L’AGRIOULTURE ET LA LIBERTÉ
de l'usine, les autres subissent tous les caprices d’une clientèle quelquefois exigeante et grossière. Chaque matin, la tâche est à recommencer, avec les mêmes soucis et, souvent, les mêmes déboires. Rien n’est stable dans la condition de ces ouvriers de chaque jour ; que la manufacture ferme ses portes, la source du pain est tarie pour le travailleur et sa famille ; que la banqueroute ou la faillite se présente pour le commerçant, c’est la ruine, la pauvreté et l’indigence. Pour eux, la vie n’est qu’une suite d'illusions et de désillusions, de confiance et d'angoisse. Il n’y a de certain que le jour présent ; le lendemain porte avec lui le doute et l’incertitude.
Rien de semblable chez l’agriculteur. Il dépend de lui-même pour son travail de toutes les heures, et tandis que tous les autres attendent leur salaire des hommes, parfois durs et injustes, il attend le sien de Dieu seul. Lorsqu'il a ensemencé son champ, il peut dire: j’ai fait ma part; le bon Dieu fera le reste; il enverra sa rosée et son soleil; je n’ai plus qu’à attendre la récolte qu’il voudra bien me donner, à l’automne.
L’ouvrier peut être abattu par la maladie. Alors son salaire s’arrête avec son travail. L'homme des champs n’est pas à l’abri de ces épreuves, sans doute, mais s’il est atteint, son travail persévère. .. La terre qu’il aime, la terre qu’il sert comme une bonne amie, dans les jours sombres comme dans les
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jours ensoleillés, continue son travail qui donnera, à l'automne, les mêmes profits et les mêmes revenus. Libre dans ga vie, l’homme des Champs l’est encore jusque dans la mort. Liberté veut dire ici : partir avec moins de regret pour les siens, partir Sans inquiétude pour soi-même.
cette liberté que l’agriculteur est libre, que tout autre,
sacré de la terre sans regret.
moment du grand appel de la mort? Il a servi Dieu tout en Cultivant son Champ; il l’a vu et rencontré tant de fois dans son labeur de chaque jour; avec la belle nature il l’a prié et a chanté ses louan- 8es... ah! il est parfaitement libre d’aller vers... le grand Agriculteur dont il a été l’humble mais fidèle coopérateur sur la terre,