L'AGRICULTURE
sement qui s’en va ensuite, comme une source dé-
bordante de vigueur et de vie, se répandre de tous côtés, dans tous les rangs de la société. Voilà pourquoi tous les regards sont tournés vers eux de qui seuls les hommes attendent salut et bonheur.
Si le réel mérite est de se rendre utile ici-bas, peut-il se concevoir utilité plus grande que celle qui contribue à nourrir le genre humain ? Voilà bien la mission de. l’agriculteur qui puise dans le sol la sève d vie enfermée dans son sein pour la distribuer ensuite à ses frères. Un célèbre économiste a pu dire en toute sincérité cette belle parole bien Propre à relever la mentalité de plusieurs: “ J’estime que celui qui, par son travail fait poussr un brin d’herbe 1à où la terre téait aue, est un bienfaiteur de l'humanité. Que dire donc de l’agriculteur qui recule la forêt, défriche une terre entière, et verse ensuite à pleine main le blé qui nourrit et qui soutient ? Que dire surtout de ceux qui s’enfoncent dans les bois, qui s’attaquent généreusement à ces grands arbres, vrais géants indélogeables, au front altier, au torse robuste et vigoureux, dont le faîte touche presque jusqu'aux nues et dont les racines s’enfoncent dans le sol à plusieurs pieds de profondeur, — et qui par leur force d’âme, leur patience et leur courage, font surgir, comme par enchantement, de toutes ces forêts sauvages, de belles et florissantes paroisses où le saint nom de Dieu est béni et adoré ?
Ah! ceux-là, pouvons-nous dire, avec plus de jus-
tesse encore que ce célèbre économiste, sont les
‘ Vrais -bienfaiteurs de l’humanité, de nobles héros et les dignes enfants de l'Eglise et de la Patrie.
Voilà la noblesse, voilà le mérite de l’agriculteur ! ! Puisse-t-il s’en convaincre ! ! Il aura alors une idée plus vraie de sa noble profession. Il l’ex-
ercera avec plus de respect et d'amour, et pourra ensuite, avec gloire et honneur, la transmettre à ses enfants comme le plus précieux héritage qu’il puisse, en mourant, leur laisser, avec le souvenir de ses vertus.
“ Redressez donc vos reins et vos fronts accablés, mes frères, car, sauf la tâche de l’Apôtre,
Nulle ici-bas n’est plus auguste que 1a vôtre,
O collaborateurs de Dieu, — semeurs de blé !
Et, soyez fiers, mais bons, sans haine et sans envie,
Dieu vous aime et Dieu vous bénira, ô paysans ; l'avenir, c’est VOUS, puisque vos reins puissants
nt conservé la source auguste de la vie.”
(Arsène Vermenouze). (1)
(1) Eloge de l'Agriculture, p. 28. Geo. Bellerive,