L’ABANDON DE LA TERRE
nôtre compris, dans le grand conflit européen, déclanchera la barrière de toutes les misères. C’est, ni plus ni moins, la plaie du paupérisme qui menace le monde, En lisant l’opuscule du Père Dugré, on comprend la gravité du malheur national, qu'est la désertion de la campagne, et l’on sent naître en soi le désir ardent de prêcher le nécessité de revenir bien vite à la culture du sol.
I! y a plusieurs causes à l’état de choses que nous déplorons. La principale tient, je le crois du moins, à cette indifférence blâmable. à ce mépris que l’agriculteur ignorant manifeste pour sa profession pourtant si noble et si relevée. Il la croit inférieure et avilissante parce qu’il ne sait pas l’apprécir comme elle le mérite. Il veut s’affranchir de ce joug qui lui pèse. Entendonsde malheureusement se plaindre de sa tâche: ‘ Quel métier de chien que celui d’habitant ! quelle corvée! quelle vie d’esclavage nous menons à la campagne ! ” et il continue ainsi à se plaindre ; toute une série de lamentations y passe chaque jour. Il déverse sa bile contre la carrière qu’il professe, même en présence de sa femme et de ses enfants. Est-il étonnant ensuite si ces derniers grandissent avec un profond dégoût pour le travail des champs? Est-il étonnant qu’ils n’ambitionnent pas quelque emploi dans les villes où les villages ?
Tant qu’ils seront sous la tutelle paternelle ils travailleront encore sur la ferme, mais ce sera à contre-cœur ; ils accompliront leur tâche en mercenaires, avec l'intention bien arrêtée de changer de profession à l’occasion. Devenus en âge, ils quitteront la terre, la Campagne, le toit paternel, soit pour l’usine, soit pour le Commerce. C’en sera fait de ces enfants d'habitants, ils courront après un bonheur qui s'éloignera au moment où ils penseront l’avoir saisi.
N'est-ce pas là, l'explication de la désertion de DOS Campagnes ? Où voyons-nous des jeunes gens ouvrir des terres nouvelles et qui s’appliquent intelligemment et amoureusement à la culture du sol ? Où est la cause de ce manque de courage ? Bien souvent c’est le père de famille qui a donné une fausse direction à ses fils et qui est le grand coupable,
Il y a d’autres causes à la désertion des campagnes: le luxe, le manque d'économie, l’Intempérance, l’exploitation intensive de la forêt, l'attrait de la ville, la Perspective d’y trouver une vie plus facile et plus libre, le plaisir sous toutes ses formes ; mais c’est au foyer de la famille bien souvent que nous trouverons la racine de tout le mal. C’est donc là aussi que devra s’appliquer le premier remède, et cette tâche appartient au père de famille.