des phénomènes qui se passent depuis l'expulsion du fœtus jusqu’au moment où la femme est complètement délivrée.

« Le mécanisme de la délivrance présente trois temps bien distincts. Dans le premier, le placenta est détaché, décollé de la surface interne de l'utérus ; dans le second, il est poussé de la cavité de cet organe dansle vagin, entraînant avec luiles membranes ;

LI à dans le troisième enfin, il est expulsé au dehors. »

Premier temps. = Décollement des annexes.

Tout d’abord à quel moment commence le décollement ?- |

Les anciens accoucheurs et notamment Devilliers (2), croyaient que les premières douleurs de l’accouchement commençaient à décoller le placenta. Jacquemin a démontré que le décollement ne commence qu'après l'expulsion du fœtus.

Le temps que nécessile le décollement est variable. Il est généralement achevé au bout de la demi-heure qui suit l’accouchement: c’est à ce moment que doit généralement intervenir l'acéou- : cheur (Pinard).

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