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CHAPITRE VI L’Agricultu: : au point ‘e vue moral

. Rien de moralisar:ur comrue la vie des champs! L'agriculture, en effet, offre de grands avantages au point de vue moral et religieux ; elle rend l’homme plus grand et meilleur; elle lui donne des mœurs simples et un cœur droit ; elle développe en lui l’amour du travail et le respect de la justice, et lui procure, comme récompense de toutes ces vertus, toutes espèces de richesses: richesses de joies saines, d’unions solides, d’affections pures et de bonheurs durables.

Au témoignage de Saint-Augustin, “ c’est au sein des campagnes que s'épanouit et se conserve le mieux la sainteté des mœurs ; C’est à la campagne surtout que survivent, sans altération après des siècles, les belles traditions chrétiennes des ancé:tres dans la foi.” Aristote, le grand philosophe de l'antiquité, avait dit avant lui: « Le meilleur peuple est celui qui est formé d'agriculteurs ; car, tandis qu’ils travaillent Pour gagner leur nourriture,

ils sont tellement absorbés par leurs travaux qu’ils

ne songent pas à convoiter le bien des autres, et il leur est plus agréable de labourer la terre — leur terre — que de gouverner la république.” Peuples agriculteurs, peuples de foi! Comment

pourrait-il en être autrement ? Tout parle de Dieu dans le travail des champs. Il est des lieux, suivant l’auteur de l’Imitation, où “ l'air est plus pur, le ciel plus proche, Dieu plus familier” Tel semble bien être l’état dans lequel vit l’agriculteur. Quand l’homme voit un édifice, quand il entend le soir le son d’une lyre ou d’une harpe, comment. sa pensée ne se transporterait-elle pas naturellement vers l’architecte habile qui a construit cet édifice ou vers cet artiste qui, en touchant l’instrument, en sait tirer ces accords qui l’émerveillent et le ravissent ? ; Voilà absolument le cas de l’agriculteur en contact journalier avec la belle nature. Que de merveilles il lui est donné de voir et de contempler ! Sur la terre, c’est le sol travaillé par ses mains, purifié ensuite par le vent, fécondé par les rosées et les pluies du ciel ; dans lle bleu firmament, ce sont les globes célestes qui se meuvent et qui exécutent leurs révolutions Périodiques avec une exactitude et une perfection qui confondent la raison humaine, Qui les soutient dans l’espace ? Qui les empêche de sortir de leur orbitre, de s’écarter de leur route certaine, de se heurter les uns contre les autres, et de vomir sur notre terre des brasiers ardents et effrayants ? Dites. . . qui? Un seul nom vient du cœur, sur les lèvres, et l’agriculteur, se découvrant, et à genoux, prononce le saint nom

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